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ECONOMIE

L’économie, ou l’activité économique (du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : « administration d'un foyer », créé à partir de οἶκος / oîkos : « maison », dans le sens de patrimoine et νόμος / nómos : « loi, coutume ») est l'activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l'échange et la consommation de biens et de services. L'économie au sens moderne du terme commence à s'imposer à partir des mercantilistes et développe à partir d'Adam Smith un important corpus analytique qui est généralement scindé en deux grandes branches : la microéconomie ou étude des comportements individuels et la macroéconomie qui émerge dans l'entre-deux-guerres. De nos jours l'économie applique ce corpus à l'analyse et à la gestion de nombreuses organisations humaines (puissance publique, entreprises privées, coopératives etc.) et de certains domaines : international, finance, développement des pays, environnement, marché du travail, culture, agriculture, etc.


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Les contradictions de la société individualiste de masse

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Une première manière d'éluer l'intérASt porté par les citoyens au projet européen est de savoir si ceux-ci y trouvent des réponses aux problèmes rencontrés au sein de leur Etat-nation.


Quel est pour le citoyen européen le problème politique essentiel ? La distance croissante entre sa vie et les lieux de décision. Tout est de plus en plus loin, anonyme, bureaucratique. Résultat ? Chacun a le sentiment que le territoire sur lequel il exerce sa liberté et sa souveraineté rétrécit comme une peau de chagrin. A peu près celui de sa vie personnelle. Et encore. Certes, la vie individuelle est libre, et mASme assez bien protégée par plusieurs institutions de redistribution (santé, chômage, retraite), mais au prix de ne rien pouvoir modifier. Tout est lA , A  condition de se couler dans le moule, et pour vivre, arriver A  circuler dans les interstices de cet énorme matelas de règles et de devoirs, de circulaires et de réglementations. Le lacis et l'eniremASlement des institutions et des règlements, faits pour protéger, créent un maquis inextricable. Chacun vit mieux, sur le économique, politique, culturel, social, aussi bien que sur celui de la santé et des libertés publiques, mais A  condition de ne pas trop vouloir comprendre ni agir, y compris pour le chômage, qui en dépit de ses rages fait l'objet de meilleures protections qu'il y a soixante ans. Ce n'est pas la bureaucratie qui a eu raison de la liberté, mais la liberté qui s'est inextricablement empAStrée dans la bureaucratie.
Cette contradiction entre liberté et élargissement des processus de bureaucratisation est fait courant en Europe et constitue le prix A  payer pour une démocratie de masse. Elle caractérise assez bien l'enjeu de notre -société individualiste de masse-, qui voit deux leurs contradictoires du système démocratique poussées A  l'extrASme ; la liberté individuelle et l'égalité sociale.
C'est d'ailleurs en Europe qu'est né, il y a deux siècles, et qu'a réussi ce puissant mouvement d'affirmation de la liberté individuelle. C'est aussi en Europe qu'un non moins puissant mouvement en faveur de l'égalité a été mené par les socialistes, et avec un succès réel, pour compenser les effets négatifs du libéralisme.
Le résultat de ce double mouvement politique, social et économique ? L'instauration de cette - société individualiste de masse -, avec ses contradictions ' qu'on symbolise par trois mots : trop grand, trop ste, trop éloigné. Ou pour le dire autrement avec sa tension interne qui pose le principe de l'individu mais qui ne peut échapper structurellement au triomphe du nombre et de la masse2. D'un côté l'individu avec la liberté; de l'autre, le nombre avec l'égalité. Contradiction née de la Révolution franA§aise, la liberté renvoie au premier droit de l'individu, l'égalité renvoie A  l'idéal de justice de nos sociétés démocratiques. A. de Tocqueville a lA -dessus tout dit, et Raymond Aron l'a rappelé.
Cette contradiction n'était guère contraignante tant qu'aucun des deux aspects n'ait triomphé. En appeler A  la liberté et A  l'égalité dans une société inégalitaire et hiérarchisée constituait un facteur d'émancipation. C'est très récemment, après la Seconde Guerre mondiale, que les deux leurs ont triomphé, chacune dans son domaine. Il a fallu attendre la fin des années soixante pour en voir les aspects négatifs tant cette aspiration A  la liberté et A  l'égalité constituait des idéaux politiques indépassables pendant des générations.
De sorte que si l'on a mesuré les effets négatifs de la société de masse dans sa dimension économique et sociale - fin de la paysannerie, puis de la classe ouvrière, croissance du secteur tertiaire, croissance de l'urbanisation, émergence des banlieues -, ceux-ci étaient compensés par la lutte en faveur de l'égalité.
Il en est de mASme pour la dimension individualiste. Dans la perspective démocratique, elle est liée A  la promotion de l'individu. Dans la perspective capitaliste, elle est en rapport avec le mouvement d'individualisation des relations de trail et de consommation. Dans les deux cas, la leur individualiste est première, mASme si elle se traduit dans deux directions antagonistes. Le résultat, en tout cas, fut une convergence entre l'évolution socioéconomique et l'évolution politique, les deux conduisant A  l'affirmation simultanée quoique contradictoire de l'individu et de la masse. Avec pour résultat un homme libre, mais seul, dans une société égalitaire, mais de masse.
L'aspect positif est, au des leurs, l'affirmation de l'individu dans sa plénitude, au économique le triomphe du consommateur, au politique celui du citoyen libre, - l'électeur volatile -, comme on dit aujourd'hui, débarrassé des grandes affiliations idéologiques.
En renche, l'aspect négatif est tout aussi marqué : la dissolution de toutes les structures intermédiaires (famille, quartier, syndicat), renforcée par les dispositions égalitaires symétriques au thème de la liberté individuelle. Résultat? Une société où l'individu est libre, mais seul, face A  la bureaucratie, c'est-A -dire l'Etat. L'hypothèse optimiste qualifie cène situation de démocratie de masse; l'hypothèse pessimiste parle de solitude de masse, comme l'ait prédit David Riesman dès 1964 dans La Foule solitaire.
La difficulté, pour le citoyen, est de trouver des structures intermédiaires dans lesquelles il pourra s'insérer et avoir prise sur la réalité de son environnement. Comme consommateur, l'individu peut tout acheter et mASme faire le tour du monde; comme téléspectateur, il sait tout, en direct, des événements mondiaux; comme acteur économique, il est par contre très limité et, comme acteur politique, sa capacité d'action sur la réalité politique est encore plus faible. C'est dans ce décalage permanent entre les différentes facettes de la vie que résident les contradictions de notre société individualiste de masse. Pour le dire d'un mot, le citoyen d'aujourd'hui est un géant en matière d'information et de consommation, et un nain en matière d'action. Il peut tout savoir, ou tout consommer, mais il ne peut agir sur la réalité, trop compliquée, trop organisée. Il est trop éloigné des lieux de décision.
L'Europe creuse un peu plus cet écart en repoussant le cadre de perception, et en rétrécissant la capacité d'action. Chacun est sollicité comme - citoyen du monde - tout en constatant qu'il ne peut pas faire grand-chose. L'Europe accentue ce que l'on peut appeler le paradigme des grands ensembles -, et ne semble pas constituer a priori l'alternative A  la crise sociopolitique de la -condition de l'homme moderne - dont parlait Hannah Arendt.
Quel avenir européen pour notre société individualiste de masse ? Nous prendrons un triple angle d'attaque - historique, politique, culturel - pour comprendre ce paradigme du grand ensemble.

1 - La contradiction historique: l'Europe loin des peuples

Le thème de la - technocratie européenne - est omniprésent dans tous les pays. Une oligarchie, loin des peuples, décide des directions, impose parfois sa loi aux gouvernements, crée un droit et une justice sans la légitimité des votes des parlements nationaux MASme si, dans la réalité, ce pouvoir des technocrates est plus faible, surtout depuis Maastricht, c'est la vision des choses qui a cours aujourd'hui, motint une réaction antitechnocratique liée au sentiment de dépossession que les citoyens ont déjA  par rapport au pouvoir politique dans leur pays. Et ce n'est pas le vote tous les cinq ans pour le Parlement européen qui offre une compensation, celui-ci étant considéré comme impuissant face A  la technocratie. Ce constat, Raymond Aron le faisait déjA  en 1974 : - Provisoirement, l'instance communautaire, au-dessus des gouvernements nationaux, affaiblit plutôt qu'elle ne renforce l'expérience vécue par la citoyenneté politique. Le citoyen sait de moins en moins qui prend les décisions, si elles sont prises A  Bruxelles ou dans la capitale de la nation. Les défauts que l'on impute aux gouvernements nationaux, l'anonymat des pouvoirs, le règne des technocrates, on les dénonce avec une vigueur accrue dans l'administration bruxelloise, d'autant plus que le contrôle parlementaire, au niveau communautaire, n'existe pas, mASme sur le papier. ' -
L'Europe redouble la vision d'une oligarchie politique technocratique inatteignable.
La crainte et parfois l'hostilité A  l'égard de la technobureaucratie bruxelloise traduit depuis 1990 l'éloignement du public A  l'égard de l'Europe. Le sentiment de méfiance porte moins sur le pouvoir de cette technostructure que sur le pressentiment d'une emprise encore plus grande de la vie publique sur la vie privée. Comme si l'Europe augmentait l'emprise de l'administration, avec pour conséquence un rétrécissement de l'espace individuel. Un exemple : si tout le monde, de bonne foi, peut réclamer une législation sur l'environnement européen, et si beaucoup réclament une législation européenne sur la bioéthique, tous aboutissent A  une sorte de - dépossession individuelle -, puisque les problèmes sont traités A  une autre échelle. L'environnement constitue un bien commun européen, mais l'étude des réglementations fait apparaitre des différences sur la représentation de la nature dominant dans chaque pays. Comme l'ait très bien expliqué Serge Moscovici2, la nature n'existe pas en soi, mais résulte toujours d'une définition sociale, donc historique et particularisée. Mais chacun admet cependant qu'un certain nombre de risques majeurs imposent une réglementation européenne. Et pourtant, cette législation rencontre des difficultés, car si chacun admet que la nature n'a pas de frontière, le rapport que l'on a avec elle est médiatisé par une histoire. Autrement dit, l'environnement est A  la fois l'exemple d'un dossier européen et la preuve que, mASme dans ce domaine incontesle, le particularisme du point de vue est réel.


Il en est de mASme pour la bioéthique, qui plus encore que l'environnement apparait comme un problème - commun -. Mais, simultanément, chacun comprend aussi que se jouent, dans le rapport A  la bioéthique, des dimensions plus compliquées que celles déjA  complexes du rapport A  la nature et A  l'environnement. Le sentiment de dépossession d'une partie de la réflexion personnelle, privée, est renforcé par la généralisation d'une règle publique, juste et démocratique, mais dont la conséquence est en tout cas de réduire l'autonomie individuelle. De la définition de la vie A  celle de la nature, tout semble socialisé, institutionnalisé, réduisant d'autant la part d'autonomie de chacun. De plus, qui dit règle dit norme et administration, donc difficulté A  s'y opposer, créant le sentiment que l'Europe politique accroit le poids de la bureaucratie sur la vie de chacun, plutôt qu'il ne le diminue.
La conscience de ce pouvoir invisible et menaA§ant est d'autant plus réelle qu'au long des années ce sont des professions entières qui, d'un seul coup, venant de tous les coins de l'Europe, ont manifesté contre la politique de Bruxelles. Avec toujours pour seule réponse cet oukase : - Il s'agit de l'avenir, de la modernisation, tout le reste n'est que résistance au changement. - Face A  un tel dialogue de sourds, chacun se dit : - Moi aussi, peut-AStre demain devrai-je aller manifester A  Bruxelles contre un pouvoir invisible, contre des décisions implacables et inchangeables car prises au nom d'un progrès dont je suis exclu -.
Ce sentiment de dépossession est d'autant plus impressionnant que le projet du - AStre ensemble -, qui réunirait les communautés au-delA  des difficultés et offrirait une alternative, est faible.
L'Europe reste abstraite, lointaine, en mASme temps que terriblement puissante puisque chacun sent confusément qu'elle est le lieu des décisions qui affecteront directement la vie quotidienne. C'est mASme d'ailleurs de l'ordre du miracle que ce décalage entre la faiblesse inévile du projet mobilisateur de l'Europe et l'étendue des domaines d'intervention de cette mASme Europe n'ait pas créé, jusqu'A  présent, plus d'hostilité.
En un mot, ce n'est pas parce que les Européens acceptent que leur métier ou leur économie changent d'échelle qu'ils sont prASts A  faire le mASme changement d'échelle pour leurs cadres de représentations politiques, sociales et culturelles.
C'est encore le monde paysan, le premier A  avoir été touché directement par une réorganisation complète de son aaivité par l'Europe, qui permet le mieux de comprendre cette contradiction culturelle. Quel est aujourd'hui l'espace mental dans lequel doit se mouvoir un paysan européen ? Celui d'un écart considérable entre ce qui relève de son expérience, une culture de la nature, de la terre, des saisons, bref tout ce qui constitue depuis des lustres l'économie et l'anthropologie de la terre, et, d'un autre côté, la nécessité d'AStre au courant, et surtout d'avoir une opinion sur les négociations internationales du GATT, l'évolution des marchés mondiaux, la concurrence internationale '. C'est le grand écart. La distance entre l'échelle de son expérience personnelle et celle des enjeux économiques de son activité ne cesse de s'accroitre. Distance d'autant plus délicate A  contrôler que l'activité dont il est question, le trail de la nature, obéit A  des lois relativement immuables. Le territoire de l'expérience s'éloigne de plus en plus de celui de la négociation économique, chacun trount - normal - que ce paysan passe, sans discontinuité, de la connaissance du rythme de la nature A  celui des cours et des stratégies du commerce international. Jusqu'où un tel écart est-il anthro-pologiquement possible ? Peut-on A  la fois vivre dans les trente hectares de la ferme de ses parents et grands-parents du Sud-Ouest et AStre naturellement branché sur la Bourse de Chicago, les enjeux du GATT, le PAC, la politique franA§aise, les prASts du Crédit Agricole, la politique du Conseil général? N'y a-t-il pas, non seulement une rupture d'échelle, mais surtout des incohérences de représentations ?
Le mASme problème se pose progressivement pour l'ensemble des professions obligeant A  réfléchir A  cette question : jusqu'où un individu peut-il faire le grand écart entre l'échelle de son expérience individuelle et celle de plus en plus ste A  laquelle on lui demande simultanément non seulement de s'intéresser, mais également de prendre part?
On a supposé, pendant trente ans, que la croissance économique tirerait le social. Il n'y a plus de croissance, et cela n'aurait peut-AStre mASme pas suffi A  tirer le social. L'adhésion A  l'Europe ne passe pas seulement par un projet politique, mais aussi par une certaine confiance sociale, faute de quoi l'Europe pourrait AStre rejetée '. L'Europe sociale n'a été invoquée que par Jacques Delors et par FranA§ois Mitterrand, après 1990. Elle ne prend une première ure qu'avec Maastricht. Encore s'agit-il d'une promesse plutôt que d'une réalité, car l'appel aux négociations entre syndicats patronaux et ouvriers supposerait au moins un minimum de standardisation des relations sociales dans les différents pays. Non seulement le niveau de contractualisation sociale n'est pas identique d'un pays A  l'autre, mais surtout la définition de la division, de l'organisation et des conditions de trail n'y est pas la mASme. Mieux, les cultures du trail, les représentations du rapport de force et du conflit social diffèrent, ainsi que les traditions de négociation2. Quoi de commun entre les syndicalismes franA§ais, allemand ou danois? Certes, les confédérations ouvrières traillent ensemble depuis longtemps, mais il s'agit plus de coopération politique et bureaucratique entre grands appareils que d'un système social qui traduise réellement une coopération entre les trailleurs. La - culture du trail -, essentielle pour l'avenir de l'Europe, reste encore largement marquée par les identifications culturelles nationales. Le rapprochement des points de vue et des traditions du trail est plus lent que celui de la concentration financière et économique En un mot, le capitalisme est plus facilement européen, voire mondial, que les trailleurs.
L'Europe sociale ' reste donc largement pour le moment une idée, mais elle traduit deux phénomènes quasiment contradictoires: la nécessité de prendre en compte un peu plus l'opinion du citoyen; l'absence de tradition commune de discussion collective au sein de l'Europe.

2 - La contradiction politique : insaisissable identité, insaisissable représentation

La construction politique de l'Europe ne résoud pas la contradiction principale de la société individualiste de masse qui est la distance croissante entre le niveau de l'expérience individuelle et celui de l'expérience collective. Elle l'accroit plutôt dans la mesure où l'on demande au citoyen de s'engager dans une aventure éloignée de son cadre de vie. Deux exemples de ce décalage.
D'abord la difficulté examinée au chapitre 5 de faire émerger un projet politique original. La difficulté ne vient pas de l'absence d'idéaux, d'utopies, de projets, mais de la nécessité de faire adhérer les citoyens A  un projet puisque l'objectif démocratique de cette Europe politique requiert l'adhésion des citoyens et pas seulement celle des élites. Aujourd'hui comme hier, on pourrait sans problème inventer une utopie politique pour l'Europe; le problème n'est pas de l'inventer mais de la faire accepter. L'histoire du monde est peuplée d'utopies meurtrières. 11 ne faut donc pas voir dans l'absence d'utopies un manque d'imagination, mais une leA§on du passé.
De ce point de vue, le choix de la forme démocratique, en réduisant les recours aux utopies, exprime plus une maturité politique qu'une timidité.
L'Europe démocratique est déjA  la plus grande utopie politique possible puisque, pour la première fois, elle veut se réaliser avec l'accord de tous.
Ensuite, la construction lente et nécessairement laborieuse de ce nouveau cadre institutionnel, loin de réduire les problèmes existant aux s nationaux, les accentue. L'Europe, dans son émergence, a un effet de loupe sur les limites du modèle démocratique occidental actuel. Le paradoxe, d'ailleurs, est que les contradictions du modèle démocratique pluraliste apparaissent plus nettement au moment où pour la première fois depuis le début du siècle un large consensus existe en faveur de la démocratie pluraliste Ce modèle, critiqué pendant près d'un siècle par le socialisme, condamné par le communisme, et souvent trahi par les libéraux eux-mASmes, est enfin légitimé. C'est A  ce moment que se dessinent ses limites, de l'intérieur. Pourquoi? Parce que le changement d'échelle que représente la construction du cadre européen, sans l'expérience des citoyens, accentue le flottement des mots et des références. Les problèmes latents des Etats-nations deviennent directement visibles. Les concepts, non arrimés A  une expérience et A  une histoire, errent et perdent de leur force attractive. Un exemple : l'idée de souveraineté. Elle suppose un consensus sur l'idée de - peuple -, difficilement réalisable en l'état du projet européen. Le décalage entre la réalité socioculturelle de l'Europe et sa - représentation - est considérable. Certes ce décalage existe partout puisqu'aucun parlement ne reflète dans sa composition sociologique et politique la - réalité - de la population. Mais l'habitude de vivre ensemble, l'existence d'autres moyens d'expression par l'intermédiaire des médias notamment, les traditions, les connivences que facilite l'histoire, réduisent les effets négatifs de cet inévile décalage entre - réalité - et - représentation politique -. En Europe, par contre, la difficulté est plus grande, car le citoyen européen n'a pas de représentation, n'a pas en tASte de représentation personnelle, globale de la société politique européenne. C'est que la citoyenneté et la nationalité ont, historiquement, fusionné, comme le décrit Etienne Balibar : - De fait, au cours du xixc et du xx' siècle, la " citoyenneté " n'est pas restée définie par l'individualité pure, corrélative d'un " état de droit ". Elle s'est spécifiée comme nationalité. Au point que dans le monde actuel (y compris, on le sait, dans les pays socialistes, après une phase éphémère de référence au moins théorique A  un cosmopolitisme prolétarien), l'exercice de la citoyenneté apparait indissociable de l'appartenance nationale par héritage ou par acquisition (par descendance ou par " choix "). -



Il en est de mASme avec l'idée d'opinion publique. Celle-ci suppose un minimum de communauté de mots, de langage, de représentations, de symboles et de références pour avoir un sens pour chacun. Elle n'est possible que lorsque s'est élaborée lentement une construction mentale de la réalité au sein de laquelle les symboles, les images, les souvenirs, les références ont constitué un fonds commun A  partir duquel peuvent s'exprimer des - opinions - complémentaires ou conflictuelles. La création d'une opinion personnelle et son expression publique expriment la participation A  un processus collectif appelé opinion publique. Mais ce double mouvement, création d'une opinion personnelle et expression de cette opinion, manifeste la capacité de l'individu A  relier son expérience individuelle A  un enjeu collectif. Il traduit la capacité que l'on s'accorde de pouvoir comprendre les problèmes, de s'en faire une représentation, d'oser avoir une opinion, d'AStre éventuellement capable de l'exprimer. On voit la complexité de la problématique de l'opinion personnelle et de la création de l'opinion publique. Nous n'en sommes pas encore lA  au européen, où seuls les eurocrates - pensent - A  cette échelle. Et ce n'est pas l'existence des sondages -européens- qui suffit A  créer cette opinion publique qui dépend de processus culturels et symboliques beaucoup plus complexes et peu maitrisables. En tout cas la question de l'opinion publique est au centre des contradictions de la société individualiste de masse.
MASme l'idée de médias européens, apparemment plus simple puisque liée au récit des événements européens, ne s'impose pas naturellement. Les événements n'ont évidemment pas le mASme sens, en fonction du lieu où ils sont vécus ou reA§us. On ne s'intéresse pas de la mASme manière aux informations selon que l'on soit au nord, A  l'est, A  l'ouest, ou au sud de l'Europe. Les notions d'événement et d'information ne sont pas universelles. Il suffit pour s'en rendre compte de regarder trois journaux télévisés, A  Paris, Bruxelles et Genève, villes pourtant proches les unes des autres et francophones. La mASme information n'a pas la mASme leur pour le citoyen de chacun de ces pays. Tout simplement parce qu'elle n'est pas vécue de la mASme manière. On retrouve la question essentielle du point de vue avec tout ce qui sépare les représentations politiques des différents pays, adhérant pourtant au mASme modèle politique '. On pensait, de bonne foi, que le consensus enfin atteint A  propos du modèle démocratique allait faciliter la construction de l'Europe politique, on s'aperA§oit au contraire de la fragilité de cette continuité. Le changement d'échelle et l'absence, pour le moment, d'expérience de l'Europe politique, amplifient les discontinuités du modèle démocratique des Etats-nations. L'absence d'expérience collective européenne rend plus visibles les limites du nouveau jeu institutionnel. D'où notre difficulté A  construire la -société politique européenne -. Il n'y a pas de rapport direct entre les thèmes tels qu'ils sont débattus publiquement au sein d'une nation et la manière dont ils sont appréhendés, vécus et débattus A  l'échelle européenne. Le consensus, sur ce qui est considéré comme politique au sein d'un Etat, n'est pas directement transposable au sein d'un autre, et a fortiori A  l'échelle européenne. Ce n'est pas parce que l'éducation, les transports, la famille, la santé font l'objet d'affrontements politiques au sein de chaque Etat-nation et sont également un enjeu au européen, que l'on peut facilement nouer les débats et construire les affrontements. Ce n'est pas parce que l'on repère partout un enjeu politique autour de ces thèmes que ceux-ci ont la mASme signification pour les différents peuples. C'est lA  que l'institutionnalisation de la vie démocratique en Europe joue un mauis tour A  la naissance de l'Europe politique. La forme politique de ces thèmes dans les différents pays ne renvoie pas aux mASmes contenus. Les mots sont lA , pas forcément les référents. Et l'on passe trop facilement du repérage de l'existence des mASmes mots et de l'existence d'enjeux politiques autour des mASmes thèmes A  l'idée d'enjeux communs au européen. Dans l'élargissement il y a un risque évident de contresens. On croit que tout le monde parle de la mASme chose, mais les mASmes mots ne renvoient pas A  la mASme culture politique ni A  la mASme histoire. Non seulement les langues diffèrent, mais les conceptions de l'éducation, des transports, de la famille également. En outre, il n'y a pas d'expérience collective commune facilitant ce minimum d'échanges communs. L'Europe politique reste pour le moment une tour de Babel, ce qui n'a rien d'extraordinaire quand on mesure ce qui a séparé les histoires et les cultures. Le seul danger est de croire possible d'en sortir rapidement.
Ce flottement des références et des vocabulaires est sans d~ute encore plus net en ce qui concerne les concepts politiques de - social-démocratie ' - et de - libéralisme2 -, autour desquels s'organisent la plupart des régimes politiques européens. Non seulement ces deux modèles sont plus ou moins en crise, mais de plus la nécessité de parler de ce qui les rapproche catalyse d'un seul coup ce qui les sépare. C'est en cela que la fuite en ant, inévile, de l'Europe politique, est un accélérateur des contradictions politiques démocratiques internes aux différents pays européens. L'Europe ne résout rien; elle amplifie les contradictions au sein des Etats-nations et les difficultés au sein d'une communication politique. En effet, les concepts de parti politique, parlement, militantisme, démocratie participative, Etat, n'ont pas le mASme sens dans les différents pays, et y sont également en crise. On comprend en quoi l'élargissement du champ politique au européen ne résout pas les contradictions de la société individualiste de masse, mais les amplifie dans un premier temps.
Un autre exemple illustre ce processus. C'est celui de la crise du modèle de représentativité liée A  la complexité institutionnelle de nos sociétés. La difficulté A  désigner les intérASts susceptibles d'AStre représentés et les mécanismes pour assurer cette représentation est la conséquence de la complexité sociologique et politique de nos sociétés. Les classes sociales, les milieux socio-culturels, les identifications collectives, ont perdu de leur visibilité, en mASme temps que le progrès social et politique, par l'éducation et la santé, élargissait les mécanismes de protection. Résultat ? Presque tout le monde est protégé et éduqué, mais la logique de l'institutionnalisation et de la représentation devient omniprésente, et nécessairement lourde A  gérer. A la limite, chacun devient représentatif de quelque chose, ce qui est l'autre face des contradictions de la société individualiste de masse : d'un côté un écartèlement entre l'échelle de l'expérience individuelle et de l'expérience collective; de l'autre une institutionnalisation de tous les rapports sociaux.
Le paradoxe, une fois encore, vient du fait que c'est en bonne partie la victoire des concepts égalitaires liés A  la démocratie, appliqués A  l'éducation, au trail, A  la santé, qui explique les blocages au sein de chaque Etat-nation. L'institutionnalisation de nos sociétés, qui est la conséquence de la démocratisation, est évidemment encore plus difficile A  réaliser au européen. Processus qu'Alain Mine s'est appliqué A  décrire dans La Machine égalitaire, en montrant le mécanisme difficile A  changer avec lequel un système de protection sociale exclut environ 10 % de ses membres, afin que les 90 % restant continuent A  profiter des mASmes antages '.
L'aspect positif de la démocratie est le poids des règles, des normes; l'aspect négatif la rigidité des bureaucraties chargées de les appliquer. Un peu comme si les citoyens d'Europe étaient A  la fois fatigués des luttes menées, peu satisfaits des résultats acquis et dépourvus d'imagination pour construire l'Europe démocratique. La conséquence, en tout cas, du flottement des notions, cadres et concepts extrapolés des cadres nationaux A  celui de l'Europe politique, est d'accentuer la fragilité de l'identité européenne.
Ceci rejaillit sur un problème essentiel, celui des minorités. Comment définir un statut des minorités quand l'identité est incertaine ? Ayant du mal A  définir son identité politique, l'Europe gère mal ses relations avec les minorités qui vivent en son sein, et dont le nombre n'a cessé d'augmenter avec les déplacements de populations depuis la fin de la guerre.
Les minorités ont toujours existé, mais elles sont aujourd'hui plus nombreuses et surtout plus autoproclamées. Comment, A  la fois, construire un modèle politique original d'intégration, et respecter les minorités? Telle est la difficulté actuelle. Le cas des minorités magyares est un exemple parmi d'autres. Des minorités hongroises, compactes et homogènes, vivent en Roumanie (2 millions), en Sloquie (600 000), en Voïvodine, au nord de la Serbie (350 000), et en Ukraine (170 000) ', ne simplifiant pas les relations entre la Hongrie, la Sloquie, la Croatie et l'Ukraine.
Le paradoxe est donc que la reconnaissance du droit des minorités inhérent au projet démocratique renforce, pour le moment, la fragilité politique européenne, au moment où l'élargissement réclamerait au contraire l'émergence d'une nouvelle conscience collective démocratique.



3 - La contradiction culturelle : l'individu, perdu dans la masse

L'individu libre de nos sociétés individualistes dispose de deux principes d'identité, souvent concurrents. Celui de l'identité nationale, avec son prolongement éventuel vers l'identité européenne, celui de l'identité moderne A  travers la participation A  certains modes de consommation et modèles de vie. C'est d'ailleurs beaucoup en partant de cette identité moderne liée aux transformations économiques et sociales (augmentation des revenus, ouverture sur le monde, importance des voyages, refus de l'exclusion) que certains veulent construire l'identité européenne débarrassée en quelque sorte des atars de l'histoire.
Une identité plus sociologique qu'historique, plus liée au partage d'un mode de vie qu'au lien avec une histoire. Un nouveau principe d'identité culturelle échappant aux drames de l'histoire nationale. Pourquoi pas? La modernité depuis cent cinquante ans a été autant un facteur d'identité que la tradition.
Malheureusement, les principes d'identité contemporains ne semblent pas plus sles que les principes qui reposaient sur la nation et l'histoire.
D'abord parce que la crise économique et sociale affaiblit la pré-gnance de ces nouveaux principes d'identité : ce que l'on croyait acquis pour toujours se trouve AStre aussi fragile qu'un taux de croissance '. Ensuite, parce que les identités relèvent d'approches en termes de » socio-style - et n'offrent pas de critères d'adhésion suffisants pour se substituer aux critères plus traditionnels d'identité. Il leur manque une certaine épaisseur, c'est-A -dire des leurs. C'est donc une chose de ne plus se reconnaitre directement dans les principes d'identité traditionnels, cela en est une autre de trouver dans l'individualisme moderne, de consommation, les raisons de vivre et des facteurs d'identité suffisamment puissants pour structurer un projet collectif.
L'Europe ne résout pas le problème de la crise d'identité de l'individualisme moderne. Finalement, la modernité a un peu le mASme statut que la religion dans les pays communistes : elle est un formidable point d'appui pour s'opposer A  des régimes totalitaires, sans apporter toujours suffisamment de puissance pour donner naissance A  d'autres principes d'identification. Pour le moment l'Europe amplifie les contradictions de la société individualiste de masse, dans laquelle l'individu a perdu la référence identitaire des communautés intermédiaires, plutôt qu'elle ne lui apporte des solutions alternatives.
Elle témoigne donc du problème central du monde actuel : tout est trop grand, trop ste, et la recherche de communautés plus restreintes, A  l'échelle de l'expérience individuelle, demeure le problème essentiel. Et ce n'est pas en essayant, comme on l'a vu au chapitre précédent, de meubler cet écart par la réinsertion de structures intermédiaires comme la ville ou la région que l'on arrivera A  structurer un espace social assez vide. Le projet moderniste et eurofédéra-liste repose en effet sur une mobilisation un peu abusive des notions d'espace et de territoire qui conservent quelque chose de magique dans nos sociétés. Parfois on fait référence A  l'image moderne de l'espace, parfois A  celle plus - anthropologique - des territoires, mais dans les deux cas c'est la recherche d'un moyen de combler un manque. Bernard Laguerre rappelle ces vérités trop oubliées: L'Europe n'est pas un espace neuf qu'il s'agirait de construire comme une ville nouvelle; c'est une vieille terre, du passé de laquelle on ne peut pas faire le rase, sauf A  se mentir et A  se nier [] L'Europe de l'espace peut bien accepter que ses paysages et l'ordre de ses champs soient bouleversés et réduits au lot commun; l'Europe des territoires ne le peut pas. L'une considère le territoire comme un instrument; l'autre comme un des éléments fondateurs de son identité. ' -
L'Europe des espaces illustre donc d'une certaine manière la fuite en ant vers les - grands ensembles -, tel qu'on a pu le constater dans les pays européens depuis les années 50. En effet, l'effondrement des structures intermédiaires (famille, classe sociale, communauté rurale, tissu industriel) a facilité l'émergence du modèle du grand ensemble (la ville, la banlieue, la consommation et l'éducation de masse) adéquat A  une problématique économique et A  une profonde aspiration vers le progrès. Mais cette structure était aussi adéquate au nouveau modèle culturel, où l'affirmation de l'individu et de sa liberté se doublait d'un mouvement en faveur de l'égalité, les deux favorisant la promotion du grand nombre.
La logique du grand ensemble, dans la consommation, comme pour l'éducation ou la santé, fut longtemps le complément et le double de la recherche de la liberté individuelle et de l'égalité. La grande ville, ant de devenir le symbole de la solitude et de la déstructuration des relations sociales, a été le lieu de toutes les émancipations et de toutes les libertés individuelles. Et ces structures communautaires intermédiaires (famille, métier, communauté) dont on voit aujourd'hui l'inconvénient de leur disparation ont été longtemps des obstacles A  la liberté individuelle. Le passé ne doit pas AStre mythologisé sous prétexte que le présent est décent. Les - grands ensembles - au sens strict, ant de devenir les symboles de cette - solitude de masse -, ont été ceux de l'émancipation individuelle, avec la fin de la cohabitation des générations, le début du confort électroménager, l'émancipation de la femme, et la découverte des joies inouïes de la consommation. Ne regardons pas les années 50/60 avec les yeux des années 90. Toute la question, mais elle est sans réponse, est de savoir si on aurait pu avoir les antages sans les inconvénients
Autre exemple. Le puissant mouvement d'émancipation des femmes qui a traversé l'Europe depuis les années 60 n'aurait probablement pas eu cette force s'il n'y ait pas eu simultanément les améliorations du cadre de vie et la désilisation des cadres cognitifs et culturels de la société antérieure.
Autrement dit, si la construction politique de l'Europe ne fait que catalyser encore plus vite les limites du paradigme de - grand ensemble -, il ne faudrait pas en conclure qu'elle remet en cause le paradigme de la modernité. Révéler plus facilement ses limites ne signifie pas l'inlider. Le plus faux serait de se tourner avec nostalgie vers le passé pour supposer y trouver un ordre social plus équilibré. La force - et la fragilité - de l'Europe politique peut se résumer A  cela : la société individualiste de masse, dont on voit avec l'Europe politique plus vite les limites, est le résultat d'un immense processus de transformations politiques et sociales en mouvement depuis un siècle.
D'ailleurs la prise de conscience de cette distance entre l'individu et la société se retrouve dans la crise de l'école en Europe. S'il y ait une vision claire du type de société et du lien social A  construire, les hommes politiques auraient eu l'idée simple d'utiliser le relais de l'école. Comme l'ont fait avec succès les instituteurs de la III* République en France, par exemple, pour faire accepter la République '. Personne en Europe ne souhaite utiliser directement l'école pour renforcer la force du projet européen. Parce qu'il manque, pour le moment, une représentation suffisamment simple et puissante de l'Europe sur laquelle pourrait s'accrocher le projet pédagogique. L'école, et c'est du mASme coup tout le drame des banlieues, et peut-AStre de l'Europe, ne joue plus son rôle d'intégration sociale et culturelle. Elle n'est plus le moyen de pallier l'exclusion sociale. Dès lors que l'école ne joue plus le rôle d'intégration sociale au national, par quel miracle pourrait-elle le jouer en faveur d'une entité encore plus lointaine, incertaine ? L'école est pour le moment un lieu de lecture de cette crise du lien social plus qu'elle n'en est un creuset. Cette réalité diminue d'autant l'efficacité des mesures incitatives visant A  favoriser l'émergence d'une conscience européenne chez les jeunes. Ou alors il faudrait admettre deux classes de jeunes : ceux, privilégiés, qui, naturellement tournés vers l'Europe, trouveront dans l'école le moyen de renforcer cette conscience européenne; les autres, les exclus, qui rejetteront tout autant l'intégration européenne que l'intégration nationale. L'Europe, au lieu de rassembler la jeunesse, accentuerait des inégalités déjA  existantes.
On retrouve le mASme problème en ce qui concerne un autre aspect déterminant du fonctionnement du lien social dans une société : la crise des associations. Chacun reconnait les difficultés du monde associatif dans la société individualiste de masse où sont lorisés soit les individus, soit les grands ensembles, en tout cas rarement les structures intermédiaires A  objectif limité. Ce qui rebute dans les associations, c'est justement leur aspect - limité - dans une société où les modèles culturels sont plutôt ceux des -grands ensembles -. Mais cette difficulté du monde associatif trouve en réalité sa cause dans la crise du modèle de la relation de l'individu A  la société. C'est justement parce qu'il n'y a plus beaucoup de tissu social entre les individus et l'Etat que le tissu associatif s'épuise. On aurait pu penser que cette absence de médiation, au lieu d'accentuer la crise associative, pouit au contraire contribuer A  la réduire. Mais c'était oublier que l'association ne crée pas le lien social, elle en est une des manifestations. Bref, la crise du milieu associatif n'est qu'une autre manifestation, avec l'école, de cette crise de rapport individu-société. De mASme que pour l'école personne ne penserait sérieusement trouver la solution de ce problème dans la construction de - l'école européenne -, de mASme, pour les associations, personne ne croit que les créations > d'associations européennes - résoudraient le problème.
Le paradoxe de l'Europe est de catalyser une crise du triangle des relations individu-masse-nations. MASme si cette relation était aussi en crise au national, elle était moins visible. L'Europe n'est pas une solution A  la contradiction individu-masse, elle en est plutôt un facteur d'aggration.






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