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ECONOMIE

L'économie, ou l'activité économique (du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : « administration d'un foyer », créé à partir de οἶκος / oîkos : « maison », dans le sens de patrimoine et νόμος / nómos : « loi, coutume ») est l'activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l'échange et la consommation de biens et de services. L'économie au sens moderne du terme commence à s'imposer à partir des mercantilistes et développe à partir d'Adam Smith un important corpus analytique qui est généralement scindé en deux grandes branches : la microéconomie ou étude des comportements individuels et la macroéconomie qui émerge dans l'entre-deux-guerres. De nos jours l'économie applique ce corpus à l'analyse et à la gestion de nombreuses organisations humaines (puissance publique, entreprises privées, coopératives etc.) et de certains domaines : international, finance, développement des pays, environnement, marché du travail, culture, agriculture, etc.


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L'analyse ricardienne de l'Échange international

Ce sont les économistes classiques, Adam Smith et Dad Ricardo, qui, dès la fin du xvnr siècle et le début du XIXe, ont posé les bases de l'analyse libérale de l'échange international. Adam Smith, généralisant son raisonnement sur les effets bénéfiques de la dision du travail entre travailleurs indépendants, affirme que chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production pour laquelle ses coûts de production sont plus faibles que ceux des autres : l'ouverture des frontières est alors génératrice de gains pour chaque coéchangiste. Mais l'échange, dans ce cas, suppose que chaque pays est le meilleur pour certains types de production ; rien n'est dit de l'échange entre deux pays dont l'un serait meilleur que l'autre pour tous les types de production. C'est l'apport décisif de Ricardo qui, dans le célèbre exemple de la production de drap et de n, montre comment l'Angleterre, comme le Portugal, ont intérêt à se spécialiser dans la production pour laquelle chacun est, en termes relatifs, le mieux placé. Cette théorie des avantages atifs peut être formulée de la façon suivante : deux pays bénéficiant d'avantages atifs différents ont intérêt à se spécialiser et à échanger les produits pour lesquels leur productité est relativement meilleure, contre des produits pour lesquels ils sont relativement moins performants.

Le dépassement de l'analyse des avantages absolus (Smith) par l'analyse des avantages relatifs (Ricardo)

On ensage le passage d'une situation d'autarcie - dans laquelle chaque pays trouve un équilibre entre l'offre et la demande nationales - au libre-échange. Trois hypothèses fondamentales sont posées. La mobilité des biens et l'immobilité des facteurs de production : les biens circulent librement entre les deux pays, mais les échanges restent cantonnés aux marchandises ; non seulement les richesses naturelles sont attachées à l'espace national, mais ni le capital, ni le travail, ni les technologies ne sont mobiles. La théorie de la valeur travail : les prix relatifs sont proportionnels à la quantité de travail contenu dans chaque marchandise. Les rendements sont constants : si un pays consacre deux fois plus de ressources à la production d'un bien, cette production deent deux fois plus importante et pas plus, l'échange ne modifiant donc pas les conditions de production.
Le leau 5 présente les modèles ' élémentaires d'échange entre deux pays, l'Angleterre et le Portugal, et indique la quantité de travail contenue dans une unité de produit. Dans la théorie smithienne des avantages absolus, chaque pays est plus performant que l'autre pour un type de production.
Si les prix relatifs sont déterminés en fonction du temps passé pour produire ces biens, on a, en économie fermée, les prix relatifs suivants : une unité de n vaut deux fois plus cher que l'unité de drap en Angleterre et deux fois moins cher au Portugal. Angleterre : 1 v = 2 d ; Portugal : 1 d = 2 v. De cette situation d'autarcie, on passe au libre-échange et donc à l'uniformisation des prix relatifs. Si les deux pays s'ouvrent sur le commerce international, le marché est unifié et un prix relatif unique se forme, situé entre les deux extrêmes nationaux. On suppose, pour la simplicité de la démonstration, qu'il est de 1 unité de drap pour 1 unité de n. Angleterre et Portugal : 1 d = 1 v.
Le libre-échange est bénéfique pour tous. En effet, en Angleterre, en autarcie, il faut deux heures pour produire une unité de n ; en libre-échange, deux heures permettent de produire deux unités de drap et d'obtenir en échange deux unités de n. De façon symétrique, au Portugal, plutôt que de consacrer une heure à la production d'une demi-unité de drap, mieux vaut produire une unité de n et l'échanger contre une unité de drap britannique. Chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production dans laquelle il est, de façon absolue, le meilleur. La spécialisation et l'échange permettent aux deux pays d'augmenter leur bien-être. L'échange international est un jeu à somme positive.
La démonstration de Smith repose sur une hypothèse, optimiste et très restrictive, selon laquelle chaque pays domine dans une actité donnée, chaque pays a une productité supérieure à celle de tous les autres dans une production donnée. Que se passe-t-il si un pays est meilleur (est le plus mauvais) dans tous les timents du jeu ? En démontrant l'intérêt de l'échange et de la spécialisation dans de tels cas de ure, Ricardo (1817) généralise radicalement le raisonnement de Smith et montre que tout pays a intérêt à l'échange dès lors que ses prix relatifs diffèrent de ceux du partenaire. L'analyse ricardienne pose un principe de base en analyse économique selon lequel un pays a intérêt à se spécialiser dans le domaine dans lequel il dispose d'un avantage relatif. Ricardo ensage une situation où, dans le rapport Angleterre/Portugal, un pays (en l'occurrence le Portugal, ce qui est de prime abord surprenant) domine, mais de façon inégale, l'autre. Dans l'exemple que nous reprenons de P. Krugman et M. Obstfeld (1992), la productité au Portugal est six fois plus forte pour le n et une fois et demie plus forte pour le drap. L'Angleterre est donc relativement moins mauvaise dans le domaine du drap.
En appliquant la théorie de la valeur travail, on obtient les prix relatifs suivants : en Angleterre, l'unité de n vaut deux unités de drap ; au Portugal, c'est l'inverse, l'unité de drap vaut deux unités de n. Angleterre : 1 v = 2 d ; Portugal : 1 d = 2 v.
Avec le libre-échange, se forme un prix relatif unique. Supposons que ce prix relatif soit de un pour un. Angleterre et Portugal : 1 d = 1 v. Le libre-échange est, ici aussi, bénéfique pour chacun. En Angleterre, plutôt que de passer six heures pour produire une unité de n, mieux vaut produire, en six heures, deux unités de drap, les exporter et, en échange, obtenir deux unités de n portugais. De façon symétrique, le Portugal, plutôt que de consacrer deux heures à la production d'une unité de drap, a intérêt à produire deux unités de n et à l'échanger contre deux unités de drap anglais. Chaque pays a intérêt à se spécialiser dans le domaine dans lequel il est relativement le meilleur ; le volume de biens dont dispose la collectité pour une quantité de travail est effectivement accru par le libre-échange.

Les inégalités de salaires dans l'analyse ricardienne

Pour bien comprendre la portée de la théorie ricardienne, il faut prendre en compte les niveaux de salaires réels. Si tous les pays ont un intérêt égal à l'échange, tous les pays n'ont pas le même niveau de salaire, et le pays qui a une productité globale relativement plus faible ne peut tirer un avantage du libre-échange que parce que le niveau de salaires est plus faible. Nous allons reprendre les exemples précédents et montrer que si, dans la théorie smithienne où chaque pays domine dans une actité particulière, on pourrait avoir des salaires égaux, en revanche, dans la théorie ricardienne, la participation de tous à l'échange international suppose qu'une plus faible productité soit compensée par des salaires plus faibles. Jusqu'ici, on a raisonné en ensageant des échanges de marchandises contre des marchandises. Il faut, pour comprendre la nature de l'échange, introduire les salaires dans les deux pays et, pour er les salaires réels, introduire la monnaie, le taux de change. Dans notre exemple chiffré, on fait une hypothèse simplificatrice : les salaires distribués représentent la moitié de la valeur créée, le reste constituant le profit.
Reprenons l'analyse smithienne des avantages absolus. Supposons, dans le cas de l'avantage absolu, que le salaire horaire, au Portugal, Sn, est de 1/2 unité de n (le salarié reçoit, sous forme de salaire, la moitié de ce qu'il produit) et que l'unité de n exprimée en monnaie internationale soit de 12 unités monétaires (exprimé en or, par exemple). Le salaire est donc de 6 unités d'or. Dès lors, comme l'échange est de un pour un, l'unité de drap vaut aussi 12 unités d'or. En Angleterre, le salarié reçoit Sa, pour une heure de travail, la moitié de ce qu'il a produit ( 1 unité de drap), soit 6 unités d'or. On voit dans cet exemple que, dans le cas des avantages absolus, les salaires dans les deux pays peuvent être égaux :


Sp = 0,5 v = 6 o = 0,5 d = Sa


Cette conclusion ne se retrouve pas dans la théorie des avantages atifs. En effet, si les salaires réels étaient les mêmes en Angleterre et au Portugal, alors que la productité est supérieure au Portugal, le drap anglais, plus cher que le drap portugais, ne pourrait pas se vendre. Le pays dont la productité est la plus faible (Angleterre) ne peut être compétitif que parce qu'il compense une moindre productité par des salaires plus faibles. On suppose ici aussi que le salaire au Portugal est de 1/2 unité de n, soit 6 unités d'or. Dans l'exemple que nous avons choisi, l'échange international aboutit à une égalité entre le prix de l'unité de n et le prix de l'unité de drap. L'unité de drap vaut aussi 12 unités d'or. Mais, en Angleterre, l'unité de drap est produite en trois heures. Le salaire horaire est donc de 2 unités, c'est-à-dire trois fois plus faible qu'au Portugal :


Sp = 0,5 v = 6 o = 0,5 d = 3Sa


Cet exemple met en édence la nature profonde des avantages atifs : a) les prix des produits tendent à s'unifier mais les salaires peuvent être différents ; b) le pays le moins productif réussit à avoir un avantage dans une production malgré une productité plus faible, grace à des taux de salaire plus faibles : le drap anglais, produit en trois heures, valant 12 unités monétaires, est plus compétitif que le drap portugais produit en deux heures mais valant 24 unités ; c) dans cet exemple, le Portugal, qui est six fois plus productif que l'Angleterre pour le n et 1,5 fois pour le drap, peut se permettre d'avoir un salaire trois fois supérieur au salaire anglais ; d) une heure de travail au Portugal permet d'acheter trois heures de travail en Angleterre.


Les implications du modèle ricardien


Le gain de l'échange trouve son origine dans les différences relatives initiales qui se traduisent par des prix relatifs nationaux différents. C'est parce que les écarts de productité sont différents selon les produits que chaque pays a intérêt à l'échange.
Le mécanisme de base repose sur une modification de l'actit ' productive et sur une réallocation des ressources. Dans l'exemple, le Portugal se consacre à la production de n, ferme ses usines textiles, et les ouvriers du textile se reconvertissent dans la production de n, un mouvement symétrique se produisant en Angleterre. Il en résulte, même si cela n'est pas dit explicitement, que la spécialisation ricardienne entraine nécessairement l'abandon de certaines actités et le développement d'autres actités. Cette réallocation des ressources se traduit par des restructurations, demande du temps et une mobilité du travail, les travailleurs devant se déplacer des actités en déclin vers les actités en progrès. Toutefois, Ricardo ne prend pas en compte le coût de cette réallocation de ressources.
L'intérêt de l'échange est universel : tout pays a intérêt à l'échange international, tout pays peut être compétitif, même s'il est moins productif. La compétitité ne consiste pas à atteindre un niveau de productité supérieur aux autres. Comme le souligne Krugman, c'est un mythe de penser que la liberté des échanges n'est profile que si, et seulement si, le pays est à la mesure de la concurrence internationale. L'exemple précédent montre qu'une faible productité doit être compensée par des salaires plus faibles. L'avantage du pays producteur de drap, l'Angleterre, ne tient pas à sa productité, qui est plus faible, mais au fait que le salaire relativement faible (exprimé en monnaie internationale) lui permet de compenser cette compétitité. Chaque pays tire un avantage de l'échange s'il se spécialise dans le domaine dans lequel il est relativement le meilleur. L'exemple montre que le pays le plus pauvre ici obtient une plus grande quantité de richesses parce qu'il échange avec le reste du monde. Le pays plus productif que ses partenaires a un avantage à se spécialiser dans les domaines dans lesquels il est relativement le meilleur en se procurant les biens pour lesquels son avance de productité est moindre auprès de pays dont la productité est plus faible mais dont les salaires, relativement faibles, compensent la faible productité.
L'analyse de Ricardo repose sur des hypothèses restrictives. Quatre sont particulièrement importantes. Premièrement, il n'existe pas d'économies d'échelle : si le Portugal se spécialise dans la production de n, c'est parce qu'il est a priori relativement plus productif dans ce domaine, mais la production sur une plus grande échelle n'induit pas une amélioration de la productité. Le gain de l'échange n'est ici aucunement dû à l'amélioration d'efficacité liée à la production sur une plus grande échelle. Deuxièmement, c'est une analyse statique qui prend les avantages comme des points de départ, sans ensager l'effet de l'échange sur les avantages relatifs. Troisièmement, l'échange qui est ensagé est un échange « interbranches » entre pays différents, qui ne peut prendre en compte les échanges intra-branche entre pays semblables. Quatrièmement, le modèle ricardien, à la différence du modèle Heckscher-Ohlin et Samuelson, ne donne aucun rôle aux dotations en facteurs de production comme facteur explicatif. La dision du travail et le gain qui en résulte proennent exclusivement des différences de productité.



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