IPeut - écrits et documents
ManagementMarketingEconomieDroit
ss
Accueil # Contacter IPEUT




economie générale icon

ECONOMIE

L’économie, ou l’activité économique (du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : « administration d'un foyer », créé à partir de οἶκος / oîkos : « maison », dans le sens de patrimoine et νόμος / nómos : « loi, coutume ») est l'activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l'échange et la consommation de biens et de services. L'économie au sens moderne du terme commence à s'imposer à partir des mercantilistes et développe à partir d'Adam Smith un important corpus analytique qui est généralement scindé en deux grandes branches : la microéconomie ou étude des comportements individuels et la macroéconomie qui émerge dans l'entre-deux-guerres. De nos jours l'économie applique ce corpus à l'analyse et à la gestion de nombreuses organisations humaines (puissance publique, entreprises privées, coopératives etc.) et de certains domaines : international, finance, développement des pays, environnement, marché du travail, culture, agriculture, etc.


NAVIGATION RAPIDE : » Index » ECONOMIE » economie générale

Une politique contre l'inflation

Une politique contre l'inflation : Economie Générale


Ce document interne, et très critique sur certains points, souligne les hésitations de la politique financière au début du septennat. Il développe, comme j'avais pu le confirmer lors de ma participation A  la silisation de 1948 après le premier bilan national, et plus discrètement A  celle de 1958, grace A  l'ouverture d'esprit de Jacques Rueff, ma conction profonde qu'on peut arrASter l'inflation par d'autres voies que celles qui aggravent le chômage.



Un échec de la politique économique franA§aise serait un désastre pour le monde : il renforcerait par contre-coup la croyance au monétarisme. On ne peut nier l'effet sur l'inflation de cette réponse A  la Reagan ou A  la Thatcher : l'illusion est que les taux d'intérASt ou la restriction monétaire agissent directement sur les prix ; ils ne le font qu'A  travers la réduction de l'investissement et de la construction, la baisse de la production industrielle, l'aggravation du chômage ; de sorte qu'A  la moindre reprise, les prix repartiraient comme avant. Le pire est que ces théories cherchent maintenant la baisse du salaire réel, comme un moyen d'accroitre les profits et de faciliter l'investissement ; l'expérience montre que l'investissement s'affaiblira encore davantage faute de demande ; la consommation interne s'effondrant, la pression A  l'exportation accroit les déséquilibres mondiaux ; cette déflation compétitive n'est que le retour aux pires erreurs des années 30.
Dans l'analyse d'une situation économique, deux confusions sont A  éter.
Mesurer le chômage par l'accroissement en pourcentage, c'est aboutir A  ce que l'aggravation apparaisse d'autant plus faible que le niveau déjA  atteint est plus élevé. Ce sont les chiffres qui comptent.
Mesurer l'inflation par la hausse de l'indicé global, c'est oublier qu'il y a au moins trois composantes A  distinguer dans les prix : la composante extérieure, c'est-A -dire les variations, pour quelque cause que ce soit, des prix d'importation ; l'effet des décisions sur les impôts indirects ou les cotisations sociales ; enfin la composante interne pure, c'est-A -dire le mouvement des prix de la valeur ajoutée nationale : c'est elle qu'il faut prendre en compte.


Deux conceptions de l'inflation s'opposent.

L'une en fait un phénomène purement monétaire : l'accroissement de la masse de monnaie se retrouve dans la hausse des prix. Milton Friedman, qui a remis cette idée A  la mode, est meilleur politique qu'économiste. En proposant de supprimer toutes les interventions gouvernementales, sauf sur la quantité de monnaie, il plait aux hommes d'affaires, que cette idéologie ne détourne pas pour autant de réclamer des aides de l'état alors qu'il les refuserait A  tout risque ; en exonérant les salaires de tout effet sur les prix, il séduit les syndicats. La théorie n'est pas soutenue par les faits : il faudrait que la montée de la masse monétaire précède toujours l'accroissement de la valeur de la production ; or elle la suit aussi bien ; il ne reste qu'A  introduire les anticipations pour que ce qui ent après redeenne la cause ; et de mASme pour les salaires : s'ils montent avant les prix, c'est seulement qu'ils les anticipent. A€ ce jeu, on est toujours gagnant. Seulement on n'a rien prouvé: Les économistes les plus conservateurs soulignent la supercherie d'une théorie qui, dans l'accroissement de la production en valeur, n'a jamais été capable d'expliquer comment se répartissent l'effet volume et l'effet prix. Et toutes les expériences d'application, que ce soit dans les pays industrialisés ou des pays en développement, ont toujours été catastrophiques.
L'autre conception regarde tout simplement les faits. Le détonateur d'un mouvement d'inflation peut en plein emploi tenir A  un excès de demande, si le crédit est trop largement distribué, et le déficit budgétaire n'est pas couvert par une épargne longue. Les chocs peuvent provenir d'une hausse des prix des approsionnements importés, d'une mauvaise récolte, de hausses abusives de certains secteurs reposant sur des ententes ou disposant d'un pouvoir de monopole, d'une aggravation des impôts indirects qui n'est pas acceptée comme une réduction inéle du revenu réel. Toutes ces causes-lA  nous les avons connues. L'effet direct en est toujours limité. Mais A  partir de lA  se déclanche le mouvement de la spirale. D'autant qu'aucun gouvernement n'explique clairement que ce qui constitue une perte réelle ne peut en aucune mesure AStre compensé par des relèvements de revenu nominal. Giscard d'Estaing soutenait que ce serait un miracle de maintenir le pouvoir d'achat quand la flambée du pétrole appauvrissait la France. Il fallait dire plus clairement que la perte ne pouvait AStre compensée que par un accroissement de la production intérieure, qui permettait mASme, si elle dépassait le manque A  gagner, une amélioration du pouvoir d'achat. Les freinages aveugles n'ont réli un équilibre extérieur prosoire que par l'arrASt de l'investissement et l'accélération du chômage.
La spirale, ce sont les ajustements successifs et sans fin, de prix A  d'autres prix, des prix industriels A  ceux du pétrole, des prix agricoles A  ceux de l'industrie, des salaires aux uns et aux autres, des loyers aux coûts de la construction, des revenus aux loyers. Ainsi s'explique qu'il soit si difficile de réduire le taux d'inflation une fois qu'il est lancé : il y a toujours quelque secteur qui fait valoir un retard A  rattraper. A€ ce jeu de dupes, tout le monde perd : on se retrouve avec la mASme répartition après 15 % de hausse, sauf les plus-values réelles des uns sur des valeurs refuges, les pertes des épargnants sur les dépôts ou les titres A  revenus fixes.


Le phénomène est aggravé par un facteur structurel : nous ne vons pas en France dans un marché de concurrence, où les prix seraient ramenés aux coûts. Les économistes ont étudié depuis longtemps les formes intermédiaires entre la concurrence et le monopole où chacun ajoute A  .son prix de reent des marges en pourcentage, et dispose d'un espace de manœuvre pour remonter ses prix en fonction des autres prix, mASme si ses propres éléments d'exploitation ou sa productité retirent toute justification A  cet alignement.
Ces réalités directement observables expliquent très simplement qu'au rebours des dépressions passées, cette crise couple le chômage et l'inflation. La courbe de Philips, qui mettait en édence une montée des salaires d'autant moins forte que l'emploi était plus réduit, donnait du mASme coup A  penser que le prix A  payer plus une plus forte expansion était un certain degré d'inflation. Elle a cessé de jouer : les salaires sont devenus une variable indépendante, leur montée nominale se poursuit malgré le chômage, exactement comme les secteurs en difficulté se résignent A  n'importe quelle réduction d'actité plutôt que de baisser les prix.

Ces faits comportent une autre conséquence : l'inflation s'arrASte rapidement, en coupant court A  la spirale, ou ne s'arrASte pas. Le gradualisme n'a de sens que pour ceux qui restent imprégnés de monétarisme : si l'on croit que le maniement de la masse de monnaie agit directement sur les prix, il est cohérent de penser qu'un freinage graduel de l'émission réduirait le taux de hausse. Cet effet graduel n'a été constaté nulle part. Affirmer qu'on ramènera la hausse de 14 A  12, puis l'année suivante A  10, puis A  8, pour retrouver A  6 le taux des bons élèves de la classe, n'a guère de sens faute d'instruments. Toutes les expériences passées en France, et toutes les expériences étrangères montrent que la décélération est rapide si elle doit AStre efficace, que tout ralentissement limité se reperd et au-delA  A  bref délai. L'inflation a été ramenée de 45 % A  moins de 3 % en 18 mois en 1948, de 15 A  6 plus rapidement encore en 1959, et, avec des procédés tout différents, la chute a été brutale au Japon et en Amérique. A€ quoi on objecte qu'il y a toujours des perdants : ainsi 1959 est la seule année de cette période où les salaires réels n'ont pas monté. C'est affaire de choix politique : les faveurs allaient aux autres ; en 1948, un prélèvement direct massif sur les non-salariés a permis une hausse modérée des salaires nominaux, une hausse des salaires réels. Au pouvoir socialiste de mettre A  l'abri les travailleurs. On objecte aussi qu'il y a tant d'endettement A  taux fixe, l'état, les collectités locales, les entreprises, les ménages, qu'un ralentissement brutal A  la hausse des prix provoquerait une catastrophe. La difficulté est réelle, mais elle comporte une autre réponse. Il n'est pas mASme nécessaire de prévoir des conversions obligatoires pour réduire des taux d'intérASt qu'une hausse des prix réduite cesserait de justifier. Il suffit d'annuler les clauses par lesquelles les prASteurs s'opposent A  des remboursements anticipés pour prolonger l'avantage des taux les plus hauts. En d'autres termes il suffit d'autoriser les conversions. Ceux qui ont emprunté A  8 ou mASme A  6 % cesseront de bénéficier d'une rente indue. Ceux qui ont payé 17 ou 22 % pourront chez les mASmes ou chez d'autres trouver les moyens de substituer de nouvelles conditions aux précédentes.
A la spirale, il n'y a qu'une issue : la concertation qui assure des ajustements réciproques et simultanés. C'est la méthode autrichienne, qui a prouvé la possibilité de concilier un très bas taux de hausse et un très bas taux de chômage. C'était l'objet des conférences du Palais Royal sous la IVe République, dont on a trop oublié qu'elles valaient des périodes de près de trois ans de silité. Le principe, c'est de réunir tous les intéressés autour d'une mASme le, de présenter l'accroissement prévu des ressources réelles, c'est-A -dire la production moins les prélèvements que peuvent entrainer des hausses sur les approsonnements importés, et de discuter comment il sera réparti. Ce qui va A  des transferts sociaux accrus ne peut en mASme temps AStre donné en salaire direct disponible ; la part de l'investissement ne va pas sans une épargne de l'Etat, une épargne des entreprises, une épargne des ménages ; s'il faut un rattrae des prix agricoles, les marges de distribution doivent AStre tenues en l'état sous peine de réduire la demande alimentaire et le revenu agricole lui-mASme, et ainsi de suite. On étera de parler de politique des revenus : elle n'a jamais été qu'une politique déguisée des salaires. Une politique de la répartition suppose des moyens indirects de limiter les autres revenus nominaux : on ne se passe pas d'une fiscalité bien ajustée. A€ cette médiode, la tradition de la politique contractuelle a conduit A  préférer le dialogue séparé avec les différents interlocuteurs : au lieu de freiner les demandes des uns par les demandes des autres, c'était institutionnaliser l'échelle de perroquet. Dans le domaine fiscal, presque rien n'a été fait pour combler l'extravagant manque A  gagner qu'entraine l'évasion, pour opérer une reprise sur la fraude qui serait le moyen légitime et adapté d'abaisser les taux. Et très peu de choses pour concilier un encouragement équile et efficace A  l'épargne et une taxation des éléments de fortune qui ne tiennent pas A  l'effort, c'est-A -dire les plus-values et les gros héritages, surtout ceux qui bénéficient A  des gens déjA  fortunés.


Il faut aller au bout de l'explication publique : c'est en faisant sauter le verrou de l'inflation qu'on pourra exploiter A  plein les marges d'accroissement de la production. Faute d'une attaque directe contre la spirale, on ne dispose que d'un instrument pour deux objectifs : dans la relance on cherche A  éter A  la fois le trop et le trop peu ; ce langage déjA  entendu cache mal qu'on manque A  la fois l'emploi et la silité. L'expansion n'est pas l'inflation, tout au contraire : elle permet de mettre au jour les progrès de productité que la stagnation étouffe, d'abaisser les coûts par de plus grandes séries et l'étalement des frais fixes, de diminuer la charge d'un chômage qui exige des dépenses et réduit les bases des impôts et des cotisations.
Dans la spirale, la politique agricole a sa part. Il est paradoxal qu'un gouvernement confronté A  l'inflation considère comme une ctoire d'obtenir A  Bruxelles les relèvements les plus forts. On se laisse entrainer A  confondre les revenus agricoles et les prix. On se laisse convaincre qu'au rebours d'une aide directe aux revenus le soutien des prix n'est pas une subvention : c'est la plus coûteuse et la plus aveugle puisqu'elle profite aux exploitants A  proportion qu'ils sont plus gros producteurs ; et le citoyen paie deux fois, puisqu'il concourt comme contribuable A  la résorption des excédents qui l'amène A  payer des prix d'autant plus élevés comme consommateur. Le gouvernement serait dans une meilleure position de négociation s'il publiait certains chiffres. A€ force d'aides directes, d'impôts dérisoires, de détaxations, de financement A  80 % des prestations sociales agricoles par des dotations budgétaires, des prélèvements sur le régime général des salariés, et des affectations de recettes, des bonifications qui ramènent les taux d'intérASt A  des niveaux incroyablement bas, il semble que ce soient les transferts publics qui assurent les deux tiers du revenu agricole. Il n'est pas question de négliger le soutien des revenus dans ce secteur : c'est A  la fois une exigence d'équité et une contribution A  la demande globale. Mais comment peut-on accepter de discuter sur des chiffres dont la marge d'erreur est aussi forte, comme l'évolution de la production en valeur et celle des entrées de fournitures nécessaires A  la production ? Dans un secteur où les tailles d'exploitations et les revenus sont les plus inégaux, les moyennes n'ont pas de sens. Cette technique aboutit A  relever les revenus d'autant plus qu'ils sont plus élevés, tant que dans les exploitations les plus favorisées le prix de vente représente un multiple du prix de reent. Deux issues s'offrent : les quantums, où les prix garantis ne s'appliquent qu'A  des quantités égales par exploitation ou par personne active, et qui assurent un revenu décent, le reste étant payé A  un prix décroissant et finalement A  ce qu'offre un marché libre ; ou des baisses sur les produits en excédent, compensées par des subventions calculées de telle sorte qu'elles relèvent les petits revenus mais ne maintiennent pas les plus considérables. Plutôt que de s'attaquer de front A  la F.N.S.E.A., cette discrimination entre ceux qui ont besoin d'AStre aidés, qui représentent la masse des producteurs mais non la masse de la production, et ceux dont les revenus sont parmi les plus gros dans le pays, saperait les bases de la politique de cette organisation qui met en avant les petits pour accroitre la rente des gros. La répartition concertée trouvera ici l'une de ses plus claires applications.
De son côté, l'absence de concurrence authentique appelle un contre-pouvoir. Le contrôle des prix ne se confond ni avec le blocage ni avec une action administrative. Les seules opérations générales qui se soient révélées efficaces ont été, non les blocages, mais les baisses autoritaires : sans doute en 1975, quand la hausse du pétrole avait été absorbée, aurait-ce été le moment d'en pratiquer une, capable de renverser effectivement les anticipations inflationnistes ; et une baisse des prix avec maintien des salaires est une hausse de salaire réel qui contribue A  la relance. Ce que perd le fournisseur, il le retrouve comme acheteur, si bien que les profits sont beaucoup moins écornés qu'il n'y paraitrait en surface. Mais avec le haut niveau du dollar, ce n'est pas une opération qui puisse AStre ensagée aujourd'hui. Les blocages, qui ent les relations de prix, se heurtent aussi aux difficultés de sortie : l'expérience montre A  chaque fois qu'on ne recule que pour mieux sauter. Et l'anticipation d'un blocage est encore pire : les opérateurs se hatent d'atteindre le niveau le plus élevé auquel ils craignent d'AStre stoppés.

C'est dire les marges de manœuvre dont ils disposent pour déterminer leurs prix. LA  où la concurrence ne fonctionne pas, la liberté n'a pas de justification de principe. Ce n'est pas A  dire qu'un contrôle général doive AStre réli. Sans doute existait-il du temps où l'économie connaissait une forte croissance, et il n'y a pas fait obstacle. Il n'empASche qu'il portait plus aisément sur les industries de base que sur les ventes aux consommateurs, et qu'il distordait les capacités d'investissement. Des interventions ponctuelles sont beaucoup plus appropriées : par contagion, elles limitent les prix d'autres produits et dépassent ainsi leur point d'application. Le départage n'est pas A  opérer entre l'industrie et les serces, au nom de la concurrence extérieure A  laquelle la première serait soumise ou des besoins d'investissement qui y sont prioritaires. C'est le degré de monopole qui doit AStre le critère. Les milieux d'affaires peuvent admirer la gestion bénéficiaire de l'industrie du ciment, qui a pu prendre pied en force en Amérique du Nord et diversifier ses actités. Cette situation prospère émane d'une hausse massive quand les prix ont été libérés : quelle secousse pour l'économie, où l'indice des coûts de construction a fait un bond, avec lui les loyers, et cette inflation sectorielle a relancé l'inflation gASnérale. Dans l'autofinancement une distinction capitale est A  tracer. Dans les secteurs en concurrence , les profits relèvent d'une meilleure organisation : cette rente ne coûte rien aux consommateurs, ni aux travailleurs généralement mieux payés. Dans les secteurs de monopole les marges ne devraient AStre consenties par le contrôle qu'en échange d'engagements d'investissement : des taxations interendraient en cas de manquement.


Dans les secteurs plus diffus, les contrôles publics sont impuissants. Et pourtant le petit commerce est loin d'offrir l'image de la concurrence classique. A telle enseigne que les créations nouvelles se situent dans les secteurs où la production est en crise, fruits et légumes, habillement : ceci n'est pas indépendant de cela ; les coûts accrus de distribution réduisent la demande. Les taux de marque ou les coefficients multiplicateurs ésectiunent la concurrence par les prix. L'avantage des boutiques est le temps qu'elles gagnent par la proximité et l'absence de queue devant les caisses, si toutefois elles disposent d'un assortiment suffisant. Leur vocation, c'est la spécialité et le serce. Mais leur tendance, c'est de se différencier par la présentation et l'emplacement. Le client croit acheter un produit, il achète un loyer et une trine. Seule l'information peut combattre l'abus. Les organisations de consommateurs, trop nombreuses et d'autant moins représentatives, se perdent en querelles entre elles, Plutôt que des enquAStes minutieuses sur des points minuscules, l'institut de la consommation et les observatoires de prix feraient mieux de diffuser sur les médias des indications simples, frappantes, immédiatement contrôlables et exploiles : les lieux où s'obtiennent les prix les plus bas pour un mASme article, les marges entre prix de gros et de détail, par exemple dans le vAStement, les baisses A  la production qui ne sont pas répercutées au détail, sur la ande A  certains moments, le cacao, où l'argent-métal contenu dans les pellicules photographiques, les prix au détail des produits importés dans leur pays d'origine, les prix A  la production pour certaines denrées alimentaires, des aisons entre les hausses des restaurants et celles de l'alimentation. Aux consommateurs de savoir réagir, de réfléchir A  leurs choix, le cas échéant d'organiser des boycotts A  la manière des Américains. Ce contrôle serait singulièrement plus étendu et plus efficace que celui des agents d'état.
Au total l'arrASt de l'inflation est aujourd'hui A  la fois plus facile et plus difficile que dans les expériences passées. Plus facile, parce que la rigueur des équilibres n'est pas la mASme, quand il y a tant de travailleurs et de capacités inemployés, qu'en plein emploi et A  pleine utilisation : une marge de demande accrue en termes réels doit pouvoir AStre couverte par un progrès de production. Mais l'imbrication plus étroite de l'économie franA§aise dans l'économie mondiale oblige A  surveiller de plus près la balance des paiements. C'est pourquoi on avait recommandé que les premières hausses de revenus fussent étalées, les échéances se succédant A  cadence rapide, cependant que toutes les informations auraient été diffusées sur les produits sur lesquels avait des chances de se porter la demande populaire accrue ; l'augmentation de pouvoir d'achat et l'effet de relance auraient été d'autant plus forts, la répercussion sur l'importation plus réduite.
Il subsiste tant d'injustices et d'inefficacités dans l'organisation de la production, dans la politique agricole, dans la fiscalité, dans la sécurité sociale, que le gouvernement, A  la condition d'en saisir clairement l'opinion, pourra pouruivre sans discontinuer un programme de réformes. La droite après sa défaite tentait de décourager le pays en annonA§ant que le nouveau pouvoir n'aurait bientôt le choix qu'entre le retour en arrière et la radicalisation, entendant par lA  sans doute davantage de contrôles. Il ne doit s'agir ni de l'un ni de l'autre, mais de la cohérence entre les objectifs et les moyens, entre les changements et les financements. Ni infléchissement, ni ralentissement : renforcement.
Allier la profondeur de la transformation et l'adéquation des techniques, c'est la condition du succès. Les objectifs, croissance, emploi, réduction des inégalités, décisions au plus près des citoyens, relations plus humaines, développement de la culture doivent continuer de mobiliser le pays. Une action tendue vers de telles fins, et vers les catégories en faveur desquelles elle corrigera les injustices, ne peut recourir aux mASmes techniques dont usait une orientation tout opposée. Les moyens ont été clairement conA§us de concilier l'équité dans l'impôt et l'impulsion A  l'investissement, la réduction des inégalités et l'encouragement de l'épargne, la croissance et l'équilibre extérieur. Que les socialistes prennent pour dese ce que Paul Henri Spaak disait de l'un d'entre eux : mettre des mécanismes efficaces au serce d'un idéal politique.





Privacy - Conditions d'utilisation




Copyright © 2011- 2023 : IPeut.com - Tous droits réservés.
Toute reproduction partielle ou complète des documents publiés sur ce site est interdite. Contacter