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MARKETING

Le marketing, parfois traduit en mercatique, est une discipline de la gestion qui cherche à déterminer les offres de biens, de services ou d'idées en fonction des attitudes et de la motivation des consommateurs, du public ou de la société en général. Il favorise leur commercialisation (ou leur diffusion pour des activités non lucratives). Il comporte un ensemble de méthodes et de moyens dont dispose une organisation pour s'adapter aux publics auxquels elle s'intéresse, leur offrir des satisfactions si possible répétitives et durables. Il suscite donc par son aspect créatif des innovations sources de croissance d'activité. Ainsi l'ensemble des actions menées par l'organisation peut prévoir, influencer et satisfaire les besoins du consommateur et adapter ses produits ainsi que sa politique commerciale aux besoins cernés.


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Sinistrose

Deux autres semaines plus tard, la France était K.-O. La vie quotidienne avait basculé dans une grisaille inattendue. Et c'était avant tout l'absence de la partie la plus visible de la pub, celle du décor de la rue, qui choquait le plus. Mais au-delA , et sans remonter A  la génération du baby boom qui avait vécu les Trente Glorieuses au rythme de l'irrésistible montée en puissance de la pub, c'était le pays tout entier qui prenait conscience de la place que celle-ci avait prise dans sa vie de tous les jours comme dans son économie. Et le traumatisme était profond. Aucun secteur n'était épargné.
La ville était sinistrée. En dehors de quelques poches où l'environnement avait toujours été préservé, comme A  Paris (les affiches étaient déjA  très rares dans les beaux quartiers) où l'esthétique haussmannienne se suffisait A  elle-mASme, on redécouvrait que bien sount la pub avait apporté de la couleur et de l'animation, sinon un peu de gaieté, dans de nombreux endroits où elle cachait des ratages de l'urbanisme. Les cités avaient pris un petit coup de désespérance supplémentaire et ressemblaient plus que jamais, comme l'avait écrit une équipe de journalistes suisses A  l'automne 2005, en pleine crise des banlieues, au Berlin-Est d'avant la chute du Mur.
Ailleurs, débarrassée d'un affichage qui constituait A  peu près les seules marques de cohérence dans un unirs périurbain totalement déstructuré, l'anarchie pavillonnaire paraissait encore plus anarchique que jamais. Plus loin, A  présent qu'avaient disparu les milliers d'affiches de tous formats qui annonA§aient invariablement les agglomérations, on se rendait compte combien la camne avait été mitée et les entrées de villes polluées de manière exagérée par la multitude de panneaux. L'indigence architecturale ou le mauvais goût des zones commerciales n'en ressortait que davantage. La sectiune postale d'une France - où il faisait bon vivre - en prenait un petit coup supplémentaire.
Les loisirs, la culture, l'édition, la presse étaient eux aussi sinistrés. On redécouvrait que la publicité conditionnait la plupart des loisirs et qu'hormis la pASche A  ligne ou les promenades A  bicyclette, rares étaient les activités qui pouvaient s'en passer. Cinéma, expositions, voyages. Son absence était tout simplement catastrophique.
A€ défaut d'une presse abondante autant que colorée et riche en images, la lecture avait connu un joli boom et la nte des livres en avait profité, de mASme que la fréquentation des bibliothèques ou celle des sites Web apportant et du texte et des images. Le téléchargement fonctionnait A  plein, la toute récente loi sur les droits d'auteur dans l'audiovisuel révélant A  propos sa parfaite inanité. En l'absence du gavage publicitaire organisé par un secteur audiovisuel désormais très discret, chaque consommateur d'images était contraint de créer son propre menu par une démarche volontaire, denant de facto son propre marché A  lui seul.
Mais, dans beaucoup de foyers, l'absence des rendez-vous quotidiens de la pub, des jeux et des émissions qu'elle finanA§ait était un vérile drame. Tout le monde n'avait pas la ressource intellectuelle pour se plonger dans un livre. On était bien obligé de renoncer A  des habitudes profondément ancrées, de consommateurs gavés d'images qu'on était denu, mais on n'en trouvait pas pour autant de noulles pour les remplacer. Quelques-uns reprirent le chemin de musées, des monuments, de tout ce qui peut se visiter en général, y compris la famille ou les voisins. Mais lA  encore, plus facile A  dire qu'A  faire, lorsque des millions de foyers se repliaient sur eux-mASmes A  heure fixe et ce, depuis des décennies. Beaucoup étaient tout simplement denus incapables de s'émanciper des mots d'ordre de la pub et de l'enfermement télévisuel. Des pratiques conviviales au sein de la société retrouvèrent néanmoins un certain regain d'intérASt et le sens des loisirs et du dirtissement, une noulle actualité. La nte des jeux vidéo, d'iPod et autres outils nomades, explosa littéralement, renforA§ant un individualisme déjA  ravageur dans une France urbaine A  75 %. Sans pub, évidemment, du moins sur les sites nationaux, mais ac l'aide somme toute très efficace des sites communautaires et des blogs qui avaient pris le relais, mASme si c'était de manière moins formatée.
Mais tout le monde n'en profita pas non plus et, comme toute vie collecti suppose un minimum de publicité pour se faire connaitre et s'épanouir, des pans entiers de cette vie collecti s'effritèrent et le fameux - lien social - s'en trouva encore un peu plus distendu. De ce point de vue, le moral de la nation, qui s'en serait bien passé, était en berne.
Plus aucune rotati ne tournait pour alimenter un lectorat avide de sensationnel, de lectures prémachées, de photos - choc - et de formules percutantes. Quelques titres people avaient bien tenté de prolonger leur survie en renoulant leur contenu, un peu plus d'info et surtout beaucoup plus d'images achetées A  des prix bradés, A  défaut de pub pour pallier la défaillance des annonceurs, mais les ntes n'avaient pas suivi. La désaffection immédiate enrs une presse amputée de ce tout ce qui faisait le plaisir de la feuilleter (et la pub y était pour beaucoup) s'était avérée rédhibitoire. Quotidiens, news magazines, presse spécialisée, catalogues, prospectus, gratuits, le pilon de la grè n'avait rien épargné.
Conséquence logique, l'imprimerie de -labeur- aussi était sinistrée. Alors que la publicité y représentait plus du quart du chiffre d'affaires, et plus de la moitié si l'on y ajoutait la VPC et l'emballage, elle ne tournait guère plus que pour l'édition commerciale, les imprimés administratifs ou les formulaires en continu. La grè de solidarité lancée par le Syndicat du Livre sur plusieurs sites tournait A  présent A  la grè par nécessité. Après une bonne dizaine de jours de flottement, les annonceurs (du moins ceux qui le pouvaient) avaient délocalisé leurs impressions, qui en Belgique, qui en Italie, qui en Esne, pays qui étaient déjA  les moins chers dans ce secteur. Mais les coûts de logistique impactaient singulièrement la renilité du dispositif. Sans compter les camions qui se faisaient délester de leur chargement aux péages des autoroutes ou sur les parkings par des grévistes du livre, fort mécontents de se voir ainsi - doublés - par leurs collègues de l'étranger.
Les camnes d'abonnement et de relance avaient été stoppées net dès le début de la grè. Plus aucun mailing ne sortait de chez les routeurs, tandis que les centres d'appels s'étaient brusquement tus et qu'A  la télé ou sur le Web les promos avaient tout aussi brutalement déclaré forfait et ce, de manière illimitée, fixes et mobiles confondus. Et robinet fermé pour les généreux débits habituellement proposés : pas un méga supplémentaire n'empruntait désormais les tuyaux. D'ailleurs, c'était toutes les marques abonnées au Web qui se retrouvaient sinistrées. En fait de clics, les annonceurs abandonnés par leurs agences se prenaient une belle claque.
Le trafic des opérateurs télécom avait, bien entendu, chuté. Celui des fournisseurs nationaux d'accès Internet pareillement. Toutes les bannières publicitaires avaient disparu comme par enchantement de la plupart des sites des marques distribuées en France. La Poste, malgré la promesse de son slogan (- et la confiance grandit -) avait surtout vu s'effondrer le volume du courrier en raison du tarissement immédiat des commandes de mailings. Les anti-pub avaient gagné : plus un seul prospectus ne nait remplir les boites.
Les stades également étaient touchés. L'affichage dynamique qui enserrait les pelouses et alimentait les panneaux lumineux géants était éteint. Et comme les spots télé en prime time lors des mi-temps avaient été supprimés, c'est autant de matchs et stades qui perdaient en renilité pour tout le monde. La suspension des contrats de chaines pour toutes les retransmissions achetées contre force spots ndus A  prix d'or condamnait le système sportif dans son ensemble. Sur les gradins désormais clairsemés, les supporters semblaient en avoir perdu leur dynamisme. Expulsés des rubriques people (tous médias confondus) pour cause de - carton rouge - de la pub, les sportifs se virent soudain relégués dans une division qu'ils avaient aussi eu peut-AStre tendance A  oublier : transposés brutalement du statut d'hommes publics A  celui de simples sportifs, ils devaient plus que jamais se surpasser devant ceux qui voulaient encore bien se déplacer ou qui acceptaient de se programmer une chaine étrangère (d'ailleurs, un match commenté en anglais sur SkyNews passait tout A  fait la rampe). Les étrangers, quant A  eux, avaient majoritairement regagné leurs pénates, qui A  la Juntus, qui au Real, où les choses étaient plus simples. La disparition de la pub, moteur financier du sport, toutes disciplines confondues, avait désormais ramené l'intérASt du sport aux seuls exploits des sportifs. Il était clair que ces derniers ne pouvaient consolider A  eux seuls un édifice si durement ébranlé.
La - folie du people - aussi en avait pris un coup. L'absence des kiosques des Voici, Gala, Point de vue, Closer et de leurs clones démontrait a contrario que la popularité des chanteurs, acteurs, animateurs, sportifs et autres - batteurs d'estrades - de tout poil était finalement très artificielle. Totalement pilotée par les médias, elle était rapidement tombée en désuétude dans un quotidien ayant perdu toute dynamique. Le show-biz ne valait pas mieux. Les plus accros avaient bien essayé de se raccrocher A  des fAStes, mais la réalité les avait vite remis sur le chemin de la raison. Le manque de médiatisation retirait beaucoup de piment A  ce mode de vie et les comptes se vidaient. Effectiment, les sponsors ne finanA§ant plus, et pour cause, il fallait y aller de sa poche. Et puis, faire la fASte entre people mais sans la presse du mASme nom, quel intérASt ? Les politiques n'étaient pas mieux lotis. Eux qui ne manquaient pas une occasion de l'ouvrir ac ou sans raison, pour exister, se retrouvaient A  la diète du narcissisme. Plus d'un, qui avait retrouvé un peu de jounce ac les présidentielles, puis les législatis et les municipales, était en phase dépressi. Le Sénat et l'Assemblée nationale étaient entrés dans une grande léthargie, les étoiles ne brillant plus qu'entre elles.
L'événementiel, les relations publiques, les promotions, les salons qui alimentaient aussi bien ta presse que l'audiovisuel étaient sinistrés.
Les annulations en cascades s'étaient succédés, tous secteurs confondus. Résultat, on ne savait mASme plus qui faisait quoi et bientôt il ne se passa plus rien du tout puisqu'il n'y avait plus moyen d'informer qui que ce soit. Hormis les avis que faisait passer te gournement via les télés et les radios sur l'organisation ou le fonctionnement des services publics, tout le bourdonnement quotidien de l'information qui irriguait sans retache les tuyaux des médias nationaux et régionaux, qu'il fût A  caractère événementiel sur la vie commerciale, financière, sociale, culturelle du pays, ou simplement sur le show-biz, se trouva vite étouffé par la thrombose générale du système. La Cigale, A  Paris, boulevard de Roche-chouart, se trouva rapidement sans voix pour chanter. Les dieux de l'Olympia n'eurent bientôt plus qu'A  redescendre sur terre. Les Zénith de Paris, comme ceux de province, redescendirent au niau des paquerettes. Plus un concert, plus une tournée, plus une première, plus un rnissage, plus une le ronde, plus une conférence annoncée, quelques séminaires professionnels A  la rigueur, les salons out, rideau baissé sur toutes les scènes. La -vie - médiatique, qu'on avait trop sount confondue ac la vie publique, en avait rabattu.
La communication, les services, l'immobilier, l'électroménager, des pans entiers de l'économie étaient quasi anéantis et leurs responsables ou leurs représentants durent prendre le taureau par les cornes, c'est-A -dire les moyens du bord, pour éviter le collapse complet.
Les agents d'assurances se retrouvèrent pendus au téléphone pour relancer une clientèle qui ne nait plus d'elle-mASme, attirée par les sirènes de la pub. Beaucoup d'entre eux, salariés des grandes comnies, se retrouvèrent soudain livrés A  eux-mASmes, sans aucun soutien publicitaire de la maisonmère, et renouèrent contraints et forcés ac l'activisme des petits courtiers de quartier.
Les stes rouges de chez Darty, les gilets rts de la Fnac, tous les ndeurs des magasins spécialisés, qu'ils soient salariés ou A  la guelte, se virent intimer l'ordre d'AStre encore plus proactifs. Désormais, la pub, c'était la nte, et la nte c'étaient les hommes!
Partout où la publicité fluidifiait la circulation des marchandises et des idées et facilitait l'innovation et la créativité, partout où elle favorisait la conception des produits, leur distribution, leur mise en avant, leur utilisation, le désir d'amélioration, partout où elle poussait les hommes A  échanger, A  créer du lien, le caillot de la grè provoqua des effets dévastateurs. Un vérile - effet dominos - qui balaya le délicat montage de l'économie du pays. Outre l'impact sur les emplois directs du secteur de la communication, une frilosité immédiate s'empara de la plupart des entreprises, les franA§aises comme les étrangères. Les consommateurs, hormis l'essentiel, avaient réduit leurs intentions d'achat.
Vendre sans publicité, c'était comme renir A  l'age de la pierre ou A  son succédané, l'économie de type soviétique : peu de choix et tant pis pour la qualité !
Chez les - anti-pub -, on jubilait carrément. La pub se faisait hara-kiri ! Ce que les plus activistes du - Collectif des débou-lonneurs - et des barbouilleurs de panneaux n'auraient jamais osé espérer, la pub leur offrait. Les - anti-capitalistes - de chez Besancenot rigolaient franchement. VoilA  que la société de consommation se tirait elle-mASme une balle dans le pied ! Encore que certains se sentissent un peu morux. Le décor de la rue et la grise mine des gens les surprenaient quelque peu et il n'aurait pas fait bon aller claironner sur les trottoirs ou dans les stations de métro le succès de la cause anti-pub.
Mais d'autres souffraient. Et particulièrement dans la pub. L'amertume du secteur était encore plus profonde qu'ailleurs. On ne voyait plus trop comment on rattraperait le temps perdu et comment on paierait les salariés pour tout ce manque A  gagner.
Chez les - Free-lances en colère -, comme pour - La pub en colère -, c'était pire encore. La grè se jouait sans filet et encore moins sans public. Rien A  montrer. Personne pour applaudir. Personne pour soutenir. Personne pour accomner. Pas un média (et pour cause) pour en parler.



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