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ECONOMIE

L’économie, ou l’activité économique (du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : « administration d'un foyer », créé à partir de οἶκος / oîkos : « maison », dans le sens de patrimoine et νόμος / nómos : « loi, coutume ») est l'activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l'échange et la consommation de biens et de services. L'économie au sens moderne du terme commence à s'imposer à partir des mercantilistes et développe à partir d'Adam Smith un important corpus analytique qui est généralement scindé en deux grandes branches : la microéconomie ou étude des comportements individuels et la macroéconomie qui émerge dans l'entre-deux-guerres. De nos jours l'économie applique ce corpus à l'analyse et à la gestion de nombreuses organisations humaines (puissance publique, entreprises privées, coopératives etc.) et de certains domaines : international, finance, développement des pays, environnement, marché du travail, culture, agriculture, etc.


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Grand marché, grande taille et concurrence selon le rapport sur les coats de la non-europe

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Grand marché, grande taille et concurrence selon le rapport sur les coats de la non-europe
Grand marché et grande taille



L'argument de base en faveur du grand marché se réfère aux économies d'échelle dans l'industrie, aux effets de dimension. Au sens strict, il y a économies d'échelle si la multiplication de la quantité de chaque facteur de production par un facteur donné (par exemple par 2) aboutit A  un accroissement de la production supérieur (par exemple, multiplication par 2,5). En fait, le plus souvent, le concept d'économies d'échelle recouvre l'idée qu'un accroissement de la taille de l'unité de production entraine des baisses de coûts unitaires des biens produits, mASme si les facteurs de production ne croissent pas de faA§on parallèle. Il existe des économies d'échelle si les rendements croissent avec la taille. Les analyses sur les économies d'échelle opèrent différentes distinctions : on oppose économies d'échelle dans la production et économies d'échelle non techniques (qui concernent les activités de - recherche et développement - (R&D), de gestion, de marketing), économies d'échelle dans l'industrie et économies d'échelle dans les services, plus difficiles A  cerner, économies d'échelle statiques et économies d'échelle dynamiques résultant de processus d'apprentissage ' (économie européenne, 1988a).
Le rapport sur les coûts de la non-Europe (Economie européenne, 1988a), reprenant des traux antérieurs (tout particulièrement ceux de C. Prat-ten), organise ses démonstrations autour de la notion de - minimum efficient technical scale -, le - METS -. Cette notion, qui renvoie A  la taille minimale d'efficacité technique, repose, de faA§on plus implicite qu'explicite, sur l'idée selon laquelle lorsque la taille s'accroit les coûts baissent ;
mais il existe une taille optimale minimale au-delA  de laquelle les coûts cessent de baisser. Deux conséquences découlent de cette hypothèse. D'une part, il n'est pas rationnel d'avoir une taille inférieure A  la taille optimale ; d'autre part, au-delA  de cette taille optimale, aucune hausse de gains ne peut AStre obtenue. A€ partir du METS, on peut mesurer la - pente des coûts - qui exprime la différence de coût entre le METS et une taille inférieure au METS - par exemple, une taille correspondant A  un demi-METS. Ainsi, si le coût est de 100 pour le METS et de 120 pour une taille de moitié inférieure A  la taille optimale, la pente des coûts est de 20 %. Le rapport sur les coûts de la non-Europe présente des résultats sur la base d'enquAStes effectuées auprès des ingénieurs corroborées par d'autres analyses. Les résultats sont impressionnants : dans de nombreuses branches, la pente des coûts est de 6 A  15 % : de 6 A  9 % pour la branche automobile, de 2,5 A  15 % pour la chimie, de 8 A  36 % pour le papier, l'imprimerie et l'édition. Ces chiffres reflètent les baisses de coûts qui résulteraient d'un processus de concentration aboutissant A  un remplacement des entreprises dont la taille est égale A  la moitié de la taille optimale par des entreprises de la dimension optimale. Mais ces baisses de coûts ont pour contrepartie évidente des restructurations : plus les gains potentiels sont importants, plus les mutations nécessaires pour les réaliser sont profondes.
Si certains facteurs semblent indiquer que la grande taille peut AStre un facteur d'efficacité, en renche, d'autres facteurs jouent en sens inverse ' : lorsque la taille grandit, des baisses de productivité peuvent se produire en raison du recours A  des techniques plus coûteuses, la croissance des coûts de management ou la dégradation des relations de trail Il est clair que les rendements ne sont pas toujours croissants.
La suppression de toute entrave aux échanges A  l'intérieur de l'Europe est de nature A  stimuler la croissance de firmes qui étaient bridées par des marchés trop étroits ; mais les gains en termes de coûts et de prix qui peuvent en AStre attendus ont pour contrepartie des restructurations aux conséquences économiques et sociales profondes.

Grand marché et concurrence

Le marché intérieur doit permettre aux entreprises - ou plutôt A  certaines d'entre elles - non seulement d'accroitre leur taille et de bénéficier d'économies d'échelle,jnajs^aussi d'insuffler une concurrence qui, en principe, contribue a ameliorel les performances économiques en raison de deux types d'effets : les - effets prix - et les effets sur 1'innotion (- effets non-prix -).
Une concurrence accrue, due A  la suppression des entraves aux échanges de produits, tend d'abord A  comprimer les marges de profit des entreprises en position dominante. Cette suppression des rentes économiques s'opère parce que les marges de profit sont d'autant plus importantes que les mar-chés sont fermes. - la conclusion la plus plausible reste que des structures de marché plus concurrentielles tendent a réduire l'ecart entre le prix et le cout unitaire. Mais un deuxième mécanisme est susceptible de jouer :" celui de l'élimination de l'inefficacité interne. Les entreprises, soumises A  la concurrence étrangère, exercent une pression plus forte sur leurs coûts. Cet effet, quelquefois appelé - douche froide -, selon lequel des entreprises, brutalement soumises A  la concurrence étrangère, seraient conduites A  faire fortement pression sur les coûts, n'est pas facilement démontrable dans le cadre de la théorie classique de l'échange international. Reprenant cette notion d'inefficience-X, de Leibenstein, le rapport sur les coûts de la non-Europe, et en se référant A  l'opinion de consultants et aux résultats d'études portant sur des entreprises, ance l'idée qu'- en l'absence de pressions concurrentielles suffisantes, il y aurait, pour un niveau donné d'inputs, une mauise exploitation des possibilités de production, une allocation interne inefficace des ressources humaines physiques et financières, un sous-emploi de certains tacteurs des duplication et des redon-dances correspondant A  une "graisse organisationnelle" excédentaire 2 -. On est loin des hypothèses concurrentielles qui se réfèrent A  des entreprises en situation optimale. Le troisième effet de la concurrence sur l'efficacité est un simple effet de réallocation : l'élimination des entreprises les moins productives au profit des entreprises les plus productives engendre un effet de structure ; l'efficacite de l'ensemble tend A  s'accroitre.
Certaines thèses sont favorables A  l'idée que la concentration, qui crée un pouvoir de marché, et donc une moindre concurrence, accroit la capacité d'innotion. Ces arguments, qui soulignent le caractère bénéfique de la grande taille, s'appuient sur les différentes relations entre innotion et profit. Selon la première proposition, les profits (passés) permettent les innotions. Le raisonnement se situe ici au niveau du financement de l'innotion et l'on soutient que la grande entreprise, dont les marges sont importantes, dispose de plus de moyens que la moyenne ou la petite pour financer des innotions ; l'incitation A  l'innotion se situe ici au niveau de son mode de financement. La deuxième proposition se réfère aux perspectives de profits et donc aux profits induits ; l'innotion dépend de la capacité de la firme A  reniliser ses innotions. Or, la grande firme parait mieux armée pour tirer des bénéfices de l'innotion : elle produit sur une plus grande échelle, elle a plus de possibilités pour retarder ou empAScher les imitations de l'innotion qu'elle vient d'introduire sur le marché (dépôts de brevets, création de barrières A  l'entrée sur le marché).
Toutefois, cette argumentation est fortement ébranlée par ceux qui soutiennent que les marchés trop concentrés risquent de ralentir ou d'étouffer le dynamisme des innotions : le monopole bénéficie d'une sécurité qui atténue son incitation A  innover ; la petite entreprise, qui ne dispose pas de surprofits liés A  une situation dominante, a intérASt A  innover. La grande entreprise, plus soucieuse de protéger ses chasses gardées que de découvrir de nouveaux horizons, est consertrice et tend mASme A  freiner la diffusion des innotions, chez elle comme chez les concurrents.
Ce débat théorique est aussi alimenté par des études empiriques. Le rapport sur les coûts de la non-Europe reprend les résultats d'une étude de P. Geroski pour le Royaume-Uni qui présente l'antage de distinguer différentes facettes de la concurrence (degré de concentration, barrières A  l'entrée et A  la sortie, ouverture aux produits étrangers) et d'isoler les effets propres de la taille. Ce rapport conclut : - Une structure de marché peu concurrentielle n'est pas favorable aux innotions Les innotions sont les plus nombreuses dans les industries les moins concentrées et lorsque les barrières A  l'entrée sont faibles et les sorties de marché peu nombreuses '. - Une étude de H. Ergas souligne le rôle joué par les barrières A  l'entrée : une entreprise qui tente de conquérir un marché joue souvent le jeu d'une innotion, alors que l'entreprise en place tend A  défendre sa position en neutralisant des innotions qui risqueraient de remettre en cause la renilité des investissements passés. En renche, A  la différence de Geroski, il considère que des facilités de sorties favorisent aussi les innotions. Enfin, une étude de Zimmerman souligne que deux facteurs constituent de fortes incitations A  l'innotion : les perspectives de
croissance sur les marchés et l'ouverture sur le marché mondial.
Il est clair que la construction europeenne peut avoir des effets contradictoires sur l'innotion dans la mesure où elle devrait se traduire simultanément par une concurrence accrue et par un renforcement de la taille des entreprises. Ces contradictions apparaissent nettement dans les conclusions du rapport2. Il marque une certaine méfiance A  l'égard des conséquences de la concentration sur l'innotion : - Les effets bénéfiques de l'intégration européenne sur l'innotion passent plutôt par le renforcement de la concurrence que par les phénomènes liés A  la taille. - Puis il affirme l'existence d'un cercle vertueux entre innotion et concurrence (- le renforcement de la concurrence stimulant les innotions et celles-ci, A  leur tour, intensifiant la concurrence -) et finit par préconiser une certaine oligopolisation du marché : - Il existe un seuil optimal de concurrence au-delA  duquel l'effet de celle-ci sur l'innotion s'inverse par suite de la difficulté d'appropriation des gains et des risques plus élevés qui prélaient sur des marchés hautement concurrentiels. Dès lors, la structure de marché optimale du point de vue de l'innotion devrait plutôt favoriser une rilite strategique entre firmes dont le nombre peut etre limite.





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