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ECONOMIE

L’économie, ou l’activité économique (du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : « administration d'un foyer », créé à partir de οἶκος / oîkos : « maison », dans le sens de patrimoine et νόμος / nómos : « loi, coutume ») est l'activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l'échange et la consommation de biens et de services. L'économie au sens moderne du terme commence à s'imposer à partir des mercantilistes et développe à partir d'Adam Smith un important corpus analytique qui est généralement scindé en deux grandes branches : la microéconomie ou étude des comportements individuels et la macroéconomie qui émerge dans l'entre-deux-guerres. De nos jours l'économie applique ce corpus à l'analyse et à la gestion de nombreuses organisations humaines (puissance publique, entreprises privées, coopératives etc.) et de certains domaines : international, finance, développement des pays, environnement, marché du travail, culture, agriculture, etc.


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Les paiements des usagers



La troisième stratégie de privatisation mentionnée au début de ce chapitre consiste A  imposer des paiements aux usagers chaque fois que c'est possible, ou A  élir un lien direct entre les dépenses budgétisées et les impôts prélevés A  cet effet. Cela devrait AStre la règle pour tous les biens privés et A  péage fournis directement par un dispositif d'administration, de conntion intergoumementale ou de contrat. De plus, la redevance de l'usager devrait couvrir la totalité du coût du service. L'intention première du paiement par l'usager dans un contexte de promotion de la privatisation n'est pas de préler de l'argent (ce qui est d'ordinaire la raison pour laquelle les pouvoirs publics exigent un paiement) mais de faire apparaitre clairement le vrai coût du service. Cela donne l'occasion de er ac d'autres dispositifs et de mettre au point des solutions de rechange.


On pourrait soutenir qu'un paiement par l'usager est l'antithèse de l'idée fondamentale de la privatisation, puisque ce n'est rien d'autre qu'une faA§on différente de collecter des fonds qui seront dépensés par le gournement. Ce raisonnement est biaisé et A  courte vue. Le service payé par les usagers doit AStre é au service financé par les impôts, l'un et l'autre étant fournis par le mASme dispositif de distribution. Le coût du second est occulté, alors que le coût du premier est parfaitement visible. Une fois qu'on aura interdit les subntions déguisées aux services fournis par le gournement et que le coût entier du service sera facturé A  l'usager, les citoyens commenceront A  envisager d'autres solutions s'ils considèrent que ce service ne vaut pas son prix.
C'est ce qui s'est produit A  Saint Paul, dans le Minnesota, où la ville et le secteur privé proposaient l'un et l'autre un service de collecte des ordures. Le prix de la ville était supérieur de 26 % A  celui de la plupart des firmes privées, et elle perdit la quasi-totalité de ses clients, excepté les vieux et les bénéficiaires de l'aide sociale qui avaient droit au service municipal A  moitié prix.
11 est plutôt surprenant que les paiements par les usagers ne soient pas utilisés pour les services gournementaux aux états-Unis aussi fréquemment qu'ailleurs. On pourrait s'attendre A  ce que les biens A  péage, tels que la collecte des ordures dans les villes A  forte densité de population, soient uniquement financés par les impôts dans les pays socialistes et dans les pays européens A  régime social-démocrate. étonnamment, ce n'est pas le cas. A€ Vienne, A  Belgrade et A  Moscou, les citoyens paient une redevance mensuelle, alors que cela est rare aux états-Unis ; San Francisco est l'une des rares grandes villes où les résidants paient une contribution au titre de ce service.
Lorsque les contributions des usagers sont trop faibles ou ne représentent qu'un paiement symbolique, il y a mauvaise utilisation et gaspillage des ressources. Les expériences de fourniture par le gournement fédéral d'eau et d'énergie hydraulique dans les états de l'Ouest en sont une illustration éloquente. Les entreprises gérées par les états sont sujettes A  des pressions politiques, source d'inefficience, car elles sont rarement capables de se débarrasser des activités antiéconomiques ou de remercier leurs salariés inutiles ; elles demandent donc des subntions pour masquer l'importance de leurs coûts. Porter la contribution des usagers au niau des coûts, ou inrsement supprimer les subntions, est le premier pas rs la privatisation, qui est elle-mASme un moyen au service d'une fin, la satisfaction des besoins de la population au meilleur coût.
Les leaders politiques semblent irrésistiblement séduits par l'idée de renoncer aux paiements des usagers pour fournir A  leurs administrés un service - gratuit -, c'est-A -dire financé de faA§on invisible par les impôts. Cela fait penser A  l'histoire de l'ingénieur, de l'économiste et du sénateur assis dans un bateau A  proximité du pont George Washington, A  New York, et qui obsernt la circulation A  l'heure de pointe. L'ingénieur ut agrandir le pont pour réduire l'embouteillage. L'économiste ut augmenter le péage et le moduler pour dissuader de circuler aux heures de pointe. Mais le sénateur entreprend de rédiger une loi qui supprimera totalement le péage, escomptant ac une allégresse A  peine dissimulée que tous ces automobilistes lui manifesteront leur reconnaissance lors des prochaines élections.
Quelles sont les chances d'une généralisation du paiement par les usagers ? Elles sont bonnes. La proposition 13 en Californie, les restrictions fiscales ailleurs, le - plafonnement des dépenses - dans dirses instances jouent en ce sens, car les rsements des usagers ne sont pas des impôts et ils échappent généralement aux dispositions limitant les recettes.
La collecte des paiements des usagers engendre des frais d'administration ; on doit par exemple instaurer des procédures de facturation et de recouvrement des impayés. De plus, si le paiement est théoriquement possible pour tous les biens privés et A  péage, il est plus indiqué pour certains biens que pour d'autres. Prenons-en pour exemples la distribution d'eau et la collecte des ordures. On peut couper l'eau A  un mauvais payeur sans que les voisins en palissent, mais, pour ce qui est des services de la voirie, une sanction identique pénaliserait le voisinage. Les paiements des usagers donnent les meilleurs résultats quand le service n'a pas d'effets secondaires sur autrui et que l'exclusion consiste en une opération relatiment facile, comme de couper l'eau ou le gaz, d'interdire A  un emprunteur négligent de sortir des livres d'une bibliothèque publique ou de refuser de transporter le voyageur qui ne ut pas payer son ticket de bus.
Bien entendu, il est toujours difficile d'élir un consensus politique en faur d'une charge noulle, mais le paiement des usagers sera d'autant plus acceple que le service constituera plus clairement un bien privé ou A  péage, dont les bénéficiaires individuels sont identifiables, et qu'il risquera plus de se dégrader du fait d'un financement insuffisant, comme dans le cas des tarifs des transports en commun.
L'administration Reagan a fait un gros effort pour porter les paiements des usagers au niau des coûts réels du service public. Elle a proposé d'augmenter les redevances pour la fréquentation des forASts et parcs nationaux, l'inspection vétérinaire des viandes et volailles, les services des garde-côtes, l'usage des ports et voies d'eau intérieures, les primes pour le programme d'assurance retraite, la nte de bois d'œuvre et de minerais, l'enrichissement de l'uranium destiné aux centrales électriques, et pour les services fiscaux tels que les avis individuels, les lettres de qualification fiscale et la collecte des arriérés d'impôts23. Elle a aussi proposé d'instaurer une redevance pour la pASche en haute mer. On se reportera ici au débat du chapitre 3 : les poissons de mer sont des biens A  puisage, mais ils s'épuisent A  force de surexploitation. La pASche maritime est donc une ressource finie qui doit AStre gérée comme telle ; on peut considérer que cette gestion se situe quelque part entre celle du bien A  péage et celle du bien collectif, lequel doit AStre financé. L'instauration d'un droit de pASche est un moyen de financer le service. Comme on l'a vu au chapitre 6, une nte aux enchères serait un autre moyen de parnir au mASme but.





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