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DROIT

Le droit est l'ensemble des règles générales et abstraites indiquant ce qui doit être fait dans un cas donné, édictées ou reconnues par un organe officiel, régissant l'organisation et le déroulement des relations sociales et dont le respect est en principe assuré par des moyens de contrainte organisés par l'État.


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L'évolution politique des cités grecques

L'évolution politique des cités grecques : la civilisation grecque


L'évolution politique des cités grecques
La Grèce a connu au cours de son histoire une série de régimes politiques des types les plus dirs ; l'évolution constitutionnelle a été très différente selon les cités : nous en donnerons simplement le cadre général, sans pouvoir nous arrêter aux détails propres à chaque polis (1).



A) Des chefs de clan a l'aristocratie
Le genos (clan) est, chez les envahisseurs doriens qui ont détruit la civilisation mycénienne, la cellule élémentaire et fondamentale de la vie sociale : comme plus tard la gens romaine, il réunit tous ceux qui prétendent descendre d'un auteur commun et pratiquent le même culte familial. Sur tous les membres du clan règne un chef sourain qui, tout au moins dans les clans les plus puissants, prend le nom de roi, basileus et qui est à la fois juge, chef militaire, civil et religieux : il semble avoir été ordinairement le plus agé des descendants de l'ancêtre commun.
Et, de même que le plus ancien commande le clan, le plus puissant des chefs de clan détient le pouvoir à l'intérieur de la polis : il est « le plus roi de tous ». Ce basileus suprême se maintiendra alors même que les clans se désagrègent et perdent leurs chefs particuliers. En réalité chef de bande, le sourain de la Cité se prétend d'origine divine ; il est « issu de Zeus », ou « il reçoit le pouvoir de Zeus ». La monarchie est héréditaire dans une famille : en règle habituelle, l'ainé succède, ou parfois le roi désigne son successeur. A la période ancienne, il n'est pas question d'élection par les « grands », encore moins par le peuple.
Le sourain cumule originairement tous les pouvoirs : il existe bien une assemblée du peuple (les Cyclopes qui n'ont ni assemblées ni lois sont considérés comme des sauvages), mais cette assemblée n'est pas une force politique rivale : elle est convoquée au bon plaisir du roi et, si l'on peut y critiquer les sourains, aucune décision, aucun vote hostile ne peut être pris à leur encontre.
Sur ce schéma premier qui semble avoir été celui de toutes les cités grecques à l'origine va se greffer une évolution trimorphique :
a) En certains lieux, les monarchies subsisteront sans changement nole : telle par exemple la Macédoine dont l'influence politique ultérieure (au IVe siècle av. J.-C.) sera due pour une bonne part au maintien de la royauté qui gardera ou accentuera ses caractères anciens.
b) En d'autres cités, les rois perdront une part importante de leurs pouvoirs. Ainsi à Sparte, deux rois héréditaires sont choisis respectiment dans la famille des Agides et celle des Eurypondites : ils gardent une certaine influence, notamment dans le domaine religieux et le domaine militaire, mais ils sont soumis au contrôle étroit de l'aristocratie Spartiate : éphores et gérousia (conseil des Anciens). On rapporte même que ces derniers prétendaient suriller la vie privée des rois : un roi fut condamné à l'amende pour avoir épousé une femme trop petite qui risquait de mettre au monde « non des rois, mais des roitelets ».
c) Ailleurs enfin, l'aristocratie profitera de la faiblesse de la monarchie pour se substituer à elle. C'est le cas d'Athènes où le roi perd son caractère héréditaire : nommé à vie jusque rs 750, il n'a plus qu'un pouvoir décennal de 750 à 683, et par la suite devient un magistrat annuel chargé des seules fonctions religieuses. Le gournement de l'Etat passe alors à plusieurs magistrats élus par la fraction la plus opulente (propriétaires fonciers) de la Cité : ce sont ces aristocrates, réunis en Conseil, qui commandent effectiment, l'assemblée du peuple (d'ailleurs fort réduite) n'étant convoquée que pour ratifier leurs décisions. Tous les rouages de cette organisation politique sont aux mains de la classe dominante : les abus qu'elle commettra dans l'exercice du pouvoir seront l'un des griefs majeurs que le peuple adressera à ce régime (la partialité des juges notamment semble avoir été révoltante) et qui finalement entrainera sa disparition dans plusieurs cités.


B) La tyrannie

Le régime aristocratique se maintiendra longtemps encore dans les cités grecques où l'agriculture reste la source essentielle de la richesse : l'aristocratie terrienne n'y rencontrera pas de classe sociale qui puisse lui disputer le pouvoir. Dans les cités commerçantes du type d'Athènes, apparaitra un nouau facteur de puissance politique : la fortune mobilière. L'aristocratie terrienne se heurtera d'une part aux bourgeois enrichis qui ulent leur part du pouvoir, et d'autre part aux pauvres — peuple ou démos — qui sont la plupart du temps des petits propriétaires ruinés par le déloppement du commerce et de l'esclavage. Le conflit entre les différentes classes sociales sera sount résolu par l'apparition des tyrans qui, accédant au pouvoir par un vote massif de leurs concitoyens (ce qu'Aristote a appelé la « tyrannie électi ») ou par un coup de force, accaparent la totalité des organes du gournement.
Le tyran est donc le chef improvisé du parti ou des partis révolutionnaires : la tyrannie se distingue de la royauté en ce qu'elle n'est pas un pouvoir légitime, héréditaire et de droit divin. L'un des premiers tyrans connus est celui de Locres, Zalen-cos, qui prit le pouvoir en 663 ; mais les plus célèbres sont ceux d'Athènes : Dracon et Solon. Dracon reçut en 621 des pouvoirs extraordinaires qui lui permirent de promulguer des lois accessibles à tous et identiques pour tous : le régime draconien était particulièrement sévère puisqu'il prévoyait des peines implacables (la mort, l'exil), pour des délits minimes. Mais, si la justice était élie, Dracon n'avait pas enrayé la crise sociale ; son œuvre restait incomplète en raison de l'opposition des nobles qui avaient refusé toute modification du régime économique ; elle devait être parachevée par Solon qui s'appuya sur un tiers parti, formé de la bourgeoisie moyenne, pour lutter à la fois contre les violences du peuple et contre les ambitions des nobles : « Au peuple, j'ai accordé autant de puissance qu'il est raisonnable — disait-il en retraçant les résultats de son action politique — sans rien retrancher ni ajouter à ses droits. Aux forts qui autrefois abusaient de leurs richesses, je me suis appliqué à ne laisser subir aucun traitement indigne. » Solon interdit notamment l'engagement du corps au débiteur pour répondre de ses dettes ; il supprime les hypothèques contractées par les fermiers pauvres, promulgue des lois raisonnables, moins dures que celles de Dracon, ainsi qu'une constitution qui accorde l'entrée certaine aux gens du peuple dans deux organes importants : le tribunal des Héliastcs et l'Ecclesia (assemblée législati). Au total, son activité fut grosse de conséquences : elle favorisa dans les camnes le déloppement de la petite propriété (par la réforme du droit successoral notamment) et dans les villes les progrès d'une classe moyenne de commerçants et d'artisans : cette classe de petits agriculteurs et de petits bourgeois devait donner tout son lustre à la démocratie athénienne qui voit le jour peu après les excès des tyrans pisistratides. Le fils de Pisis-trate, Hippias, est en effet un despote violent et soupçonneux, dont les manières dictatoriales plaisent peu aux Athéniens. Le régime tyrannique disparait alors pour faire place, non sans heurts, à la démocratie.




C) La démocratie

Le régime monarchique des origines s'est maintenu, ainsi que nous l'avons signalé, en quelques cités (Macédoine) ; de même le régime aristocratique subsiste en quelques lieux jusqu'au r siècle (Syracuse par exemple, dont les tyrans les plus célèbres sont Gélon, mort en 478 av. J.-C, Denys l'Ancien, mort en 367, et Denys le Jeune, fils du précédent). Du régime démocratique qui s'éht en de nombreuses cités entre les VIIIe et vie siècles, Athènes offre le meilleur exemple : d'abord parce que c'est la cité où il est le mieux connu grace aux discours des orateurs et au théatre grec, et aussi parce que les Athéniens ont poussé ce régime à ses conséquences extrêmes. Aussi est-ce à l'exemple athénien que nous nous reporterons principalement.
1. L'organisation des pouvoirs. — Le peuple est sourain. Il exprime sa volonté essentiellement en votant la loi. La notion de loi prend ainsi, à l'époque dite classique (de 510 à 338 environ), une importance considérable, qui est attestée par le rôle que joue la loi non seulement chez les juristes, mais chez les poètes et les philosophes.
Mais l'exercice du pouvoir ne peut être confié à l'ensemble du peuple : l'Assemblée populaire serait un organe beaucoup trop lourd. Il a été assuré par des groupes plus restreints : collèges ou individus (magistrats). Ceux-ci sont choisis par le peuple ou dans le peuple, et sont responsables devant lui, ce qui traduit ainsi sa pleine souraineté.
1. L'Assemblée du peuple. — La représentation politique est inconnue : le peuple n'élit pas de représentants mais gourne lui-même directement en se réunissant en Assemblée : ecclesia. Cette assemblée groupe tous les citoyens, c'est-à-dire les hommes de plus de dix-huit ans, nés de parents athéniens et qui n'ont pas encouru la déchéance de leurs droits civiques (atimie). Les femmes ne jouissent d'aucun droit politique. L'assistance aux réunions de l'Assemblée n'est pas obligatoire, et en fait on note beaucoup d'absentéisme : mille à trois mille participants sur quelque quarante mille citoyens. Cette Assemblée tient des séances ordinaires peu nombreuses, et se réunit en cas de besoin en session exceptionnelle. Elle délibère sur toute question affichée quatre jours à l'avance et mise à son programme, mais seulement si le projet en a été préalablement soumis à l'examen de la Boulé (dont il sera traité dans un instant), même si la Boulé a émis un avis défavorable. Dans la discussion à l'Assemblée, tout citoyen peut prendre la parole pour exposer son avis, proposer un amendement ou un projet contraire. Le vote se fait habituellement à mains levées.
Souraine, l'Assemblée détient tous les pouvoirs : exécutif, législatif, et même judiciaire. Elle participe à l'exécutif directement, elle peut décider de la guerre ou de la paix, recevoir et nommer les ambassadeurs, conclure les alliances, décréter les mobilisations partielles ou totales. Et elle y participe indirectement puisque c'est elle qui élit les magistrats (dans la mesure où ceux-ci ne sont pas désignés par le sort), les surille et, le cas échéant, les révoque, de même qu'elle contrôle strictement l'emploi qu'ils font des deniers publics. L'Assemblée assure, elle-même et seule, le pouvoir législatif : elle vote des lois qui doint être — en principe tout au moins — conformes aux principes constitutionnels posés autrefois par Dracon et Solon. Ainsi, la loi votée par chacun des citoyens devra s'appli-quer à chacun : l'égalité devant la loi est l'un des grands principes posés par la démocratie athénienne et marquera profondément par la suite l'histoire des démocraties. Aussi est-il normal, dans cette optique, que certains manquements à la loi particulièrement gras ne puissent être jugés que par l'Assemblée elle-même, qui se trou ainsi détenir le pouvoir judiciaire suprême (encore que le plus sount, l'activité judiciaire du peuple s'exerce dans les tribunaux). L'un des aspects les plus redoules et les plus connus du pouvoir suprême (à la fois judiciaire et politique) de cette instance supérieure consiste à prononcer par vote secret 1' « ostracisme » : un citoyen, même innocent, dont l'influence risque de denir dangereuse pour l'Etat, est alors condamné à l'exil pour dix ans. Ce procédé permet de clore les luttes entre factions politiques rivales, en privant le parti minoritaire de son chef ou de ses chefs.
2. Le Conseil (Boulé) était autrefois à Athènes — et il est resté dans d'autres cités — l'instrument efficace de l'aristocratie ; dans les cités de type démocratique, il a perdu la plus grande partie de ses pouvoirs et n'est plus qu'un organisme d'étude et de contrôle. A Athènes, il a totalement perdu son ancien caractère aristocratique puisqu'il comprend cinq cents citoyens (cinquante par tribu) tirés au sort chaque année et soumis, comme tous les magistrats, à la dokimasie : on recherche si le nouau membre du Conseil a bien rempli ses devoirs de fils, de contribuable, de citoyen : s'il en est trouvé indigne, il doit abandonner sa charge.
Le rôle du Conseil est assez restreint : préparer les projets de loi soumis à l'Assemblée qui peut d'ailleurs reprendre un projet sur lequel le Conseil a émis un avis défavorable, assurer l'exécution des lois en accord ac les magistrats sur lesquels il exerce un droit de contrôle pendant l'intervalle des sessions de l'Assemblée.
3. Les magistrats. — Le caractère démocratique de la constitution athénienne se marque jusque dans le choix, le nombre et le rôle des magistrats : ils sont d'ordinaire désignés par le tirage au sort, rarement par les suffrages ; ils doint également subir la dokimasie. En 451, Périclès instituera le paiement des fonctions publiques (semblable à notre indemnité parlementaire moderne) qui permettra aux citoyens les plus pauvres d'accéder aux plus hautes charges de l'Etat. Un autre moyen de garantir la démocratie contre le pouvoir personnel est de multiplier le nombre des magistrats ; sans vouloir énu-mérer la liste complète de ceux-ci, notons qu'aux neuf archontes (dont les principaux sont l'archonte éponyme qui donne son nom à l'année, l'archonte-roi aux pouvoirs uniquement rebgieux et le polé-marque, chef de l'armée) s'ajoutent quelques magistrats occupés des finances publiques, puis les dix stratèges qui empiètent sur les attributions des archontes, notamment en matière militaire : c'est ainsi que le polémarque perd sa fonction militaire et se consacre assez vite à la seule police administrati.


A l'origine, les pouvoirs de ces stratèges sont relatiment réduits : ils ne peunt communiquer directement ac VEcclesia, leur gestion administrati est sérieusement contrôlée en fin d'année par le tribunal populaire des Héliastes. Mais, peu à peu, les dix stratèges (désignés par élection alors que les autres magistrats doint pour la plupart leur place au sort) en viennent à s'occuper de toutes les branches de l'administration et constituent en quelque sorte un vérile conseil des ministres. Sans qu'il ait été institué une présidence du conseil organisée, l'un des stratèges pouvait jouer le rôle de « premier ministre » et il est à remarquer que la démocratie athénienne, sount représentée comme rsatile, a connu des régimes de longs ministères dont le plus célèbre fut assurément celui dirigé par Périclès : son tact, sa franchise, son intelligence et son intégrité lui permirent de ménager les susceptibilités des membres de l'Assemblée démocratique tout en leur imposant sa volonté.
4. Les juridictions sont essentiellement l'Aréoe et le tribunal des Héliastes. Alors que l'Aréoe composé des anciens archontes perd ses pouvoirs politiques anciens et se confine dans le jugement des crimes religieux, gardant surtout une grande autorité morale, les Héliastes forment à l'origine un tribunal d'appel créé pour réformer les sentences des magistrats. Ac le déloppement de la démocratie, ce tribunal des Héliastes (vérile tribunal populaire de six mille membres répartis en dix cours de cinq cents membres, ac mille suppléants) 6'arroge pratiquement toute la juridiction civile et criminelle ; le magistrat ne conser plus que l'instruction préalable du procès et renvoie ensuite l'affaire à un arbitre (privé ou public) ou à l'assemblée des Héliastes (qui peut également trancher sur appel de l'arbitre). Evidemment, les arrêts de ce pouvoir judiciaire, émanation de la souraineté populaire, ne sont pas susceptibles d'appel ni de cassation ; il est même possible que les Héliastes ne se conforment pas aux lois puisqu'ils représentent le peuple autant que l'Ecclesia.
2. Les limites de la démocratie athénienne. — La
démocratie athénienne, considérée comme le modèle des démocraties antiques, ne satisferait pas les aspirations de nos démocraties modernes ; elle présente certains inconvénients que nous allons rapidement énumérer.
Le plus gra des reproches qui ait été adressé au système athénien est d'avoir limité à l'extrême l'attribution du titre de citoyen. Les métèques, étrangers installés à demeure dans la Cité — parfois depuis plusieurs générations — ne peunt posséder de terres ni jouir de droits politiques ; les esclas ne sont que des a instruments animés» et n'ont ni droits privés ni droits civiques. Encore que ces chiffres prêtent à discussion, on admet généralement que sur une population totale de quatre cent mille ames, les citoyens proprement dits ne dépassent pas, au siècle av. J.-C, le chiffre de quarante mille ; la constitution athénienne se trou donc ainsi être une oligarchie de fait par rapport à nos démocraties modernes. Comment par ailleurs ne pas critiquer le mode de recrutement d'un bon nombre de magistrats ? Si le tirage au sort est un procédé éminemment démocratique, il l'est peut-être trop et, faute d'une instruction élémentaire et d'une éducation appropriée, les hommes compétents et intègres étaient rares !
Et si l'égalité devant la loi est à Athènes un principe absolu, l'égalité sociale n'est pas réalisée : les citoyens sont répartis selon leur fortune, en quatre classes. Cette inégalité a d'abord joué en faur des riches ; au Ve siècle, les magistrats par exemple, sont choisis parmi les trois premières classes, mais seules ces classes assument la charge du service militaire, sauf en cas de danger gra où l'on procède à la levée en masse des citoyens. Les citoyens les plus riches doint également à l'Etat certaines prestations, les liturgies (organisation de jeux, construction d'édifices publics, équipement de navires, etc.) : ces charges financières se révèlent trop lourdes au r siècle et provoquent la ruine de certaines familles.
La liberté est conçue au seul profit de la Cité : chaque citoyen exprime sa volonté et peut participer au gournement libre. Mais la liberté individuelle, qui consiste en la faculté pour chaque citoyen de faire ce qu'il ut, n'est pas recherchée par la démocratie athénienne. L' « ostracisme », que nous avons signalé, aboutit en fait à prir un innocent d'une des libertés fondamentales de tout citoyen, celle de résider dans sa propre Cité. Et que dire de certaines pratiques, comme la dénonciation recommandée contre les citoyens qui enfreignent les lois sur le commerce, les douanes et les mines ?
Enfin, la démocratie athénienne est à usage interne, égoïste : dans les confédérations de cités grecques, où elle est appelée à siéger, Athènes n'entend pas respecter les règles d'égalité mais s'efforce de dominer les autres cités et d'accaparer à son profit les forces et les finances de la Confédération. L'hégémonie (de hêgêmon, conducteur) reconnue à Athènes par les cités adhérents à la Ligue de Oélos s'est transformée en impérialisme rs 454 av. J.-C. : le trésor de la Ligue est transféré à Athènes, le Conseil fédéral est remplacé par VEcclesia athénienne ; les villes autrefois alliées deviennent sujettes et paient un tribut perdant même le droit de battre monnaie. Et sans nul doute, Athènes n'a jamais cherché & instaurer, dans les villes fédérées qu'elle tenait sous sa coupe, de vérile démocratie interne ; dans la mesure où elle a soutenu les partis démocratiques dans les autres cités, c'est plus par proande politique contre Sparte que par conviction idéologique.


D) Les Empires hellénistiques

La Macédoine était toujours restée étrangère à l'évolution constitutionnelle des autres cités : elle n'avait connu ni de vérile régime aristocratique, ni de tyrannie plus ou moins officielle, ni à plus forte raison de démocratie du type athénien. La royauté militaire où, en principe, l'ainé succède au père, s'y est maintenue à la fois par la tradition et par des succès politiques. Son prestige et son autorité se renforcent quand Philippe II triomphe d'Athènes en 338 à la bataille de Chéronée. Philippe II suscite alors, à son profit, la constitution d'une ligue de cités grecques ; il crée la ligue de Corinthe, qui tire son nom de la ville choisie comme capitale. Dans cette ligue, il s'arroge des pouvoirs exorbitants : il détient le pouvoir militaire sans contrôle ; il convoque l'Assemblée de la Ligue quand il le juge utile, la préside et la dirige effectiment.


1. L'Empire d'Alexandre. — Lorsque Alexandre succède à son père Philippe II en 336, il est comme lui roi de la Macédoine et chef de la Ligue de Corinthe. Après avoir réprimé une tentati de rébellion de quelques cités de la Ligue, il entreprend une vaste camne militaire : ac la conquête de l'Asie mineure, Alexandre deviendra le maitre de l'Egypte, de l'immense Empire perse et conduira ses armées jusque dans l'Inde. Au retour en 323, il meurt en pleine gloire, dans la force de l'age, à Babylone (1).
Il est délicat de fixer dans des cadres constitutionnels rigides les principes gournementaux de cet Empire d'une étendue si vaste et d'une durée si courte. En schématisant à l'extrême, on pourrait dire que l'Empire d'Alexandre fut personnel dans ses réalisations, unirsel dans ses ambitions. Personnel : Alexandre continue à être roi de Macédoine, et dans les territoires conquis, il se pose en successeur des sourains locaux ; il est grand roi à Babylone, pharaon en Egypte. L'unité de l'Empire ne se manifeste que dans sa personne : l'administration n'est aucunement unifiée ; les contributions financières sont fort variables d'un lieu à l'autre ; l'autocratisme perse des satrapies est maintenu alors qu'en Egypte la division millénaire en « nomes » a été conservée. Il n'y a dans l'Empire aucune unité spirituelle, ni artistique, ni intellectuelle, ni même religieuse : la religion personnelle d'Alexandre reste grecque, et il respecte les dieux locaux. Unirsel dans ses ambitions : Alexandre s'efforce de réaliser la fusion des Grecs et des Barbares depuis toujours opposés les uns aux autres ; il ut imposer une collaboration entre les premiers et les seconds, sur un pied d'égalité, en les mêlant dans l'administration comme dans l'armée ou dans la vie sociale. Ainsi en 324, trente mille Barbares entrent dans l'armée macédonienne : celle-ci proteste, mais finalement s'incline. Alexandre lui-même donne l'exemple, épouse une princesse de Sogdiane, Roxane, puis la fille de Darius, Stateira ; nombre de ses comnons s'unissent, à Suse, en 324, à des princesses orientales ; dix mille soldats, richement dotés par leur monarque, prennent pour femmes des Asiatiques. La fusion des peuples fut facilitée par des échanges commerciaux, eux-mêmes renoulés par la création de noulles villes, formées sount sur le type hellénistique, et par l'institution d'un système monétaire uniforme.
Personnalisme et unirsalisme, ces deux traits de la monarchie d'Alexandre expliquent le caractère nouau attribué au sourain lui-même. Depuis longtemps, les théoriciens politiques grecs avaient répandu la notion du surhomme politique et Platon avait indiqué justement que cet homme providentiel, lorsqu'il se présentait, pouvait être au-dessus des lois : cette royauté surhumaine réalisait même le type le plus parfait de gournement. Aristote, précepteur d'Alexandre, avait également soutenu cette conception : le « Pan-Basileus » (maitre de tout, monarque unirsel) était la « loi en soi » (1). Ce même Aristote avait aussi déclaré dans La Politique : « La race hellénique est à la fois énergique et intelligente ; elle serait apte à l'empire unirsel si elle s'unissait sous un gournement unique. »
Par ailleurs, Alexandre rencontre dans ses conquêtes des types multiples de monarchie absolue ; ainsi que nous nons de le voir, il adopte pour lui-même la forme revêtue par chaque pouvoir local. Mais il ne cesse pas pour autant de se considérer comme le type grec du « roi » de Platon, il transpose en sa personne et synthétise les théories grecques et la notion orientale de monarchie divine : il réclame l'adoration (proskynèse) de ses sujets (orientaux et grecs), se considère comme un descendant des dieux, et exige de tous le serment d'obéissance. Après sa mort, un culte vérile lui sera rendu par ses généraux et ses successeurs, comme à un dieu.
2. Les monarchies hellénistiques. — A la mort d'Alexandre, l'Empire qu'il a fondé ne peut se maintenir et il est divisé en plusieurs royaumes dont les gournements consernt le type monarchique. Pendant quelque temps, subsistent deux conceptions différentes de la royauté (le cadre de la « Cité » est dépassé et il n'est pas question d'y renir) : dans les pays grecs (Epire, Macédoine), triomphe la monarchie nationale dont les habitants sont citoyens, membres d'une collectivité : le roi est alors lié par la coutume ancestrale, limité dans ses pouvoirs et défenseur de la communauté. Dans les pays orientaux (Perse, Egypte) la monarchie personnelle se maintient selon le type ancien : le monarque est roi à titre personnel ; « il n'y a ni Etat ni collectivité qui comptent, qui aient une existence indépendante, il n'y a que le roi ».
Dès le IIIe siècle av. J.-C, la seconde conception l'emporte définitiment sur la première. Le roi est absolu : maitre d'un pays conquis, il commande à tous ses sujets et dispose de tous les biens. Sa volonté est « la loi vivante », formule que reprendront les empereurs romains et à leur suite les légistes de la monarchie française ; la notion démocratique de la loi votée par le peuple disparait. Dans cette optique, le roi n'est plus un homme, mais un surhomme, le « sage » par excellence. Il n'y a plus égalité entre le gournant et le gourné : le citoyen est denu sujet, docilement soumis à une idéologie qui le conduit à s'en remettre totalement aux mains du sourain. Maitre absolu du pays, le roi peut en disposer à son gré, même par testament ; c'est ce que feront plusieurs sourains hellénistiques au profit du peuple romain.





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