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MANAGEMENT

Le management ou la gestion est au premier chef : l'ensemble des techniques d'organisation des ressources mises en œuvre dans le cadre de l'administration d'une entité, dont l'art de diriger des hommes, afin d'obtenir une performance satisfaisante. Dans un souci d'optimisation, le périmètre de référence s'est constamment élargi. La problématique du management s'efforce - dans un souci d'optimisation et d'harmonisation- d'intègrer l'impact de dimensions nouvelles sur les prises de décision de gestion.


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Une société d'entrepreneurs

Une société d'entrepreneurs : Management Général



CHAQUE GENERATION A BESOIN D'UNE NOUVELLE REVOLUTION, déclarait Thomas Jefferson A  la fin de son existence. Bien qu'ultra-conservateur, Goethe, grand poète allemand contemporain de Jefferson, exprima la mASme idée A  la fin de sa vie en écrivant:




Vernunft wird Unsinn

Wohltat, Plage.


(La raison devient non-sens,

Les bienfaits, des fléaux.)
Jefferson et Goethe traduisaient chacun A  leur manière la déception de leur génération vis-A -vis de l'héritage des Lumières et de la Révolution franA§aise. Mais ce désenchantement pourrait tout aussi bien s'appliquer, cent cinquante ans plus tard, A  l'héritage de notte époque, A  cette promesse éclatante que fut l'Etat-providence. Créé par l'Allemagne impériale pour les indigents et les plus défavorisés, il est aujourd'hui - un droit pour tous - et un fardeau de plus en plus lourd A  supporter pour tous ceux qui produisent. Qu'ils atteignent ou non leurs objectifs, les systèmes, les institutions, les politiques se perpétuent, tout comme les produits, les processus et les services. Les mécanismes peunt encore fonctionner. Mais les hypothèses qui leur ont donné le jour ne sont plus fondées. C'est par exemple le cas des données démographiques qui ont présidé A  l'élaboration des systèmes de retraites et d'assurance-maladie dans tous les pays déloppés au cours de ce siècle. C'est ainsi qu'en vérité, la raison est denue non-sens et les bienfaits, des fléaux.
Mais nous avons appris depuis l'époque de Jefferson que les - révolutions - ne constituent pas le bon remède. On ne peut ni les prédire, ni les diriger, ni les contrôler. Elles donnent le pouvoir A  qui il ne faudrait pas. Pire, elles aboutissent - et c'est prévisible - A  l'opposé de leurs promesses. Quelques années après la mort de Jefferson en 1826, le grand analyste de l'état et de la politique, Alexis de Tocqueville, remarquait comment les révolutions ne détruisent pas les prisons des régimes précédents mais, au contraire, les agrandissent. Tocqueville démontra que l'héritage le plus durable de la Révolution franA§aise a été le resserrement des chaines qui entravaient la France prérévolutionnaire : la soumission du pays tout entier A  une bureaucratie incontrôlée et incontrôlable, la centralisation A  Paris de toute la vie politique, intellectuelle, artistique et économique du pays. Les plus grands effets de la Révolution russe furent l'asservissement renoulé des paysans, la toute-puissance de la police secrète, et la mise en place d'une bureaucratie rigide, corrompue et étouffante- C'est précisément contre ces marques distinctes du régime tsariste que les libéraux et les révolutionnaires s'étaient, A  juste titre, révoltés. On pourrait dire la mASme chose de la sinistre - révolution culturelle - de la Chine de Mao.
Nous savons de nos jours que la - révolution - est une illusion, sans doute l'illusion la plus unirselle du 19e siècle, un mythe frappé désormais du plus grand discrédit. Nous savons que la révolution n'est pas un accomplissement, l'aube d'un jour nouau. Elle résulte du déclin sénile, de la banqueroute des idées et des institutions, de l'échec du renoullement.
Nous savons aussi, cependant, que les théories, les valeurs et toutes les réalisations de l'esprit et du travail humain vieillissent, se raidissent, deviennent obsolètes et se changent en - fléaux -.
L'innovation et l'esprit d'entreprise sont donc aussi nécessaires A  la société qu'A  l'économie, A  l'entreprise qu'au service public. C'est précisément parce que l'innovation et l'esprit d'entreprise ne sont pas des démarches - totalisantes -, mais procèdent au contraire par étapes successis, créant ici un produit, lA  une politique et ailleurs un service public; c'est parce qu'elles ne sont pas programmées A  l'avance mais s'adaptent A  telle opportunité et A  tel besoin; parce que ce sont des expériences qui disparaitront si elles ne produisent pas les résultats escomptés ; parce que ce sont des voies pragmatiques et non dogmatiques, des projets modestes et non grandioses; c'est pour toutes ces raisons qu'elles ont les meilleures chances de donner A  une société, une économie, une industrie, un service public ou une entreprise les moyens d'un fonctionnement souple et apte au renoullement. Elles permettent de réaliser la révolution promise A  chaque génération par Thomas Jefferson, mais sans massacre, sans guerre civile, sans camps de concentration et sans catastrophe économique. Elles garantissent au contraire la détermination, la direction et le contrôle d'une telle entreprise.
Nous avons besoin d'une société d'entrepreneurs, d'une société pour laquelle l'innovation et l'esprit d'entreprise constituent un phénomène normal, régulier et continu. Le management est denu l'instrument spécifique de toutes les institutions contemporaines et fait partie intégrante de notre société d'organisations. L'innovation et l'esprit d'entreprise doint, de la mASme faA§on, constituer une activité essentielle et pleinement intégrée au fonctionnement de nos organisations, de notre économie et de notre société.
Cela suppose que les responsables de toutes les formes d'institutions fassent de l'innovation et de l'esprit d'entreprise une activité normale, quotidienne et permanente, une pratique appliquée A  leur propre travail et A  celui de leur organisation.




La ification ne marche pas

La première des choses A  faire A  propos des politiques publiques et des mesures gournementales indispensables A  une société d'entrepreneur est de définir celles qui ne fonctionneront pas, puisque ce sont précisément celles-ci qui ont la faur de notre époque.
La - ification - au sens général du terme est totalement incompatible ac une société et une économie d'entrepreneurs. L'innovation doit certes répondre A  un but précis et l'esprit d'entreprise doit AStre organisé et dirigé. Mais l'innovation, elle, doit, presque par définition, AStre décentralisée, autonome, spécifique et micro-économique. Elle doit commencer de faA§on modeste, expérimentale et souple. Les opportunités d'innovation se situent généralement au plus près des événements. On ne les troura pas au milieu des grands agrégats qu'utilise nécessairement le ificateur, mais dans leurs formes anormales: dans l'imprévu, la contradiction, la différence entre le rre moitié plein et le rre moitié vide, dans le point faible d'un processus. Le temps que ces anomalies soient repérées par le ificateur parce qu'elles apparaissent - significatis sur le statistique - et il est déjA  trop tard. Les opportunités d'innovation ne viennent pas ac la tempASte, mais ac le frémissement d'un nt léger.


L'abandon systématique

Les vingt dernières années ont été le théatre d'un changement de perception et de vision du monde qui constitue un vérile bouletse' ment- On semble en effet avoir pris conscience que les politiques gournementales et les administrations publiques n'étaient pas d'essence divine mais au contraire bien trop humaines. La seule chose absolument certaine A  leur égard est donc qu'elles sont appelées A  se périmer assez rapidement. La pratique politique repose encore sur la croyance ancestrale selon laquelle tout ce que fait l'Etat reste A  jamais inscrit dans la nature de la société humaine. Il n'existe donc jusqu'A  maintenant aucun mécanisme au niau de l'Etat qui permette de se débarrasser de ce qui est vieux, désuet et de tout ce qui n'est plus productif.
Plus exactement, ce qui existe A  l'heure actuelle ne fonctionne pas encore. Les états-Unis ont récemment adopté une série de lois très sttictes qui prévoient un délai déterminé au bour duquel une loi ou une administration deviennent caduques si elles n'ont pas été spécifiquement reconduites. Ces lois n'ont pas fonctionné jusqu'A  maintenant, en partie parce qu'il n'existe pas de critère objectif pour apprécier qu'une loi ou qu'une administration ne fonctionnent plus connablement, et parce qu'il n'existe pas encore de mécanisme spécifique pour révoquer une loi ou une administration. Mais la toute première raison est sans doute que nous n'avons pas encore appris A  mettre au point les noulles méthodes qui permettront de réaliser ce qu'une administration ou une loi inefficace était chargée de faire. Une des plus importantes et des plus urgentes innovations en matière sociale consiste aujourd'hui A  dégager les principes et les mécanismes qui rendront ces noulles lois pertinentes et efficaces. Nos sociétés y sont prAStes.


Un défi pour l'individu

Dans une société ourte A  l'esprit d'entreprise, les individus sont confrontés A  un formidable défi qu'ils doint exploiter comme une opportunité: le besoin constant d'apprendre et de se former.
Dans une société traditionnelle, on pouvait supposer le temps de l'apprentissage tetminé dès l'adolescence, ou, au plus tard, A  l'age adulte. On ne pourrait, plus jamais apprendre ce que l'on n'avait pas déjA  appris A  l'age de vingt et un ans ou A  peu près. On appliquerait donc tout le reste de sa vie ce que l'on avait appris jusqu'alors. L'apprentissage, le métiet, les professions, mais aussi les systèmes d'enseignement et d'éducation ttaditionnels reposaient, et reposent encore largement, sur de telles hypothèses- Il y a naturellement toujours eu des exceptions, des groupes qui ne cessaient d'apprendre et de réapprendre : les grands artistes, les grands savants, les moines zen, les mystiques ou les jésuites. Mais ces exceptions étaient peu nombreuses.
Dans une société d'entrepreneurs ces - exceptions - deviennent des exemples. Les individus devront apprendre de noulles choses bien après avoir atteint l'age adulte, et sans doute plus d'une fois. Ce qu'ils auront appris avant vingt et un ans sera, en toute hypothèse, périmé cinq A  dix ans plus tard, et devra AStre remplacé - ou au moins revu et corrigé - par de noulles connaissances, de noulles qualifications et de nouaux apprentissages.
Une des conséquences de cette évolution est que les individus devront de plus en plus prendre eux-mASmes en charge le renoullement constant de leurs connaissances pour leur carrière et leur épanouissement personnel. Ils ne pourront plus prétendre que ce qu'ils ont appris dans leur enfance et leur adolescence aura construit les - fondations - du reste de leur vie. Ce seta bien au contraire la - rampe de lancement -, la base qui permettra de prendre son envol plutôt que de construire et de prendre racine. Ils ne pourront plus imaginer suivre un de carrière rs une destination connue A  l'avance (ce que l'armée appelle - monter en grade -). La seule hypothèse correcte est que les individus devront, de leur propre gré, trour, définir et mettre en œuvre un certain nombre de carrières qui jalonneront leur vie acti.
Plus les individus seront diplômés, plus grandes seront leurs carrières d'entrepreneur et plus ils seront au défi de renouler leurs connaissances. Le charpentier a (peut-AStre) encore la possibilité de croire que sa qualification acquise en tant qu'apprenti et comnon lui servira toujours quarante ans plus tard. Mais les médecins, les ingénieurs, les sidérurgistes, les chimistes, les comptahles, les juristes, les professeurs, les managers feraient mieux de s'attendre A  ce que les connaissances, les qualifications et les outils qu'ils devront utiliser dans quinze ans soient nouaux et différents de ceux d'aujourd'hui. Ils feraient mieux de se préparer A  apprendre de noulles choses, A  définir de nouaux objectifs, et dans un grand nombre de cas, A  suivre de noulles carrières. Et ils sont les seuls A  pouvoir assumer la responsabilité du renoullement indispensable de leurs connaissances et de leur orientation. Les traditions, les habitudes et la - politique de l'entreprise - seront pour eux un handicap et non un soutien.


Cela signifie également qu'une société d'entrepreneurs remet en question les habitudes et les hypothèses sur lesquelles repose notre faA§on d'enseigner et d'apprendre. Le système éducatif aujourd'hui appliqué partout dans le monde est pour l'essentiel issu du modèle mis en place dans l'Europe du 17e siècle. Ce modèle a subi de substantielles modifications et des ajouts importants, mais le fondement architectural sur lequel reposent nos écoles et nos unirsités remonte trois cents ans en arrière et plus- De noulles conceptions et de noulles méthodes, parfois radicalement différentes, sont aujourd'hui indispensables, A  tous les niaux.
Le recours A  l'ordinateur dès la maternelle ne sera peut-AStre bien qu'une lubie passagère. Mais des enfants de quatre ans en contact constant ac la télévision exigeront et ne réagiront qu'A  une pédagogie entièrement différente de celle employée cinquante ans plus tôt.
Les jeunes gens qui se préparent A  occuper une profession hautement spécialisée ' soit les quatre cinquièmes des étudiants d'aujourd'hui - ont assurément besoin d'une éducation - libérale -. Mais cela n'a manifestement rien A  voir ac le programme du 17e siècle revu au 19e qui passait pour la libéral éducation de la communauté anglo-saxonne ou l'Allgemeine Bildung des Allemands. Ne pas reler ce défi nous ferait courir le risque de perdre les concepts fondamentaux de cette - éducation libérale - qui se rrait réduite A  l'état de formation purement professionnelle et spécialisée. Les fondements éducatifs de notre société et, au bout du compte, la société elle-mASme seraient menacés. Les éducateurs devront également accepter que l'enseignement ne soit pas réservé aux jeunes, et que le plus grand défi ' mais aussi la plus grande opportunité - est aujourd'hui la formation continue des adultes ayant déjA  suivi des études supérieures.
Nous n'avons défini jusqu'A  maintenant aucune théorie éducati adaptée A  cette tache. Personne n'a repris le travail réalisé au 17e siècle par le grand réformateur tchèque Johann Comenius ou par les éducateurs jésuites qui élaborèrent ce qui est resté, jusqu'A  ce jour, l'école - moderne - et l'unirsité - moderne -.
Mais au moins en ce qui concerne les états-Unis, la pratique est nettement en avance sur la théorie. L'évolution la plus positi et la plus encourageante des vingt dernières années me semble AStre la multiplicité des expériences menées dans le domaine éducatif ' un heureux effet de l'absence, aux Etats-Unis, d'un ministère de l'Education ' en matière de formation continue des adultes et tout particulièrement des professionnels ayant déjA  suivi des études supérieures. Sans - stratégie globale -, sans - philosophie éducati -, et en vérité sans grand soutien des autorités, l'éducation permanente et la formation professionnelle continue des diplômés de l'enseignement supérieur les plus performants sont denues la vérile - industrie de croissance - des Etats-Unis au cours des vingt dernières années.
L'apparition d'une société d'entrepreneurs marquera peut-AStre un tournant important de l'Histoire.
11 y a cent ans de cela, la crise mondiale de 1873 mettait un terme au siècle de laisser-faire amorcé ac la publication, en 1776, de La Richesse des nations d'Adam Smith. La crise de 1873 fut l'acte de naissance de l'état-providence qui, cent ans plus tard, arri au bout du chemin, chacun s'en rend compte aujourd'hui. 11 résistera peut-AStre au défi démographique que constitue le vieillissement de la population et le recul de la natalité. Mais il ne survivra que si l'économie d'entrepreneurs permet une forte augmentation de la productivité sous toutes ses formes. On aura beau apporter quelques légères améliorations A  l'édifice, ajouter ici une pièce de plus ou mettre en place lA -bas une noulle prestation, l'état-providence n'en appartient pas moins au passé, et non A  l'anir. MASme les plus anciens - libéraux - l'admettent aujourd'hui.
Son successeur sera-t-il la société d'entrepreneurs ?





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