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ECONOMIE

L'économie, ou l'activité économique (du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : « administration d'un foyer », créé à partir de οἶκος / oîkos : « maison », dans le sens de patrimoine et νόμος / nómos : « loi, coutume ») est l'activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l'échange et la consommation de biens et de services. L'économie au sens moderne du terme commence à s'imposer à partir des mercantilistes et développe à partir d'Adam Smith un important corpus analytique qui est généralement scindé en deux grandes branches : la microéconomie ou étude des comportements individuels et la macroéconomie qui émerge dans l'entre-deux-guerres. De nos jours l'économie applique ce corpus à l'analyse et à la gestion de nombreuses organisations humaines (puissance publique, entreprises privées, coopératives etc.) et de certains domaines : international, finance, développement des pays, environnement, marché du travail, culture, agriculture, etc.


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Le constat de la faiblesse relative de l'appareil productif europÉen



La problématique économique de l'Acte unique est clairement présentée dans les différentes études portant sur les « coûts de la non-Europe ' » dont la synthèse est présentée dans un numéro spécial de la revue Économie européenne (1988a) et dans l'ouvrage rédigé par un groupe de travail animé par Padoa Schioppa (1987) et qui comporte, de manière éloquente, une annexe méthodologique rédigée par Paul Krugman 2. La problématique part d'un constat assez pessimiste sur l'économie européenne, sur sa compétitivité et la manière dont elle a réagi au deuxième choc pétrolier ; par rapport aux deux grands concurrents de la triade, l'Europe voit sa position relati reculer. Un certain nombre de données statistiques indiquent ainsi que les économies européennes sont des économies ourtes, que les parts de marché de l'Europe sont en sensible régression et que sa spécialisation est fragile.



Des économies ourtes

L'ourture commerciale d'une économie se mesure par un ratio du type : importations sur PIB ou exportations sur PIB ou une moyenne des deux. Le premier constat est que les économies européennes sont globalement des économies ourtes, l'ourture se mesurant ici par le rapport des exportations ou des importations sur le PIB (leau 1). En effet, si l'ourture de l'économie japonaise a eu tendance à se réduire - surtout pour les importations -, en revanche, l'économie américaine a enregistré un doublement des deux ratios. Les grandes économies européennes, et la Communauté dans son ensemble, sont fondamentalement ourtes sur le commerce mondial : le degré d'ourture, très élevé dès 1960, a nettement progressé en trente ans. S'agit-il d'une intensification des relations commerciales intracommunautaires ou bien d'une ourture accrue de l'économie européenne sur le reste du monde ? La ure 1 montre clairement que la part des échanges intracommunautaires s'est fortement accrue depuis le traité de Rome. C'est la raison pour laquelle les échanges intracommunautaires, rapportés au PIB, ont doublé, alors que l'ourture de la CEE sur le reste du monde, mesurée par le rapport des importations ou des exportations sur le PIB, a eu tendance à baisser (leau 2). Les pays européens, pris individuellement, sont nettement plus ourts que le Japon et que les États-Unis, mais, globalement, la CEE a un niau d'ourture sur le reste du monde able à celui des États-Unis. Comme les exportations intracommunautaires connaissent un taux de croissance plus fort que les exportations extracommunautaires, l'ourture de chaque pays européen sur le reste du monde progresse plus que l'ourture de la Communauté sur le reste du monde. L'intensification des échanges européens ne s'est pas accomnée d'une ourture aussi marquée sur le marché mondial.

Des parts de marché de l'Europe en régression

Deuxième constat : les parts de marché des pays européens progressent, l'Europe régresse. Les neuf pays européens les plus riches représentent, en 1990, selon les chiffres du GATT, 38,3 % des exportations mondiales de marchandises, et six des dix premiers exportateurs mondiaux font partie de la Communauté européenne ; ils représentent, par ailleurs, une grande partie du marché mondial ac 37,7 % des importations mondiales de marchandises. En outre, ils exportent 78,5 % des services commerciaux. En termes d'évolution, on obser, dans le prolongement des constats précédents sur la répartition de la production mondiale et sur le dynamisme relatif des exportations selon leur destination, Europe ou reste du monde, que la part des pays européens dans les exportations mondiales est relatiment sle. Mais si l'on n'envisage que les exportations destinées au reste du monde, alors ces parts de marché tendent à régresser.

Une spécialisation relatiment fragile

Troisième constat : la qualité de la spécialisation de l'industrie européenne montre une certaine faiblesse. Les parts de marché ne reflètent que de façon très approximati la nature de la spécialisation internationale ; celle-ci peut être mise en évidence par les analyses en termes de types de produits. Les analyses théoriques sont nombreuses et variées et proposent de multiples critères de différenciation de la spécialisation internationale '. Trois types de différenciation sont particulièrement intéressants :
- la différenciation en termes de dynamisme de la demande distingue les produits selon le rythme de progression de la demande : il n'est pas indifférent d'être compétitif sur des produits en expansion rapide ou en croissance lente ;
-à l'inrse de la précédente, la différenciation en termes de niau de transformation se situe au niau de l'offre, les exportations et les importations peunt porter sur des produits bruts ou sur des produits plus ou moins sophistiqués ;
-l'analyse en termes de filières recoupe en fait les typologies précédentes.
Une première approche classe les produits selon le dynamisme de la demande 2. L'hypothèse sous-jacente à ce type de démarche est que la spécialisation d'un pays est d'autant plus satisfaisante que la part des produits dont la demande se déloppe rapidement est grande. Une étude de la Commission sur le commerce international de la Communauté européenne (1989a) présente quelques résultats significatifs des analyses en termes de demande portant exclusiment sur les produits manufacturés. Les schémas (a, b, c) de la ure 3 sur le taux de pénétration du marché européen par les produits des pays tiers, selon le dynamisme de la demande, font clairement apparaitre les points suivants.
L'Europe des Sept est, pratiquement pour toutes les périodes et les trois catégories de produits, plus ourte au commerce mondial que les États-Unis et le Japon. Pour l'Europe, et à la différence des deux autres zones, le taux de pénétration est beaucoup plus fort pour les produits dont la demande est la plus dynamique.
La Communauté montre en effet une propension de plus en plus grande à importer les produits à haut niau technologique et à forte demande, alors que sur les branches traditionnelles, où la demande est faible, la Communauté résiste mieux. Les données sur les exportations vont dans le même sens (. 4).
Le Japon enregistre, sur une période relatiment courte (treize ans), une extraordinaire amélioration de sa situation : la progression de ses parts de marché est d'autant plus forte que le dynamisme de la demande des produits concernés est accentué. Les États-Unis enregistrent un tassement sensible de leurs parts de marché ; toutefois, l'orientation de leur commerce extérieur est satisfaisante, puisque les parts de marché dans les produits dont la demande est la moins dynamique restent relatiment faibles. L'Europe connait une dégradation très nette de sa situation, ac des pertes de parts de marché pour les produits dont la demande est la plus dynamique et des progrès sur les marchés de produits à croissance faible.
De façon analogue, la ure 5 montre comment le Japon a, en l'espace de dix ans, réorienté sa production rs les produits à demande dynamique beaucoup plus fortement que les États-Unis et l'Europe.
L'analyse en termes de dynamisme de la demande montre que la spécialisation européenne est moins satisfaisante que celle des États-Unis et a fortiori que celle du Japon. De façon mécanique, une spécialisation orientée sur les produits à demande lente engendre, si elle n'est pas corrigée, une dégradation du solde commercial pour l'anir. Les approches en termes d'offre, de degré de sophistication des produits, n'aboutissent pas à des conclusions plus positis.
La différenciation des exportations en termes de niau de transformation repose sur l'hypothèse selon laquelle une spécialisation accrue dans les produits hautement transformés constitue un avantage dans la division internationale du travail. Deux ratios paraissent particulièrement significatifs :
- la part des produits industriels (par opposition aux produits de base) dans le total des exportations d'un pays ou d'une zone ' ;
-la part des produits industriels complexes (équipements électro-médicaux, de télécommunications et de transport, appareils d'enregistrement et de reproduction du son et de l'image) dans le total des exportations d'un pays ou d'une zone.
Entre 1965 et 1986, la progression de la part des niaux de transformation élevés est générale mais très inégale selon les pays (. 6a et 6b). Au niau des échanges mondiaux, les produits complexes progressent de 15 points, leur part passant de 17 à 32 % du total des échanges de produits ; les produits industriels progressent, quant à eux, de 25 points, passant de 39 à 64 % environ. Entre les grands pays industriels, les sectiunes sont largement redistribuées.
Pour l'ensemble des produits industriels, la progression est, pour l'Europe, de 7 points, pour les États-Unis de 18, de même que pour le Japon. Pour ce qui est des produits complexes, la progression, entre 1965 et 1986, de l'Europe est de 4 points, celle des États-Unis de 14 et celle du Japon de presque 50 ! Les exportations des pays en voie de déloppement montrent l'éclatement de la notion de Tiers Monde : si les NTI d'Asie enregistrent une progression spectaculaire des produits complexes (dont la part passe de 0 % à plus de 20 %) et des produits industriels (de 44 à 82,4 %, dépassant les États-Unis et l'Europe !), les autres pays en voie de déloppement restent confinés, malgré une amélioration de leur situation, dans l'exportation de produits peu élaborés qui représentent encore, en 1986, presque 80 % de leurs exportations.
Des conclusions analogues peunt être tirées de la ure 7 qui envisage l'importance relati des produits de haute technologie dans les échanges de la Communauté. Dans les échanges ac les États-Unis, la situation s'améliore légèrement sur la période, mais la part des produits à haute technologie est deux fois plus importante dans les importations communautaires que dans les exportations. Ac le Japon, la part des produits à haute technologie dans les exportations régresse de plus du tiers, alors qu'elle progresse de près du quart au niau des importations !
Des analyses, menées en particulier par le CEPII (Lafay, Herzog et al., 1989), tendent à conjuguer les approches en termes de demande et d'offre, par la prise en compte des filières, une filière regroupant des « familles de produits suivant d'amont en aval les mêmes processus de production ». Les résultats en sont très clairs. Certaines filières sont « conquises par le Japon » : c'est le cas des filières des véhicules, de l'électronique et du matériel électrique. D'autres, la sidérurgie, le textile et le bois papier, sont « attaquées par le Sud ». Mais l'Europe résiste sur ses « bastions », la chimie et la mécanique, l'Allemagne jouant le plus sount un rôle leader, alors que dans les autres filières, les « filières d'approvisionnement » (agroalimentaire, énergie et métaux non ferreux), la dépendance s'est réduite.
Au total, les analyses en termes de demande, de niau de transformation et de filières conrgent pour montrer la dégradation de la position commerciale de l'Europe.





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