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ECONOMIE

L’économie, ou l’activité économique (du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : « administration d'un foyer », créé à partir de οἶκος / oîkos : « maison », dans le sens de patrimoine et νόμος / nómos : « loi, coutume ») est l'activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l'échange et la consommation de biens et de services. L'économie au sens moderne du terme commence à s'imposer à partir des mercantilistes et développe à partir d'Adam Smith un important corpus analytique qui est généralement scindé en deux grandes branches : la microéconomie ou étude des comportements individuels et la macroéconomie qui émerge dans l'entre-deux-guerres. De nos jours l'économie applique ce corpus à l'analyse et à la gestion de nombreuses organisations humaines (puissance publique, entreprises privées, coopératives etc.) et de certains domaines : international, finance, développement des pays, environnement, marché du travail, culture, agriculture, etc.


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Les prix



Les prix
On gagnerait une fortune A  acheter les gens ce qu'ils lent et A  les revendre ce qu'ils s'estiment.




H. Daumier.


Les équilibres économiques sont généralement médiatisés par une riété d'institutions, dont l'étude théorique reste succincte, hormis les traditionnels - marchés -, et qui s'avèrent tout A  la fois complémentaires et substituables (prix vs normes). Définis comme des grandeurs obserbles dans des transactions concrètes, les prix soulèvent des problèmes d'existence et d'unicité, et reposent sur des propriétés intuitives (transitivité) qui peuvent s'examiner A  un niveau très empirique. En renche, la formation des prix, considérée comme la question centrale de l'économie, fait l'objet de développements théoriques sophistiqués, qui visent moins A  rendre compte des processus concrets de leur fixation qu'A  préciser leurs déterminants et leurs rôles. Toute la problématique des prix s'applique aux taux d'intérASt, qui se situent explicitement dans une optique temporelle, tout comme aux leurs unitaires de biens non marchands et aux prix fictifs de facteurs primaires, définis A  des fins de prévision ou d'éluation collective.


Les institutions.


Les institutions sont des entités encore quelque peu négligées par l'économie théorique, qui ne s'est penchée que sur le seul fonctionnement d'instances priviliégiées (marchés, vote), mASme si l'économie empirique a détaillé la genèse et le rôle de nombre d'entre elles (voir I, 6). Autorisant des pratiques nouvelles ou régulant des pratiques existantes, elles remplissent des fonctions riées, qu'il s'agisse de coordonner les transactions entre agents (marchés de biens), de partager les risques (assurances) ou d'assurer une justice sociale (mécanismes fiscaux). Si leur origine est souvent lointaine, elles connaissent des évolutions dans leurs caractéristiques superficielles comme dans leur structure profonde, qui laissent alors apparaitre des régimes relativement sles entrecoupés par des crises. Intégrées ou non au champ traditionnel de l'économie, elles font l'objet actuellement de traux de théorie des jeux, qui analysent leurs modes d'action et leurs conditions d'émergence, en conformité avec la problématique économique orthodoxe.
Les institutions peuvent agir directement sur les préférences (normes) et les contraintes (interdictions) des agents et permettre de passer d'un état jugé collectivement insatisfaisant A  un état meilleur, ou de renforcer un état favorable A  un agent (Ullman-Margalit, 1977). Dans le - dilemme du prisonnier -, l'équilibre spontané non coopératif (chaque prisonnier avoue) est Pareto-dominé par une issue coopérative (aucun n'avoue), issue favorisée par des normes de coopération ou des sanctions en cas de non-coopération. Les institutions peuvent également agir sur les représentations des agents (voir II, 6) et permettre de sélectionner une issue en cas d'absence d'équilibre ou privilégier un équilibre parmi un ensemble d'équilibres équilents, A  travers une - convention - (Lewis, 1969). Dans le - problème du rendez-vous - où deux individus, s'étant perdus, peuvent se retrouver indifféremment A  deux endroits, l'un peut AStre distingué par son caractère singulier, une habitude acquise ou un accord préalable (endroit le plus proche du lieu où l'on s'est perdu).
Lorsqu'elles ne résultent pas d'un choix collectif, les institutions peuvent émerger comme solutions d'équilibre dynamique, cette émergence pount s'interpréter aussi bien comme résultat d'actions intentionnelles que de processus inconscients (Schotter, 1981). Dans le - problème du croisement -, deux automobilistes arrint, de faA§on récurrente, simultanément A  un carrefour ont intérASt A  passer en premier alternativement, solution institutionnalisée par des règles de priorité ou par des feux de croisement. Les équilibres ainsi obtenus, tout comme les institutions associées, sont souvent multiples, mais ils se réduisent drastiquement en passant d'un horizon infini A  un horizon fini, car les menaces qui les soutiennent ne sont plus crédibles en fin de jeu. Dans le dilemme du prisonnier, un - accord de coopération - entre les joueurs peut AStre soutenu par la menace réciproque : - Si tu avoues une fois, j'avouerai toujours après -, mais cette menace est inefficace en dernière période et, partant, aux périodes précédentes. Les institutions peuvent s'imposer au-dessus des marchés pour les soutenir, ainsi des marchés financiers qui non seulement sont fondés sur une croyance commune en les vertus d'un commissaire-priseur. mais s'appuient sur la - légitimité - que les agents reconnaissent A  la monnaie. Elles peuvent se greffer au-dessous des marchés pour les corriger, ainsi des - conventions - qui homogénéisent les anticipations A  long terme sur les marchés financiers, ou des - règles - qui modulent les salaires A  l'ancienneté sur les marchés du trail (Salais-Thévenot, 1986). Elles peuvent enfin se situer en parallèle aux marchés, ainsi des - organisations centralisées - qui peuvent aussi bien les remplacer que les suppléer. D'un pays A  l'autre, on peut ainsi glisser d'un marché d'agents complètement atomisés A  une ification centrale totale, en passant par un marché avec de grandes entreprises hiérarchisées ou par une ification avec des zones de pseudo-marchés décentralisés.


Normes et prix.


Deux catégories d'institutions, d'habitude classées respectivement dans le champ économique et social, exercent ainsi une influence primordiale sur les agents, A  savoir les - marchés -, qui font émerger des prix, et les - organisations -, qui sécrètent des normes. Aux - stimulants matériels - qui agissent sur le niveau des contraintes de ressources (ou des préférences monétaires), on oppose les - stimulants psychologiques - qui modulent la forme des préférences (ou le champ des contraintes ressenties). Bien que les relations sociales sous-jacentes diffèrent, prix et normes ont des caractères positifs communs : leur impersonnalité (application identique A  tous), leur silité (application sur une période suffisamment longue) et souvent leur exogénéité reconnue A  court terme. Directement ou A  travers leurs modes de fixation, prix et normes sont l'objet de jugements similaires, le critère d'équité conduisant A  parler de -juste prix- (dénonciation de l'- échange inégal -) ou de -juste norme - (condamnation du vol).
Les deux formes d'institutions, séparément hiérarchisables (marchés globaux ou locaux, normes générales ou spécifiques), agissent souvent de faA§on imbriquée pour se soutenir mutuellement, ou de concert pour soutenir une tierce forme d'institution. Ainsi, le bon fonctionnement d'un marché est-il assujetti au respect des normes, encourageant A  honorer les contrats entre agents privés (mASme purement verbaux), ou A  éviter des transactions non contractuelles (vol) ou non officielles (marché noir). En sens inverse, la bonne obsernce d'un système de normes est favorisée par l'application de sanctions financières en cas de déviance (contraventions) ou d'incitations financières A  leur non-violation (primes). Enfin, toute interdiction radicale (inceste, crime, drogue), qui peut toutefois toujours AStre contournée, est soutenue A  la fois par des normes puissantes et répétées, et par des sanctions financières (ou mASme physiques) fortes.
Si, pour nombre de phénomènes socio-économiques, il existe une forme d'institution dominante, mASme complétée par l'autre, les deux types d'institutions peuvent également coexister avec des influences ables. Ainsi, les échanges économiques internationaux sont essentiellement régis par des mécanismes de marché (contrats pétroliers), mASme si certaines normes peuvent jouer A  la marge (promotion de la solidarité avec le tiers-monde). En sens inverse, une activité sociopolitique comme le vote (pour laquelle, selon le - paradoxe de l'électeur-, celui-ci n'a pas une incitation directe suffisante pour se rendre aux urnes) est ant tout soutenue par des normes (- devoir civique-), mais est accomnée éventuellement de pénalisations financières (en Belgique). Enfin, un phénomène fondamental comme l'activité professionnelle est A  la fois conditionné par des marchés (salaires) et des normes (statut social), ces deux points de vue étant convergents (médecins bien payés et bien vus) ou divergents (instituteurs plutôt bien vus, plombiers plutôt bien payés).
MASme pour répondre A  des problèmes spécifiquement économiques, il n'est pas rare de mobiliser les deux familles d'institutions avec des rapports de substitution complexes, l'une suppléant par exemple aux défaillances de l'autre. Les problèmes d'effets externes et de biens collectifs sont traditionnellement abordés par voie de normes (ne pas polluer, aider la justice), mais leur efficacité réduite conduit A  les relayer par des pseudo-marchés (principe pollueur-payeur, primes au renseignement de police). Les problèmes d'équilibres macro-économiques sont usuellement traités par les seuls prix (droits de douane, taxes sur l'énergie), mais les limites de leur action amènent A  leur adjoindre des normes (- acheter franA§ais -, - économiser l'énergie -). Quant A  la justice redistributive, elle est A  la fois assurée par des transferts financiers (impôts progressifs, transferts sociaux) et par des normes sociales (camnes d'opinion en faveur d'aides de toutes natures).



Définition du prix.

Le prix se définit comme le taux d'échange entre deux biens (au sens large), tel qu'il se révèle dans une transaction ; il s'agit donc d'un indice composite construit comme rapport des quantités de biens échangées par deux agents. Il est considéré comme directement obserble ex post, du moins dans des conditions idéales de transaction, et coïncide ou non avec le taux ex ante qui peut AStre affiché par l'un des contractants ou négocié entre eux (problème des rabais et des commissions). Bien que parfaitement défini, il échappe cependant A  l'obsertion dans des transactions illégales (rapt), clandestines (drogue), souterraines (trail au noir), secrètes (armements) ou simplement privées (objets d'art). Sa définition rigoureuse exige enfin que l'on puisse mesurer les biens échangés en termes physiques, ce qui fait problème pour les services (trail), et s'assurer que l'un est bien la contrepartie de l'autre, ce qui fait problème pour les transactions liées (don et contre-don).
Toute opération d'échange de biens peut AStre commodément découplée en deux opérations indépendantes d'échange de bien contre monnaie, chacune réalisant en renche un transfert conjoint (- on ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre -). La monnaie sert d'abord d'étalon de leur pour fixer tous les prix dans une unité commune et permettre leur aison aisée, étant entendu que n'importe quel bien peut servir aussi commodément d'étalon (les marxistes privilégiant le trail). La monnaie sert ensuite de support d'échange pour rendre les règlements plus faciles, du fait tant de sa parfaite divisibilité que de son faible encombrement, sa matérialité continuant d'ailleurs A  évoluer (pièces, billets, chèques, monnaie électronique). Cependant, on peut fort bien avoir une fixation monétaire des prix et un règlement sous forme de troc, où la monnaie ne sert plus que d'appoint en cas de - non-divisibilité - des biens échangés.
Dans les pays développés, si les échanges monétaires sont dominants, l'épicier acceptant difficilement d'autre règlement que des espèces sonnantes et trébuchantes, le troc garde toute son importance dans le commerce international. A l'Est, le pétrole brut est traditionnellement négocié contre des produits manufacturés ; A  l'Ouest, Renault échange des voitures contre du café colombien, et les contrats d'armement ont fréquemment des contreparties autres que monétaires. Dans les pays en voie de développement, le troc reste souvent de règle dans les camnes, que les prix soient négociés au coup par coup sur des marchés ou fixés par une autorité centrale. En Guinée-Bissau (Nochet, 1983), dans les magasins d'état, les produits vendus (sucre, savon, butter oil, lait en poudre) sont exprimés en équilents de produits agricoles achetés (riz décortiqué, maïs, paddy, arachide, miel, noix de cajou, huile de palme).
La propriété essentielle liée au prix est celle de transitivité, A  savoir que le prix du bien 1 en termes du bien 3 est le produit des prix du bien 1 par rapport au bien 2 et du bien 2 par rapport au bien 3. Elle est vérifiée strictement pour les équilences de troc précédemment évoquées, ou approximativement pour les taux de change ; de fait, elle s'avère indispensable pour justifier la réduction de tous les prix A  des prix monétaires. Cette propriété est fondée intuitivement sur le fait qu'en son absence, un agent peut s'enrichir indéfiniment en procédant A  des transactions cycliques entre les trois biens. Elle résulte plus précisément de conditions de marché parfait (approximativement réalisées sur un marché local), A  savoir le libre accès au marché et le libre niveau des transactions d'une part, l'absence de coûts d'information et de transaction d'autre part.


Existence et unicité des prix.


Un prix ne peut exister que si la transaction correspondante est physiquement réalisable, désirée par chacun des contractants potentiels et collectivement autorisée ; mais si beaucoup de besoins sont satisfaits par des échanges marchands, il n'est pas vrai que - tout s'achète -. Des transactions s'avèrent irréalisables pour des raisons de non-transférabilité dans le cas d'un bien immatériel (intelligence entre deux individus) ou par impossibilité d'exclusion dans le cas d'une ressource collective (air respiré par un individu). Des transactions sont aussi exclues par les possesseurs de certains biens, tels les œuvres d'art (la Jocondè), les monuments historiques (Notre-Dame de Paris) ou encore des objets singuliers (prototype de voiture). Des transactions sont enfin interdites légalement de faA§on plus ou moins efficace, qu'il s'agisse du trail des enfants ou des organes humains, ou encore, dans des domaines plus spécifiques, des diplômes ou des votes (achat de voix).
La sphère marchande rie selon les lieux et les époques comme l'illustre la prostitution, et si le commerce du sang n'est autorisé actuellement que dans certains pays (Brésil), l'obligation de service militaire a cessé d'AStre transférable financièrement (France). Certains biens ont tendance A  en sortir comme le mariage, qui était une institution fort vénale de Babylone A  l'Europe bourgeoise, ou la justice, dont la nature de bien collectif gratuit s'est universellement imposée. D'autres ont tendance A  y entrer, qu'il s'agisse des assurances, dont le champ d'application s'étend sans cesse (fluctuation des taux de change), ou l'information, qui donne lieu A  des marchés diversifiés (brevet sur les combinaisons génétiques). La possibilité de transactions non conformes a d'ailleurs stimulé l'imagination littéraire, depuis Faust, décidé A  vendre son ame au diable pour acquérir la science, jusqu'A  Richard III, prASt A  céder son royaume pour un chel.
S'il existe a priori autant de prix que de transactions identifiables, on peut néanmoins se poser la question de l'unicité du prix pour un bien défini par ses seules caractéristiques physiques (voir II, 1). De fait, le prix rie d'abord avec la quantité achetée, et des ristournes sont accordées aux achats en gros, pour les tickets de métro comme pour les consommations d'énergie. Le prix rie ensuite selon les lieux et les dates d'achat, le mASme litre d'essence lant plus ou moins d'une station A  l'autre ou d'un jour A  l'autre. Le prix rie enfin selon la personnalité des acheteurs ou des vendeurs, et si le boucher ne prASte pas trop attention A  la couleur de votre peau, le banquier est connu pour ne prASter qu'aux riches, nombre de biens ayant d'ailleurs un prix très officiellement modulé selon certaines caractéristiques des acheteurs (billet de cinéma, gas-oil vs fuel domestique).
La propriété d'unicité du prix n'est autre que la propriété de transitivité appliquée A  la monnaie et A  deux modalités du bien, que le bien soit différencié selon la quantité échangée, le lieu ou la date de la transaction, ou la nature des agents concernés. Aussi, si elle n'est pas assurée, il est possible de s'enrichir par des échanges triangulaires que l'on observe effectivement, A  savoir respectivement la revente A  l'unité, le transport ou le stockage, le transit par des agents intermédiaires. Cependant, ces opérations sont réduites par des - frottements- sur les marchés, qu'il s'agisse de transactions irréalisables (revente d'énergie) ou interdites (revente de tickets de métro), ou de coûts d'information et de transaction assez considérables (coûts de prospection, coûts de transport et de stockage). La principale limite A  ces transactions provient cependant de la difficulté A  discriminer les qualités physiques différentes des biens, soumis A  des pressions visant tant A  les homogénéiser (normalisation) qu'A  les démultiplier (différenciation), pour des raisons techniques ou concurrentielles.

Origine des prix.

De nombreux modèles économiques rendent compte de la formation des prix, traités cette fois de faA§on théorique, dans des contextes divers quant A  la distribution et aux caractéristiques des agents en présence, aux institutions médiatisant leurs rapports et aux facteurs exogènes. Les prix peuvent résulter d'un marché où la - main invisible - du commissaire-priseur les fait émerger et les diffuse, d'une procédure de ification où la - main visible du management - (Chan-dler, 1978) les calcule et les impose, ou de pratiques contractuelles, où une - poignée de main invisible - (Okun, 1981) les ajuste progressivement. Ils sont déterminés par un équilibre général aussi bien de concurrence parfaite (où leur fixation est exogène aux agents), d'oligopole (où ils résultent d'une confrontation entre agents) que de monopole (où ils sont définis par l'agent dominant). Ils s'obtiennent aussi selon des procédures locales, qu'il s'agisse de mécanismes de concurrence asymétriques (enchères, appels d'offre) ou de négociations plus symétriques (marchandage). Ils sont enfin plus ou moins flexibles pour des raisons que la théorie s'efforce lA  encore d'expliciter (prix contractuels silisés par intérASt mutuel, coûts d'ajustement des prix).


Ces modèles font plus ou moins explicitement apparaitre que le prix résulte d'un rapport de forces entre vendeurs et acheteurs ; pour Say (1803), -la leur de chaque chose est le résultat de l'éluation contradictoire faite entre celui qui en a besoin et qui la demande, et celui qui la produit ou qui l'offre -. Dans un contexte de négociation directe, le prix d'un bien se fixe toujours, selon les pouvoirs respectifs des acteurs, dans une zone située entre le coût pour celui qui le vend et l'utilité pour celui qui l'achète, du moins si l'échange est volontaire et non contraint (cf. l'ouvrier qui doit trailler pour survivre). Dans le cas extrASme de la concurrence parfaite, il coïncide avec le coût marginal pour tous les producteurs et avec l'utilité marginale pour tous les consommateurs ; il reflète ainsi globalement sa rareté (fonctions de production, ressources exogènes) et son utilité (fonctions d'utilité). Le théorème de non-compensation précise encore qu'il ne dépend, sous des conditions de rendements constants, que des seules conditions de la production et, en cas de facteurs complémentaires, du seul trail incorporé (leur-trail), résultat qui élit un pont entre théorie néoclassique et marxiste.
Des prix étant observés, il est difficile de trancher entre les divers modèles susceptibles de les expliquer, d'autant qu'ils ne décrivent pas concrètement leur processus de formation et se contentent parfois d'en circonscrire une zone plausible (voir II, 4). Leurs hypothèses générales sont délicates A  lider, ainsi des conditions qui permettent de traiter un marché isolément et plus encore des conditions de concurrence sur ce marché, sauf A  y observer un fort déficit en information ou encore certaines concentrations ou alliances. Leurs conséquences formelles sont plus aisées A  tester car, si les coûts ne sont que grossièrement éluables et les utilités ne sont pas obserbles, d'autres obsertions (prix, quantités échangées) peuvent aider au diagnostic ; encore que pour Machlup (1960), mASme - les courbes d'offre et de demande statistiques ne sont pas réellement observées car elles résultent de données enregistrées A  des moments et dans des contextes différents-. Aussi ces modèles sont-ils essentiellement utilisés de faA§on qualitative pour rendre compte de l'évolution des prix induite par la modification des déterminants des agents, des formes institutionnelles et des conditions d'environnement (facteurs qui sont d'ailleurs pris en compte directement dans les modèles spécifiques d'inflation).
En ce qui concerne le prix du pétrole, on peut néanmoins distinguer plusieurs étapes qui ressortissent A  des modèles distincts, modèles dont la fiabilité en prévision reste pour le moins incertaine (voir 111,6). Ant 1945, les comnies américaines fixent un prix directeur au golfe du Mexique, sur lequel les autres s'alignent, compte tenu des différentiels de fret et de qualité ; ce prix reflète grossièrement le coût de production avec une marge constante. Après la naissance de l'OPEP (1960), c'est l'Arabie Saoudite qui réussit A  imposer un prix directeur aux autres pays ; ce prix se rapproche d'un prix de monopole, compte tenu d'une demande forte et peu élastique A  court terme. Actuellement, il se produit une différenciation des prix entre les contrats bilatéraux et les marchés libres ; ils tendent globalement A  s'aligner sur des prix concurrentiels, cependant gouvernés par des offres et des demandes complexes (maintien de revenus minimaux, substitutions entre énergies).


Rôle des prix.


Si l'on considère tout d'abord les prix relatifs des biens, ceux-ci jouent pour les agents un rôle de signal du niveau de leur offre et de leur demande, et ce signal est suffisant pour réaliser un équilibre en cas de concurrence parfaite. Dans le cas contraire, d'autres signaux s'avèrent nécessaires pour restaurer un équilibre : des contraintes de rationnement en cas de prix rigides, des -garanties de qualité- en cas d'information incomplète, des prix personnalisés en cas de biens collectifs. Par ailleurs, ces mASmes prix relatifs, au niveau cette fois de la collectivité, reflètent les coûts d'option ou les leurs sociales des biens, du moins en cas de concurrence parfaite, et permettent alors d'atteindre un optimum (voir III, 7). Dans le cas contraire, l'état peut, lA  encore, rélir un optimum en utilisant d'autres moyens que les prix, A  savoir des transferts financiers, des mesures macro-économiques ou encore des normes morales.
Pour l'économiste, les prix vont avoir une double interprétation et utilisation selon qu'il adopte un point de vue descriptif ou normatif. D'une part, comme les prix interviennent dans les contraintes ou les préférences des agents, en particulier le profit des entreprises qui pondère les facteurs et les produits A  l'aide de prix, leur connaissance est indispensable pour prévoir leur comportement. D'autre part, lorsque les prix reflètent la leur sociale des biens, ils interviennent dans les critères d'éluation collective, par exemple le surplus collectif, qui pondère lui aussi les facteurs utilisés et les produits fournis par leurs prix. Ils ont enfin une signification mixte lorsqu'ils servent A  pondérer les leurs ajoutées pour construire l'agrégat - production nationale - ; cet agrégat peut, en effet, AStre interprété, dans la première optique, comme une dépense nationale (coûts) ou un revenu national (salaires et profits) et, dans la seconde, comme un -bien-AStre national - (voir III, 2).
Quant au niveau moyen des prix, son rôle est essentiellement de aisons internationales et intertemporelles des prix ; en effet, toute modification d'un système de prix est décomposable en une modification de sa moyenne et une déformation de sa structure. D'une part, le rapport des prix moyens de deux pays définit, avec l'aide d'un taux de change, leur compétitivité relative moyenne, qui influence les importations et les exportations. D'autre part, le rapport des prix moyens de deux périodes, c'est-A -dire le taux d'inflation, définit, en combinaison avec un taux d'intérASt nominal, un taux d'intérASt réel, qui influence les prASts et les emprunts. En renche, le niveau des prix n'apparait généralement pas dans une fonction de préférence collective, car il est considéré comme une simple riable instrumentale pour atteindre des objectifs plus profonds (solde public, solde commercial, emploi), mASme s'il est générateur (en riation) de - coûts d'inflation -, du fait des incertitudes et des redistributions que cette inflation implique.
Une préoccupation ancienne des économistes consiste A  soulever le - voile monétaire -, pour débusquer les phénomènes réels derrière les phénomènes financiers, et mASme A  étudier les conditions d'une dichotomie entre la - sphère réelle - et la - sphère monétaire -. On dit qu'il y a -neutralité monétaire- lorsque les riables réelles (quantités) sont indépendantes, en dernière analyse, des riables nominales (prix moyens, revenus), étant entendu qu'il demeure une relation en sens inverse (théorie quantitative de la monnaie). Une condition nécessaire en est que les prix moyens et les revenus rient de faA§on concomitante et que les agents ne subissent pas d'- illusion monétaire -, c'est-A -dire qu'ils aient des comportements insensibles A  de telles riations homothétiques. Cette neutralité est souvent mieux assurée A  long terme qu'A  court terme, où la spéculation déconnecte les deux sphères ; le prix d'un actif se décompose en effet en un - fondamental -, défini par les conditions objectives de l'économie (technologies, préférences, institutions) et une - bulle -, liée A  des facteurs plus subjectifs (représentations).



Taux d'intérASt.

Les taux d'intérASt jouent un rôle classique de prix, mais ils traduisent un rapport d'échange entre biens de périodes différentes, observé sur un marché A  terme. Les marchés A  terme sont rares entre biens physiques (prASts de mil remboursables en nature, en Afrique), s'observent entre bien physique et monnaie (matières premières) et sont universels pour la monnaie contre la monnaie (crédit). En fait, s'il existe un marché au comptant entre bien physique et monnaie aux périodes initiales et finales, on peut faire jouer la propriété de transitivité et se contenter d'un marché A  terme sur la seule monnaie. Ces marchés prennent une importance croissante du fait d'une distanciation temporelle accrue entre les opérations de livraison et de paiement (vente A  crédit), où interviennent d'ailleurs des acteurs intermédiaires entre vendeurs et acheteurs.
La monnaie apparait ici dans son troisième rôle de réserve de leur entre deux périodes où, sans AStre désirée en elle-mASme, elle permet concrètement aux consommateurs d'épargner pour des achats futurs et aux producteurs d'investir pour des bénéfices futurs. Quant aux modèles de détermination des prix définis en statique, ils peuvent recevoir une interprétation pseudo-dynamique, car si le temps n'y apparait pas explicitement, les biens peuvent AStre considérés comme datés. Ainsi, le taux d'intérASt traduit, en cas de marché parfait des capitaux, la renilité marginale de tous les projets des producteurs et l'utilité marginale du revenu (préférence pour le présent) de tous les consommateurs. En fait, le marché des capitaux est très imparfait et doit intégrer le risque, si bien qu'il existe une multiplicité de taux d'intérASt selon l'horizon, le motif et la liquidité des prASts ou emprunts, cependant liés, lA  ancore, A  des - taux directeurs - (taux interbancaire sur l'Euromarché).
Le taux d'intérASt s'introduit nécessairement lorsqu'il s'agit d'agréger les effets de l'utilisation d'un bien, survenant sur plusieurs périodes, par exemple le coût d'un investissement, dont la construction est étalée, ou ses antages, qui apparaissent progressivement. S'il existe un marché parfait d'un capital en service, son prix doit alors AStre égal, comme A  l'habitude, A  son coût actualisé (amorti des services déjA  rendus) et A  ses antages futurs actualisés. Dans le cas particulier du - capital humain -, si un marché a fonctionné pour les esclaves, on peut en noter une survince en ce qui concerne les footballeurs, ces derniers étant cependant partiellement propriétaires de leur capital. En l'absence de marché, le capital humain est élué en privilégiant l'une de ses bornes (qui ne sont plus égales), plus souvent les antages futurs, approchés par les revenus futurs (leur d'un diplômé), que le coût dépensé (taxation des émigrants).
On attribue souvent A  saint Thomas d'Aquin l'idée que l'intérASt est - le prix du temps qui est commun A  tous les hommes et n'appartient qu'A  Dieu- (Barre, 1956). En fait, si cette idée a parcouru bien des esprits, elle n'est pas vraiment présente chez l'auteur cité, et n'a d'ailleurs guère de sens, car le temps ne s'échange pas directement et se présente simplement comme le support incontournable des phénomènes économiques. Mais il n'en est pas moins vrai que saint Thomas, au mASme titre que l'Ancien Testament et le Coran, condamne fermement l'usure et mASme l'intérASt en arguant que celui qui perA§oit un intérASt se fait payer deux fois, donc une de trop. On perA§oit dans cette position tant la négation des échanges intertemporels, qui trouvent leur spécificité dans l'irréversibilité du temps, que l'affirmation plus générale d'un -juste - prix des choses, sans que l'éthique sous-jacente ne soit jamais clairement explicitée.


Pseudo-prix.


Certaines ressources, quoique l'objet de demandes pressantes, ne sont pas directement négociables sur un marché et n'ont donc pas de prix, comme l'exprime d'ailleurs la sagesse populaire quand elle affirme (au sens littéral) que - la santé n'a pas de prix -. Il en est ainsi de biens pritifs comme la vie humaine ou le temps (que des jeunes peu fortunés accepteraient sans doute de vendre A  leurs ainés), mais aussi de biens collectifs ou d'effets externes comme les forASts, le bruit ou les pollutions. Cependant, il existe des - pseudo-marchés - où ces ressources sont substituables A  la monnaie, et l'on peut gagner du temps en utilisant un mode de transport plus rapide, prolonger sa vie en prenant des mesures de sécurité, atténuer le bruit en acquérant des moyens d'insonorisation. On peut en déduire une leur unitaire de ces biens, destinée A  deux usages, d'une part simuler le comportement des agents censés les intégrer dans un - profit généralisé - pour définir leurs actions, d'autre part procéder A  des éluations collectives de projets en pondérant les effets correspondants par ces leurs dans un bilan global.
D'autres biens possèdent des prix de marché, mais on considère que ceux-ci reflètent très imparfaitement leur leur sociale, du fait d'imperfections des marchés et d'interventions publiques (voir 11,7). On peut alors déterminer des - prix fictifs - (appelés prix sociaux par Tinbergen, leurs objectivement déterminées par Kantorovitch) qui reflètent mieux la leur sociale des biens (pour les consommations finales) ou leurs coûts d'option (pour les consommations intermédiaires). Les prix fictifs ne sauraient avoir un rôle de prévision des comportements, puisque les agents réagissent spontanément aux prix réels, mais un rôle d'éluation collective, tout projet étant apprécié en faisant la balance entre ses facteurs et ses produits directs pondérés par ces prix. Ils peuvent mASme avoir un rôle plus ambitieux de décentralisation par les prix ; si les agents se voient communiquer ces prix et adoptent un comportement concurrentiel A  leur égard, ils vont réaliser un équilibre qui a les propriétés d'optimalité recherchées.
Ces deux catégories de pseudo-prix permettent d'homogénéiser les leurs individuelles ou collectives accordées A  tous les biens, en les exprimant ou plutôt en les réduisant A  un étalon commun, en l'occurrence la monnaie. Lorsque ces prix sont utilisés A  des fins de décentralisation, on peut, lA  encore, montrer, par des arguments de transi-tivité, que les mASmes prix doivent AStre imposés par le ificateur A  tous les agents pour toutes leurs décisions. Si le gérant du système de santé n'applique pas la mASme leur de la vie humaine A  tous les secteurs médicaux pour fixer leur enveloppes budgétaires, il peut augmenter le nombre de vies sauvées (supposées homogènes) en transférant des ressources de l'un A  l'autre. Si EDF utilise un taux d'actualisation différent pour choisir ses investissements de production et de distribution, il exister un agencement de ses moyens lui permettant d'améliorer ses performances globales.
Ces pseudo-prix ne restent d'ailleurs pas forcément virtuels et peuvent AStre rendus réels en intervenant sur les marchés existants ou en en créant autoritairement de nouveaux. Si la leur du temps n'est jamais concrétisable directement, elle peut néanmoins AStre incorporée au prix payé par l'usager sur le pseudo-marché (péage autoroutier), cette incorporation n'étant totale que pour l'usager marginal ou si le prix peut AStre adapté A  chaque usager. La leur de la pollution peut AStre actualisée en imposant un marché artificiel de la pollution (agences de bassin pour la pollution d'un fleuve), où le pollueur paie son droit de polluer A  un prix personnalisé, fonction du coût qu'il occasionne aux pollués. Le taux de change fictif est enfin réifié en rapprochant le taux de change réel de sa leur, aussi bien par le moyen de droits de douane sur les importations que d'aides aux biens nationaux (ou A  l'exportation).





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