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ECONOMIE

L’économie, ou l’activité économique (du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : « administration d'un foyer », créé à partir de οἶκος / oîkos : « maison », dans le sens de patrimoine et νόμος / nómos : « loi, coutume ») est l'activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l'échange et la consommation de biens et de services. L'économie au sens moderne du terme commence à s'imposer à partir des mercantilistes et développe à partir d'Adam Smith un important corpus analytique qui est généralement scindé en deux grandes branches : la microéconomie ou étude des comportements individuels et la macroéconomie qui émerge dans l'entre-deux-guerres. De nos jours l'économie applique ce corpus à l'analyse et à la gestion de nombreuses organisations humaines (puissance publique, entreprises privées, coopératives etc.) et de certains domaines : international, finance, développement des pays, environnement, marché du travail, culture, agriculture, etc.


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La concurrence



La concurrence
Il ne suffira pas de tenir de beaux discours, de s'indigner ou de dénoncer des coupables pour éliminer le gaspillage administratif (encore que cela puisse aider, provisoirement !). Il faudra faire appel aux forces de la concurrence pour soutenir, pour surmonter la mécanique monopoliste que nous avons imprudemment introduite dans les services publics. Faute de discerner la différence entre procurer un service et produire un service, on en est venu A  dépendre curieusement des monopoles pour la distribution des services publics. VoilA  qui est étrange. On s'oppose vigoureusement aux monopoles du secteur privé, on vote des lois pour briser les monopoles et les ententes qui limiteraient la concurrence ; on sait que l'intérASt public est menacé quand l'aiguillon de la concurrence disparait et qu'il n'existe pas de seconde source. Mais dans le secteur public, non sans une certaine perversité, on a souvent opté pour le monopole et l'interdiction de la concurrence dans laquelle on ne voyait A  tort qu'une coûteuse redondance. On œuvre en se berA§ant de l'énorme illusion que le meilleur moyen d'assurer une distribution satisfaisante des services publics indispensables consiste A  se reposer entièrement sur un seul fournisseur, si ce fournisseur est le gouvernement lui-mASme.


Jusqu'ici, pour faire mieux fonctionner les services gouvernementaux, on s'est surtout intéressé A  l'amélioration de l'administration publique, A  la formation initiale et continue des fonctionnaires, A  la réforme de la fonction publique et des procédures budgétaires, A  l'informatisation, aux méthodes quantitatives, A  la réorganisation, au développement des organisations, aux études de sensibilité, aux systèmes d'intéressement, aux programmes de productivité, aux comités mixtes direction-salariés et tutti quanti. Tout cela est bon mais passe A  côté du problème sous-jacent, structurel, celui du monopole public, qui est le facteur dominant du dysfonctionnement des services administratifs.
L'instauration de la concurrence suppose une stratégie délibérée pour créer des solutions de rechange et nourrir un climat de réceptivité, une disposition d'esprit favorable A  la libené de choix des citoyens-consommateurs en matière de services publics24. Le choix des modes de distribution des services est essentiel. 11 est dangereux de dépendre totalement d'un fournisseur unique, que celui-ci soit un organisme administratif ou une firme privée. Faute de choix et de flexibilité, le consommateur des services publics, le citoyen, est soumis A  une exploitation et A  des abus incessants. Lui-mASme et son gouvernement devraient pouvoir choisir leur fournisseur, car lorsque l'obligation se substitue au choix, la relation fondamentale entre citoyens et salariés publics s'altère ; les seconds cessent d'AStre au service du public.
L'existence de choix au sein du service public représente une sorte d'assurance ; si plusieurs organisations fournissent le mASme service et que l'une d'elles ne fonctionne pas, ou connait trop d'arrASts de trail, ou se révèle inefficiente, ou inefficace, ou inadaptée, ou insatisfaisante, ou trop coûteuse, le public peut se tourner vers un autre fournisseur. De plus, en séparant les décisions concernant la distribution d'un service - quelle sorte, quelle qualité, quelle quantité - et le processus de production matérielle, on donne plus de poids au citoyen-consommateur et on le libère de la tutelle de la bureaucratie monolithique qui détermine quel service il recevra, combien il en consommera, comment ce service sera produit et ce que cela lui coûtera.
Ce genre de pouvoir monopoliste a d'importantes conséquences. Quand un service est financé par les impôts, sans tarification ni choix des citoyens, on ne dispose d'aucun moyen efficace pour savoir ce que la population en pense, sinon sur le très long terme. D'ordinaire, les clients qui ont le choix rechercheront des producteurs qui adapteront leurs services aux différents besoins de leur clientèle. Les citoyens A  qui l'on refuse le droit de choisir une solution plutôt qu'une autre ne peuvent infléchir le service en exprimant leurs préférences, et l'urne est un pauvre moyen pour dire ce qu'on souhaite. En l'absence de choix des citoyens, le prétendu service gouvernemental dispose d'un marché captif et n'est guère incité A  s'intéresser A  ses clients putatifs. C'est plutôt l'influence politique respective des parties en présence qui définira qui a la haute main sur le service.
Qu'il existe un seul ou plusieurs dispositifs institutionnels, on peut susciter une concurrence entre différents producteurs. Une instance consultative a par exemple demandé que l'analyse des informations transmises par les espions soit soumise A  concurrence pour réduire le rôle monopoliste de la Central Intelligence Agcncy. Le gouvernement franA§ais, peu désireux de renoncer au monopole étatique de la télévision, a néanmoins réagi aux accusations - d'incompétence, d'inconséquence, d'incohérence et de criminelle prodigalité - adressées A  l'Office de la radiotélévision franA§aise en décidant d'ériger chacune de ses trois chaines en institutions publiques complètement indépendantes et concurrentielles25. Ultérieurement, deux concessions privées furent également attribuées, et l'on entreprit de pritiser l'une des trois chaines publiques26.
Un exemple sympathique et stimulant de tentative délibérée pour stimuler la concurrence entre administrations nous vient de Yougoslavie. Les édiles de la ville de Ljubljana, capitale de la Slovénie, voulaient faire appel A  des urbanistes, et ils sollicitèrent des soumissions en bonne et due forme non seulement de la part de l'agence d'urbanisme de leur propre ville mais aussi de celle de Zagreb, capitale de la République croate. Un obserteur américain qui se trouit alors sur place deit remarquer qu'il n'ait jamais vu des fonctionnaires municipaux trailler aussi dur que les urbanistes de Ljubljana, qui voulaient A  tout prix éviter l'humiliation que leur aurait causée l'attribution du marché de leur ville A  leurs riux professionnels et régionaux27.


La concurrence fait son œuvre aux états-Unis A  l'occasion des conventions intergouvemementales, lorsque le shérif d'un comté assurant le maintien de l'ordre dans une commune s'aperA§oit que celle-ci pourrait créer son propre service de police, et qu'il redouble alors d'énergie pour fournir des services d'un bon rapport qualité/prix.
Le problème du monopole n'est nulle part aussi grave, la concurrence n'est nulle part aussi nécessaire que dans l'enseignement. A€ en juger par l'importance des budgets et le nombre des fonctionnaires, l'enseignement primaire et secondaire est la fonction la plus importante des états et des collectivités locales. Dans les grandes villes, la plupart des élèves sont au-dessous de la moyenne pour la lecture et les mathématiques, et le taux d'abandon de la scolarité est élevé. Les enseignants attribuent le problème A  la situation familiale. Les parents s'en prennent A  l'indifférence ou A  l'incompétence des maitres. Les milieux enseignants veulent qu'on consacre plus d'argent A  ce problème. Personne ne sait au juste comment éduquer les enfants des villes.
Que faire quand vous ne savez pas quoi faire ? Réponse : faites différentes choses. Ce sont les incessantes expériences de la nature, sous forme de mutations, qui permettent aux espèces d'évoluer, de s'adapter et de survivre aux changements radicaux de leur environnement ; certaines de ces - expériences - s'avèrent mieux adaptées au nouvel environnement que le mode originel et finissent par le supter. On pourrait de la mASme faA§on encourager l'essai de différentes méthodes pédagogiques pour voir lesquelles peuvent convenir A  l'éducation des petits citadins. L'actuel système monolithique des écoles publiques est inadéquat et donc incapable de faciliter efficacement une ste expérimentation ou de tolérer des méthodes pédagogiques différentes. La diversité n'a jamais été le souci majeur de l'autorité publique. Un attachement aveugle et traditionaliste au monopole public de l'enseignement bride l'éducation de millions d'enfants et gaspille le trail de bien des enseignants consciencieux. - On ne parviendra A  un enseignement qui réponde vraiment aux besoins du public qu'en laissant le public libre de tester, de juger et de voter individuellement pour l'enseignement de son choix28. -
Le monopole public est particulièrement étouffant dans la mesure où, pour l'essentiel, les élèves doivent fréquenter une école désignée ; en général, ils ne sont mASme pas libres de s'inscrire dans une autre école relent du monopole. Il est clair qu'une telle règle a pour objectif de faciliter l'administration du système scolaire plutôt que l'éducation de l'enfant. Une meilleure faA§on d'aborder le problème, grace A  des bons de fourniture ou des crédits d'impôt pour l'enseignement, a été présentée au chapitre 7.
La aison entre les monopoles scolaires de l'Antiquité A  Athènes et A  Sparte est éclairante. Sparte ne laissait aucune place au choix des parents. Le rôle de l'état allait jusqu'A  retirer les enfants de leurs foyers pour les placer dans des écoles chargées de les former au moule Spartiate. En renche, dans la démocratique Athènes, l'enseignement releit de la responsabilité des parents et il était soumis A  leur choix et A  leur surveillance. Les écoles étaient privées et appartenaient souvent aux maitres. Le rôle du gouvernement consistait A  définir un niveau minimum et A  assurer la formation militaire. Au lieu de détruire la famille, comme A  Sparte, Athènes la préserit comme un moyen de développer et de former la personnalité, et elle lui confiait la responsabilité de l'enseignement. Les Athéniens aient compris que cela était essentiel pour promouvoir une saine conception de l'engagement dans une communauté29, A€ l'aune des leurs américaines, l'idéal athénien est bien préférable A  celui de Sparte.
Une nouvelle forme d'enseignement libre commence A  apparaitre en marge des écoles publiques traditionnelles. On voit surgir des centres d'enseignement A  but lucratif où les enfants sont encadrés après leur journée de classe normale. Celte idée de tutorat n'est guère nouvelle, mais elle n'est exploitée par des sociétés commerciales que depuis 1979. Cela s'apparente aux entreprises commerciales de préparation aux examens. Ces dernières visent principalement les élèves du secondaire, alors que les clients du tutorat sont surtout les élèves en fin d'études primaires ou en début d'études secondaires. Les unes et les autres représentent des initiatives du secteur privé pour améliorer les résultats de l'enseignement.


Le secteur privé joue depuis longtemps un rôle important dans la formation des adultes ou l'enseignement continu : les entreprises dépensent plus de 30 milliards de dollars par an pour la formation et l'apprentissage de leurs salariés, un chiffre qui se e favorablement au budget de l'enseignement supérieur public. De plus en plus, les firmes offrent des cours lidés par les universités et délivrent mASme des diplômes. Le premier employeur privé américain, AT&T, ant d'AStre scindé en plusieurs sociétés, dépensait en formation 1,1 milliard de dollars, et 3 % de ses salariés suiient en permanence un enseignement30. Il ne faudrait pas grand-chose pour que cenaincs firmes se lancent pleinement dans l'enseignement pour adultes, en ouvrant leurs portes au grand public.
L'enseignement privé a aussi ses défauts. A€ New York, la foule d'écoles privées qui proposent de former des coiffeurs, esthéticiennes, programmeurs, caissiers, secrétaires, chauffeurs de poids lourds et autres futurs demandeurs d'emplois sont souvent accusées d'excès flagrants ; on leur reproche d'admettre des élèves incapables de réussir et de ne pouvoir leur fournir d'emplois. Cependant, quand le pouvoir politique imposa A  la propre université de la ville d'admettre tous les étudiants qui demandaient A  s'inscrire, elle aussi accepta des jeunes incapables de réussir, comme un taux d'échec élevé en fit la démonstration31. On peut en outre se demander si les débouchés offerts par les écoles privées sont vraiment pires que ceux des écoles techniques publiques. On devrait plutôt s'interroger sur les motitions de ceux qui voudraient imposer aux écoles libres payantes des restrictions rigides et quasi fatales, officiellement pour protéger les gens contre le gaspillage de leur argent privé, alors qu'ils ferment les yeux sur d'identiques insuffisances des écoles publiques, source de gaspillage des fonds publics. LA  encore, on ne devrait pas se demander d'abord si l'enseignement privé a des défauts - il en a, bien sûr - mais comment il se comporte aujourd'hui par rapport A  l'enseignement public.
Un autre sujet vient A  l'esprit : jusqu'où l'enseignement obligatoire devrait-il aller? Trop de jeunes sont forcés, contre leur volonté, de s'inscrire dans une école -je dis - s'inscrire - A  dessein, car beaucoup ne la fréquentent guère, et les assistantes sociales n'arrivent pas A  les en conincre. Quand ils la fréquentent, ce sont d'ailleurs les principaux responsables des violences et des désordres dans les élissements, aussi la quantité d'éducation dispensée est-elle moindre en leur présence qu'en leur absence. On se sert en fait des écoles pour enfermer les fauteurs de troubles dans les classes au lieu de les laisser sur la voie publique- ce qui n'est sûrement pas la bonne solution. Pourquoi obliger quelqu'un A  consommer un bien dont il ne veut pas et qui coûte cher ? En autorisant les élèves A  interrompre leur scolarité obligatoire A  un age plus précoce, on améliorerait probablement l'enseignement pour ceux qui choisissent de continuer, tout en donnant aux recalés - on souhaiterait un terme moins négatif- l'occasion d'entrer en apprentissage grace A  un financement public (sous forme de bons de fourniture) ou privé (sous forme de salaires). Dans ce dernier cas, il faudrait appliquer A  ces apprentis, qui ne seraient pas encore des trailleurs totalement productifs, un salaire minimum plus réaliste. Des occasions de formation de rattrae devraient leur AStre ouvertes quand et si, une fois adultes, ils désirent renouer avec l'enseignement scolaire.
Alors que les bons de fourniture prolongent la pratique de l'enseignement financé par les contribuables, qui évite aux familles d'avoir A  payer elles-mASmes ce bien, si privé qu'il puisse AStre, il existe, au-dessous du niveau de l'enseignement supérieur, un cas où un paiement est demandé A  l'usager. Les cours de cances payants se sont multipliés A  travers toute la Californie après que la proposition 13 eut provoqué la fermeture de ce qu'on appelait le plus grand service de baby-sitting du monde : les cours de cances des écoles publiques, gratuitement ouverts A  tous. On a fini par admettre que ces cours coûtent de l'argent, que les enfants qui ont besoin de l'aide d'un professeur pendant l'été sont relativement peu nombreux et que la grande majorité des familles ont les moyens de payer les activités de loisirs et d'éveil qui occupent leurs enfants pendant la période des cances32.





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