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ECONOMIE

L’économie, ou l’activité économique (du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : « administration d'un foyer », créé à partir de οἶκος / oîkos : « maison », dans le sens de patrimoine et νόμος / nómos : « loi, coutume ») est l'activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l'échange et la consommation de biens et de services. L'économie au sens moderne du terme commence à s'imposer à partir des mercantilistes et développe à partir d'Adam Smith un important corpus analytique qui est généralement scindé en deux grandes branches : la microéconomie ou étude des comportements individuels et la macroéconomie qui émerge dans l'entre-deux-guerres. De nos jours l'économie applique ce corpus à l'analyse et à la gestion de nombreuses organisations humaines (puissance publique, entreprises privées, coopératives etc.) et de certains domaines : international, finance, développement des pays, environnement, marché du travail, culture, agriculture, etc.


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La formation des opinions

La formation des opinions : Economie Générale


Par deux fois déjà, est apparu dans ce lie le rôle de la formation des opinions dans la dynamique d'un marché :


— au chapitre 3 lorsque les travailleurs, en présence de coûts d'information, ont admis qu'ils ne pouvaient espérer des revenus supérieurs à ceux observés dans le passé,
— au chapitre 6 lorsque les individus, face à un bien de qualité inconnue, ont utilisé les prix pour formuler une hypothèse sur la qualité de ce bien.
Néanmoins, dans les deux cas, la genèse des opinions ne constituait pas l'élément central de l'analyse. Il en sera tout autrement dans ce chapitre qui s'intéresse aux influences que les individus exercent sur leurs opinions respectives : influences directes qui résultent des contacts, influences indirectes qui proviennent d'efforts parallèles pour interpréter la formation des prix.
Consacrée aux influences directes, la première partie du chapitre abordera les phénomènes de mimétisme en supposant qu'à la suite de rencontres aléatoires et successives, les agents économiques modifient leurs opinions en tenant compte de celles des autres.
Traitant des influences indirectes, la seconde partie étudiera la genèse d'états sles dont les caractéristiques confirment les agents dans une croyance commune n'ayant aucun fondement objectif. Le spécialiste aura reconnu, en jargon de métier, les équilibres de taches solaires.
A ce stade, le lecteur peut légitimement se demander pourquoi ce chapitre ure dans la deuxième partie du lie. La réponse, je crois, paraitra évidente au terme des développements, mais il est possible dès maintenant de l'esquisser: la dynamique du marché peut contribuer à l'élaboration chez les individus d'une vérile représentation du monde qui, une fois diffusée et homogénéisée, constituera une norme collective de croyance influençant le cours de l'économie réelle.

LE MIMÉTISME

Pour cette analyse de la signification économique du mimétisme, je proposerai un cheminement en cinq étapes : après une description des phénomènes de mimétisme les plus simples, ceux qui introduisent des individus imitatifs, j'éclairerai cette description en présentant sommairement deux modèles, dûs respectivement à P. David (1988) et à A. Kirman (1988), puis j'aborderai les phénomènes de mimétisme qui font intervenir des individus anti-cipatifs ; je terminerai enfin, en considérant, à la suite d'A. Orléan (1989) des individus qui tiennent compte simultanément de leurs observations et des opinions des autres.
(1) Un modèle de J.F. Laslier (1989) illustre parfaitement les mécanismes d'évolution des opinions par imitation : des individus en nombre n (1 < i < n) estiment à x(i, t) la valeur qu'ils attribuent au cours de la période t à un même bien. Au cours de cette période, un individu i tiré au sort suivant une loi uniforme (l'individu contactant) rencontre un autre individu j également tiré au sort suivant une loi uniforme (l'individu contacté). Ces deux individus se communiquent leurs évaluations et les révisent en fonction de l'information obtenue.
Naturellement, les règles de révision ne peuvent être les mêmes selon que les évaluations individuelles sont libres ou contraintes.
Admettons tout d'abord qu'elles soient libres. Diverses modalités de réévaluation sont envisageables :
— le premier individu choisit x(i, t + 1) par tirage uniforme sur [x(i, t), x(j, t)] ou [x(j, t), x(i, t)], l'autre individu n'étant pasInfluencé,
— les deux individus modifient leurs estimations, soit indépendamment l'un de l'autre, soit en s'accordant sur une estimation intermédiaire, soit en faisant chacun un pas l'un vers l'autre.
On montre alors que, pour t augmentant indéfiniment, tous les individus s'accordent sur une même valeur du bien, cette valeur ne pouvant être prévue a priori car elle dépend de l'histoire.
Qu'en est-il en revanche lorsque les évaluations sont contraintes, chaque individu i n'acceptant de reviser son estimation qu'à l'intérieur d'un intervalle [Wi, vi]
Dans ce cas, deux éventualités sont possibles :
— si l'intersection des intervalles individuels n'est pas vide, les estimations tendent vers une valeur commune appartenant à cette intersection;
— si l'intersection des intervalles individuels est vide, ou il n'y a pas d'état absorbant du processus et les estimation fluctuent indéfiniment, ou il y a un état absorbant et les estimations convergent vers des valeurs individuelles déterminées, mais qui restent distinctes.
En dépit de leur simplicité, les mécanismes précédents jouent un rôle prépondérant dans certaines situations économiques ou politiques.
Ainsi, on considère souvent que les intervenants sur un marché financier appartiennent à deux groupes aux comportements distincts : les « fondamentalistes » qui pensent que les valeurs sont déterminées par les variables économiques fondamentales et les « chartistes » qui considèrent que ces valeurs évoluent de manière autonome. Or, un marché sur lequel ne se trouveraient que des « chartistes » serait régi par un mécanisme de pure évolution des opinions.


Une autre illustration voisine concerne l'introduction par un gouvernement sur le marché boursier des actions d'une société d'Etat en cours privatisation. En attendant l'annonce du prix, les opérateurs essaient d'estimer la valeur de l'action. Initialement, l'évaluation faite par chaque opérateur se fonde sur des données relativement objectives (les caractéristiques de la société en question et ses perspectives) et sur des données qui le sont moins (par exemple des considérations sur la conjoncture politique), mais au cours de l'intervalle de temps qui sépare l'annonce du projet de la réalisation, les opérateurs communiquent entre eux et d'une manière ou d'une autre modifient leurs évaluations.
On peut aussi s'intéresser à la proation d'une rumeur colportée à travers la population par des individus que la rumeur en question n'engage à rien : deux états sles sont alors concevables, selon que la rumeur se dissipe ou est acceptée pour aie par l'ensemble de la population.
On peut évoquer enfin la formation des intentions de vote avant un référendum, les individus décidés dès l'origine à voter oui ou à voter non attirant à eux des proportions variables des indécis.
A ce stade, deux modèles particuliers — mais qui ont leur valeur ajoutée propre — vont nous permettre de poursuie l'analyse.
(2) Le premier (David 1988) s'inspire d'un apologue de T. Schelling dans « Micromotives and macrobehaviour » (1988). Sous la forme originelle, il traite de coordination des comportements, mais il est aisé de le réinterpréter en terme de diffusion d'une opinion.
La neige tombe lentement et régulièrement sur une rue commerçante le long de laquelle sont alignées des boutiques. La portion de trottoir située devant chaque boutique peut rester utilisable si, de temps en temps, le commerçant sort pour la nettoyer. Mais un commerçant considère qu'un tel nettoiement n'est intéressant pour lui que si et seulement si le trottoir est maintenu praticable devant l'une au moins des deux boutiques adjacentes. Chaque commerçant observe la situation périodiquement et adopte les règles de décision empiriques suivantes en fonction de ses observations :
— si le trottoir est propre devant les deux boutiques adjacentes, il nettoie sa portion de trottoir ;
— si le trottoir est encombré par la neige devant les deux boutiques adjacentes, il laisse sa portion de trottoir en l'état ;
— si le trottoir n'est propre que d'un seul côté, il nettoie à nouveau son trottoir avec la probabilité p(0 < p < 1).
A l'évidence, l'évolution de la politique de chaque commerçant est représentée par une chaine de Markov tandis que la conduite collective des commerçants de la rue obéit à un processus stochastique constitué par des chaines de Markov indépendantes et de rétroactions locales positives. Ce processus a deux états absorbants correspondant :
— l'un à l'absence totale de collaboration entre les commerçants ; dans cet état, la neige s'accumule tout le long du trottoir,
— l'autre à une complète coopération entre les commerçants ; dans cet état, le trottoir est régulièrement nettoyé par l'ensemble des commerçants.
Le même modèle peut inspirer un apologue d'évolution des croyances : dans un pays imaginaire, au cours d'une révolution, des commerçants — opportunistes — mettent un drapeau à leur boutique s'ils ont foi en la victoire des insurgés et le retirent s'ils pensent que le gouvernement va triompher. En l'absence d'autres informations, ils se forgent une opinion en observant le comportement de leurs voisins : deux drapeat. v ? ils sortent (ou gardent) le leur ; un seul drapeau ? ils tirent au sort leur pronostic ; pas de drapeaux ? ils s'abstiennent prudemment.
Une affabulation plus économique serait de supposer que les commerçants doivent se forger une opinion sur l'opportunité de présenter à leur devanture un matériel publicitaire dont ils ne sont pas sûrs qu'il sera bien admis par la clientèle.
Le modèle précédent est un cas particulier de modèles connus en physique statistique sous le nom de modèles d'Ising. Ces modèles décrivent des systèmes de particules orientées dans l'espace et qui modifient leurs orientations en fonction de celles de leurs voisines. Cette présentation conduit à un espace des phases à la géométrie complexe mais calculable, avec de multiples vallées de potentiel séparées par des barrières. Le système peut donc facilement être piégé dans des états qui ne sont que des minimums locaux de potentiel!
Pour les économistes, ces modèles sont intéressants puisqu'ils conduisent pour des systèmes avec interactions locales au sein d'un réseau, à des équilibres dépendant du cheminement.
En général, ces situations donnent lieu à des bulles financières, l'opinion unanimement retenue s'écartant de l'espérance de la valeur fondamentale ».


Cette analyse met en lumière le rôle, dans la formation des opinions, des modèles individuels préexistants, des modèles que la diffusion d'informations entre les agents confirme et précise. Mais cette analyse se heurte à ses propres limites : en restreignant son horizon aux influences directes, elle exclut de son champ les interactions qui transitent par les observations faites sur le marché. Une hypothèse dont se libère la deuxième partie de ce chapitre.

LA GENÈSE DES ÉQUILIBRES AVEC TACHES SOLAIRES

Depuis Azariadis (1981) et Azariadis et Guesnerie (1982), une étape a été franchie dans la compréhension de la possibilité de « self-sulfilling prophecies », c'est-à-dire de prévisions dont l'énoncé les fait se vérifier.
Rappelons le contexte en quelques mots : une économie dont la vie se déroule sur une succession de périodes réunit une population constante d'individus à générations imbriquées qui vivent chacun deux périodes. Au cours de la seconde (la vieillesse), ils ne peuvent que consommer et ils doivent donc au cours de la première (la jeunesse) travailler pour subvenir à leurs besoins immédiats et épargner de la monnaie pour leur vieillesse. Mais le montant de leur épargne dépend des prix futurs qu'ils anticipent pour les biens de consommation.
Il est connu depuis longtemps que, sous certaines hypothèses, une telle économie possède un équilibre de régime permanent, les prix se reproduisant à l'identique de période en période ainsi que les comportements des jeunes et des vieux.
Mais supposons maintenant que les individus observent à chaque période la présence ou l'absence — aléatoire — de taches solaires. Ces taches n'ont aucun effet sur les conditions de production de l'économie, mais les individus sont convaincus qu'elles influencent les prix. Si l'on désigne alors par A la présence d'une tache solaire à une période déterminée et par B son absence, on montre qu'il existe pour le bien de consommation supposé unique, des anticipations individuelles de prix px et py qui se réalisent lorsque se manifeste l'événement A ou B. D'où la possibilité d'équilibres avec taches solaires, c'est-à-dire d'équilibres caractérisés par des prévisions qui se vérifient alors même qu'au niveau collectif elles n'ont aucune base objective.
Toutefois, ce théorème d'existence ne permet pas de comprendre la genèse de ces équilibres. Il est muet sur la manière dont les individus peuvent induire de leurs observations des prévisions engendrant de leur part des comportements donnant progressivement naissance aux prix anticipés en présence ou en absence de taches solaires.
D'où l'intérêt de réfléchir aux processus dynamiques qui, à partir de prévisions individuelles quelconques, conduisent par auto-organisation à l'émergence d'états sles dont les propriétés dépendent de l'apparition de taches solaires.
Considérons pour ce faire (Laffond-Lesourne 1989) une économie à générations emboitées dans laquelle :
— les individus vivent deux périodes avec à chaque période le même nombre n d'agents jeunes et d'agents vieux,
— il n'y a que deux biens, la monnaie dont la masse M est constante au cours du temps et un bien stockable dont la durée de vie se limite à une période.
Au cours de sa jeunesse (période 1), un agent reçoit en rémunération de son travail une dotation T de bien de consommation. Il en consomme une partie Qi et échange le reste Q contre de la monnaie. Au cours de sa vieillesse (période 2), il échange son stock de monnaie contre une quantité Q2 de bien consommable. Si p, et p2 désignent les prix respectifs des deux périodes :
Ch = (p1/p2) Q (11)
On supposera que l'utilité de l'agent a pour expression :
U = min (Q,, Ch) (12)
En d'autres termes, l'agent cherche à rendre maximum sa consommation minimum sur les deux périodes.
Nous nous intéresserons successivement à l'existence d'équilibres, stationnaires ou non, à la dynamique de l'économie lorsque les agents croient à une influence des taches solaires, à la genèse de l'élissement de cette croyance.
(1) L'économie précédente est susceptible de posséder des équilibres stationnaires et des équilibres non-stationnaires.
Un équilibre stationnaire est caractérisé par un prix p* tel que, lorsque les agents anticipent que ce prix se renouvellera de période en période et déterminent en conséquence leur comportement, ce prix s'élit effectivement.
Il est facile de montrer qu'il n'y a dans le cas examiné, qu'un seul équilibre stationnaire associé au prix :
p* = 2M/nT (13)


chaque agent consommant 172 au cours de chacune des deux périodes de son existence.
Mais, de manière plus générale, on peut se demander à quelle condition une suite [pt] de prix peut engendrer une succession d'équilibres non stationnaires. Une démonstration simple — mais qui sera épargnée au lecteur — permet d'affirmer que toute suite [p,] vérifiant la relation :


pt pt +1 / [pt + pt+1 = M/nT (14)

définit une séquence de tels équilibres.
(2) Introduisons maintenant les anticipations des individus et la dynamique qui en résulte.
Au début de chaque période t, tout agent jeune i(l < i < n) formule des anticipations pt(i) et p',(i) pour le prix de consommation en période t et (t + 1). Il en déduit son comportement pour la période t et le marché de cette période évolue rapidement vers un état caractérisé par un prix p, observable par tous les agents en fin de période.
• Supposons alors dans un premier temps que les individus, conscients du caractère permanent des structures de l'économie, jugent naturel de faire la même anticipation de prix pour deux périodes successives (pt(i) = p't(i)). Admettons en outre que tout agent jeune i de la période t a un fils et un seul dans la génération suivante, fils qui peut aussi être désigné par l'indice i et auquel il transmet le prix qu'il a observé et son anticipation. Ce fils formule alors pour les périodes (t + 1) et (t + 2) l'anticipation :
pt+ 1 (i) = alfaipt + (1 - alfai)pt(i) (15)
où alfa (0 < ai < 1) désigne un coefficient de lissage qui se transmet aussi à l'identique de génération en génération.
Sur la base des hypothèses précédentes, il est facile de montrer que, quelle que soit la distribution initiale des anticipations individuelles, une telle économie converge vers un état sle unique qui n'est autre que l'équilibre stationnaire. Dans cet état, tous les individus anticipent correctement le prix d'équilibre p*.
Le lecteur pourra trouver artificiel ces lignages d'individus qui se transmettent de père en fils préférences, informations, anticipations et règles de lissage D'autres affabulations sont naturellement possibles: rien n'empêche de supposer par exemple qu'un individu vit indéfiniment tout en faisant alterner des saisons de travail et de loisir (sans transmission de patrimoine d'un cycle de deux saisons au suivant).
• Changeons maintenant la représentation du monde qu'ont les agents : ils sont désormais persuadés que les taches solaires influencent le cours de l'économie. Autrement dit, au début de la période t, l'individu jeune de rang i anticipe respectivement :
— le prix x,(i) pour toutes les périodes avec taches solaire (modalité A),
— le prix yt(i) pour toutes les périodes sans taches solaire (modalité B).
L'enchainement des événements de la période t est alors le suivant :
— constatation par l'ensemble des individus de la modalités de la période (A ou B),


— choix des quantités à vendre par les individus jeunes,

— élissement du prix sur le marché et réalisation des transactions,
— transmission des anticipations de prix à la génération future.

UN DÉBUT DE COMPRÉHENSION THÉORIQUE DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE

Il serait facile de critiquer le caractère sommaire de certains des modèles de ce chapitre et notamment du modèle dynamique de la seconde partie. Une telle critique, pourtant, passerait à côté de l'essentiel, car elle négligerait l'apport fondamental que représente cette amorce de compréhension du rôle que la genèse des opinions joue dans les processus d'auto-organisation économique. On conçoit en effet que, dans des modèles plus complexes, l'interaction de la formation des croyances et de la dynamique de l'économie réelle n'aurait pas pour seul effet de modifier la chronique d'évolution d'un prix de consommation, mais transformerait en profondeur le cheminement de l'économie tout entière en l'engageant sur des trajectoires différentes quant au montant et à l'utilisation de l'épargne. Ainsi, en dépit de leur insuffisance, les modèles de ce chapitre commencent à réconcilier la théorie micro-économique et la vision des praticiens du développement. Ces derniers ne cessent en effet de souligner le caractère historique et global du développement. Historique, puisque le développement d'une société reste dans une certaine mesure imprévisible. Global, puisqu'il met en oeue des dimensions à la fois culturelles, économiques et politiques. Or, l'histoire et la culture sont présentes, certes à l'état de traces, dans les analyses théoriques de ce chapitre.





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