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MANAGEMENT

Le management ou la gestion est au premier chef : l'ensemble des techniques d'organisation des ressources mises en ouvre dans le cadre de l'administration d'une entité, dont l'art de diriger des hommes, afin d'obtenir une performance satisfaisante. Dans un souci d'optimisation, le périmètre de référence s'est constamment élargi. La problématique du management s'efforce - dans un souci d'optimisation et d'harmonisation- d'intègrer l'impact de dimensions nouvelles sur les prises de décision de gestion.


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La définition du revenu, de l'épargne et de l'investissement

Le revenu
Durant une période de temps quelconque un entrepreneur vend des produits finis aux consommateurs et aux autres producteurs pour une certaine somme que nous désignerons par A. Il dépense aussi une certaine somme que nous désignerons par A, pour acheter des produits finis aux autres entrepreneurs. Et il parvient A  la fin de la période avec un équipement en capital ayant une valeur G, l'appellation d'équipement comprenant tant ses stocks de produits non finis, i. e. son capital circulant*, que ses stocks de produits finis.
Cependant une partie de la valeur A + G ' Al doit AStre attribuée, non aux activités de la période considérée, mais A  l'équipement en capital que l'entrepreneur possédait au début de la période. Pour obtenir ce que nous considérons comme le revenu de la période courante, il faut donc déduire de la valeur A + G ' A, une certaine somme représentant la partie de cette valeur qu'a contribuée (en un certain sens) l'équipement hérité de la période précédente. Le problème de la définition du revenu sera résolu dès que nous aurons trouvé une méthode satisfaisante pour calculer cette déduction.
Le calcul peut AStre fait A  partir de deux principes différents, ayant chacun une certaine importance, l'un par rapport A  la production, l'autre par rapport A  la consommation. Examinons-les successivement.
1A° ' La valeur effective G de l'équipement en capital A  la fin de la période est le résultat net de deux groupes d'opérations inverses. D'une part l'entrepreneur a entretenu et amélioré son équipement au cours de la période, soit par ses achats A  d'autres entrepreneurs soit par le travail qu'il y a lui-mASme consacré ; de l'autre il a affaibli ou déprécié ledit équipement en l'utilisant pour la production. S'il avait décidé de ne pas utiliser son équipement pour la production, il n'en existerait pas moins une certaine somme optimum qu'il aurait eu avantage A  dépenser pour l'entretenir et l'améliorer. Supposons qu'il eût alors dépensé une somme B ' pour l'entretien et l'amélioration de son équipement et que, s'il avait dépensé cette somme, la valeur de l'équipement eût été G' A  la fin de la période. Autrement dit G' ' B' est la valeur nette maximum qu'il aurait été possible de conserver A  l'équipement provenant de la période antérieure, s'il n'avait pas été utilisé pour produire les richesses A. L'excès de cette valeur potentielle de l'équipement sur G ' A1 est la mesure de ce qui a été sacrifié (d'une faA§on ou d'une autre) pour produire les richesses A. Appelons cette quantité


(G''B') '(G 'A1),

qui mesure le sacrifice de valeur entrainé par la production des richesses A, le coût d'usage de ces richesses et donnons-lui pour symbole U (1). Le montant que l'entrepreneur a payé aux autres facteurs de production en échange de leurs services, montant qui du point de vue de ces facteurs est leur revenu, sera appelé le coût de facteur des richesses A. Et nous appellerons coût premier de la production A la somme du coût de facteur F et du coût d'usage U.
Nous pouvons dès lors définir le revenu (2) de l'entrepreneur comme étant l'excès de la valeur des produits finis qu'il a vendus au cours de la période sur son coût premier. Le revenu de l'entrepreneur ainsi défini est égal en d'autres termes A  la quantité qu'il s'efforce de rendre maximum en faisant varier son échelle de production ; c'est-A -dire A  son profit brut suivant 1 ' acception courante du mot'laquelle s'accorde avec le bon sens. Par suite, comme le revenu du reste de la communauté est égal au coût de facteur de l'entrepreneur, le revenu global est égal A  A ' U.
Le revenu, défini de la sorte, est une quantité totalement exempte d'ambiguïté. De plus, puisque l'entrepreneur, lorsqu'il fixe le volume de l'emploi A  offrir aux autres facteurs de production, cherche A  rendre maximum la différence présumée entre cette quantité et les paiements A  faire aux autres facteurs, c'est ladite quantité qui présente une importance causale pour l'emploi.
Bien entendu on peut concevoir que G ' A, soit supérieur A  G' - B', et que par suite le coût d'usage soit négatif. Tel pourrait bien AStre le cas si l'on se trouvait choisir une période où le flux entrant ait augmenté sans que la production supplémentaire ait eu le temps d'atteindre le stade de l'achèvement et de la vente. Tel sera aussi le cas chaque fois qu'il y aura un investissement positif, si on suppose une industrie assez intégrée pour que les entrepreneurs produisent eux-mASmes la majeure partie de leur équipement. Toutefois, puisque le coût d'usage ne peut AStre négatif que lorsque l'entrepreneur augmente son équipement par son propre travail, on peut penser que le coût d'usage est normalement positif dans une économie où l'équipement est en majeure partie fabriqué par des entreprises différentes de celles qui l'utilisent. En outre il est difficile d'imaginer un cas où le coût d'usage marginal correspondant A  un accroissement de A, c 'est-A -dire dU/dA, soit autre que positif.
Peut-AStre sera-t-il commode d'indiquer ici, en anticipant la dernière partie du chapitre, que pour la communauté dans son ensemble la consommation globale (C) de la période est égale A  X(A ' A,)et l'investissement global (I) A  SUM(A1 ' U). De plus U est le désinves-tissement,et' U l'investissement, réalisé par l'entrepreneur individuel dans son propre équipement, A  l'exclusion de ce qu'il achète aux autres entrepreneurs. Dans un système complètement intégré (où A1 = O) la consommation est égale A  A et l'investissement A  ' U, c'est-A -dire A  G ' (G' ' B'). La légère complication due A  l'introduction de A, est uniquement motivée par le souci d'adopter une méthode applicable au cas le plus général d'un système de production non intégré.
Ajoutons que la demande effective est simplement le revenu global (ou le - produit -), y compris les revenus destinés aux autres facteurs de production, que les entrepreneurs espèrent tirer du volume d'emploi courant qu 'ils décident de donner. La fonction de la demande globale relie les divers volumes potentiels de l'emploi aux - produits - que les volumes de production correspondants sont estimés devoir rapporter ; la demande effective est la valeur de la fonction de la demande globale qui devient une réalité parce que, compte tenu des conditions de l'offre, elle correspond au niveau de l'emploi qui porte A  son maximum l'espoir de profit des entrepreneurs.
Ce groupe de définitions a encore l'avantage de permettre qu'on égale le produit* (ou le revenu) marginal au coût de facteur marginal ; et de conduire ainsi A  des propositions unissant le produit marginal tel qu'il a été défini aux coûts de facteurs marginaux du mASme genre que celles formulées par les économistes qui, ignorant le coût d'usage ou le supposant égal A  zéro, égalaient le prix d'offre (I) au coût de facteur marginal (2).
2A° ' Venons-en maintenant au second des principes mentionnés plus haut Nous ne nous sommes occupés jusqu'ici que des variations de valeur de l'équipement entre le début et la fin de la période qui résultent des décisions volontaires prises par l'entrepreneur en vue de rendre son profit maximum. Or il peut se produire, en outre, une perte (ou un gain) involontaire dans la valeur de l'équipement pour des raisons qui échappent A  son contrôle et sont indépendantes de ses décisions courantes, du fait, par exemple, d'un changement des valeurs de marché ou d'une dépréciation causée par la désuétude ou par la simple action du temps, ou encore d'une destruction résultant de catastrophes comme une guerre ou un tremblement de terre. Une partie de ces pertes involontaires, tout en étant inéviles, ne sont pas imprévues au sens large du mot ; tel est le cas des pertes dues A  l'action du temps indépendamment de l'utilisation de l'équipement ; tel est encore le cas des pertes qui proviennent d'une désuétude - normale -, c'est-A -dire, suivant la formule du Professeur Pigou, des pertes - assez régulières pour AStre prévues sinon en détail du moins en gros -, y compris, pourrions-nous ajouter, les pertes qui, dans la communauté tout entière, sont assez régulières pour AStre habituellement considérées comme des - risques assurables -. Négligeons pour l'instant le fait que le montant de la perte prévue varie suivant l'époque A  laquelle on suppose que la prévision est formée. Nous appellerons coût supplémentaire la dépréciation involontaire mais non imprévue de l'équipement, c'est-A -dire l'excès de la dépréciation attendue sur le coût d'usage, et nous représenterons cette quantité par V. Sans doute est-il A  peine nécessaire de signaler que cette définition n'est pas la mASme que celle du coût supplémentaire de Marshall, encore qu'elle s'inspire du mASme souci de ne pas négliger la partie de la dépréciation attendue qui n'entre pas dans le coût premier*.
Par suite, lorsqu 'on calcule le revenu net et le profit net de l'entrepreneur, il est d'usage de retrancher de son revenu et de son profit brut tels qu'ils ont été définis le montant estimé du coût supplémentaire. Car l'effet psychologique produit par le coût supplémentaire sur l'entrepreneur, quand il examine ce qu'il lui est loisible de dépenser ou d'épargner, est virtuellement le mASme que si ce coût venait en déduction de son profit brut. En tant que producteur décidant s'il utilisera ou non l'équipement, le coût premier et le profit brut tels qu'ils ont été définis sont les concepts qui comptent. Mais, en tant que consommateur, il subit l'action subjective du coût supplémentaire dans les mASmes conditions que si ce coût faisait partie du coût premier. Par suite nous ne nous approchons pas seulement le plus possible de l'usage courant mais nous arrivons encore A  un concept qui intéresse le montant de la consommation, lorsque, en définissant le revenu net global, nous retranchons le coût supplémentaire aussi bien que le coût d'usage, de telle sorte que le revenu net global soit égal A  A ' U ' V.
Restent les variations de valeur de l'équipement dues A  des changements imprévus dans les valeurs de marché, A  une désuétude exceptionnellement rapide ou encore A  des destructions résultant de catastrophes. Ces variations de valeur sont A  la fois involontaires et imprévues, au sens large du mot. La perte effective subie de ce chef, dont nous ne tenons pas compte mASme dans le calcul du revenu net et que nous imputons au compte capital, sera appelée la perte imprévisible.
L'importance causale du revenu net réside dans l'influence qu'exerce la valeur de V sur le montant de la consommation courante, carie revenu net est ce que l'homme ordinaire est supposé considérer comme son revenu disponible lorsqu'il décide combien il dépensera pour sa consommation courante. Sans doute n'a-t-il pas seulement ce facteur en vue lorsqu'il fixe le montant de sa dépense, n attache, par exemple, une grande importance au gain ou A  la perte imprévisible qu'il réalise au compte capital, n y a pourtant une différence entre le coût supplémentaire et la perte imprévisible, c'est que les variations du coût supplémentaire affectent l'homme ordinaire exactement comme les variations de son profit brut. C'est l'excès du - produit - de la vente de la production courante sur la somme du coût premier et du coût supplémentaire qui gouverne la consommation des entrepreneurs ; la perte (ou le gain) imprévisible intervient elle aussi dans leurs décisions, mais elle n'a pas le mASme poids ; une perte imprévisible d'un montant déterminé ne produit pas le mASme effet qu'un coût supplémentaire d'importance égale
Toutefois entre les coûts supplémentaires et les pertes imprévisibles, c'est-A -dire entre les pertes inéviles qu'il nous parait normal de débiter au compte revenu et celles qu'il est raisonnable de considérer comme une perte (ou un gain) imprévisible, impule au compte capital, la ligne de séparation, il faut y revenir, est en partie conventionnelle et psychologique ; elle dépend des critères communément adoptés pour estimer les coûts supplémentaires. Car on ne peut assigner un principe unique aux estimations du coût supplémentaire ; et le montant de ce coût dépend de la méthode de calcul choisie. La valeur prévue du coût supplémentaire quand l'équipement a été produit originairement est une quantité définie. Mais si elle est réestimée plus tard, le montant correspondant au reste de la vie de l'équipement peut avoir varié en raison d'un changement de nos prévisions dans l'intervalle, la perte imprévisible de capital étant la valeur actuelle de la différence entre les séries attendues de U + V dans la prévision originelle et dans la prévision révisée. C'est un principe de compilité commerciale largement admis et sanctionné par les autorités fiscales (1) de fixer A  un certain chiffre au moment où l'on acquiert l'équipement la somme du coût supplémentaire et du coût d'usage, puis de maintenir cette somme au mASme chiffre pendant toute la vie de l'équipement quels que soient les changements ultérieurs dans la prévision. Dans ce cas l'on considérera comme coût supplémentaire correspondant A  une période quelconque l'excès du chiffre fixé A  l'avance sur le coût d'usage réel. L'avantage de cette méthode est d'assurer que durant la vie de l'équipement considérée dans son ensemble le gain ou la perte imprévisible est nul. Mais il est raisonnable également dans certaines circonstances de refaire A  un intervalle comple arbitrairement choisi, par exemple tous les ans, le calcul de la déduction correspondant au coût supplémentaire sur la base des valeurs et des prévisions courantes. En fait, les hommes d'affaires sont divisés au sujet de la méthode A  adopter, n sera commode d'appeler coût supplémentaire fondamental la prévision de coût supplémentaire faite quand l'équipement est d'abord acquis, et coût supplémentaire courant la mASme quantité rajustée A  toute autre époque sur la base des valeurs et des prévisions courantes
La définition du coût supplémentaire la plus proche d'une définition quantitative A  laquelle nous puissions parvenir est donc qu'il comprend les déductions qu'un entrepreneur type fait subir A  son revenu avant de calculer ce qu'il considère comme son revenu net lorsqu'il déclare un dividende (s'il s'agit d'une société) ou lorsqu'il fixe le montant de sa consommation courante (s'il s'agit d'un individu). Puisque les charges imprévisibles du compte capital ne seront pas perdues de vue, il est préférable, en cas de doute, d'imputer un article A  ce compte et de ne ranger dans le coût supplémentaire que les articles qui en font manifestement partie. On peut en effet corriger des imputations excessives au compte capital en attribuant A  ce compte plus d'influence sur le montant de la consommation courante qu'il n'en aurait autrement.
On constatera que notre définition du revenu net est très voisine de celle du revenu donnée par Marshall lorsqu'il décide de s'en rapporter aux errements des commissaires de l'impôt sur le revenu (1). et, en bref, de considérer comme revenu tout ce que ces commissaires A  la lumière de leur expérience jugent devoir AStre traité comme tel. Leur jurisprudence peut AStre considérée en effet comme le résultat des recherches les plus attentives et les plus étendues dont on dispose pour savoir ce que dans la pratique on considère habituellement comme le revenu net. Notre revenu net correspond aussi A  la valeur nominale du Dividende National du Professeur Pigou selon sa définition la plus récente (I).
Il n'en reste pas moins que le revenu net n'est pas une notion bien tranchée ; elle repose sur un critère équivoque que des autorités différentes peuvent interpréter chacune A  sa manière. Le Professeur Hayek, par exemple, a suggéré qu'un individu, propriétaire de biens capitaux, peut chercher A  maintenir constant le revenu qu 'il en tire, de telle manière qu'il ne se sente pas libre de dépenser son revenu pour la consommation avant d'avoir mis de côté une somme suffisante pour compenser toute tendance du revenu de son capital A  baisser pour une raison quelconque (2). Nous doutons s'il existe un pareil individu ; en tout cas il est clair que l'emploi d'une telle conception comme critère psychologique possible du revenu net ne soulève pas d'objection d'ordre théorique. En revanche lorsque le Professeur Hayek indique que les concepts d'épargne et d'investissement sont de ce fait entachés d'imprécision, il n'a raison que dans la mesure où il parle d'épargne nette et d'investissement net. Les notions d'épargne et d'investissement, qui interviennent dans la théorie de l'emploi, sont exemptes de ce défaut et admettent, nous l'avons montré précédemment, une définition objective.
C'est donc une erreur d'appeler toute l'attention sur le revenu net, lequel n'intéresse que les décisions relatives A  la consommation et qu'en outre une ligne imprécise sépare seule de plusieurs autres facteurs affectant la consommation, et de négliger (comme on a coutume de le faire) le concept du revenu proprement dit, lequel est le concept intervenant dans les décisions relatives A  la production courante et qui est exempt de toute ambiguïté.
Les définitions du revenu et du revenu net qui précèdent ont été A  dessein ajustées aussi étroitement que possible A  l'usage courant. Il faut donc rappeler tout de suite au lecteur que dans le Treatise on Money nous avons défini le revenu en un sens spécial. La particularité de notre ancienne définition était relative A  la fraction du revenu global qui échoit aux entrepreneurs, car nous n'envisagions alors ni le profit (brut ou net) effectivement laissé par leurs opérations courantes ni le profit qu'ils espéraient lorsqu'ils avaient décidé de commencer leurs opérations courantes, mais dans un certain sens (qui nous parait maintenant insuffisamment défini lorsqu 'on tient compte des variations possibles de l'échelle de production) un profit normal ou compatible avec l'équilibre ; dans le cadre de cette définition, l'épargne était supérieure A  l'investissement d'une quantité égale A  l'excès du profit normal sur le profit réel. Nous craignons que cette acception du mot revenu n'ait causé beaucoup de confusion, et plus encore l'acception corrélative du mot épargne ; car certaines de nos conclusions (notamment celles qui concernent l'excès de l'épargne sur l'investissement), qui n'étaient valables qu'A  condition d'interpréter les termes utilisés dans notre sens spécial, ont été souvent adoptées dans des discussions populaires où les termes étaient employés dans leur sens usuel. Pour cette raison et aussi parce que les termes dont nous nous servions ne sont plus indispensables A  l'expression exacte de notre pensée, nous avons résolu de les abandonner en regrettant vivement la confusion qu'ils ont pu causer.

L'épargne et l'investissement
Dans le tourbillon des acceptions divergentes, il est agréable de découir un point fixe. Autant que nous sachions, personne ne conteste que l'épargne soit l'excès du revenu sur la dépense pour la consommation. Les seules hésitations possibles au sujet de la signification du mot épargne sont donc celles qui ont pour origine soit le sens du mot revenu soit le sens du mot consommation. Nous avons déjA  défini le revenu. Quant A  la dépense pour la consommation pendant une période quelconque, elle ne peut AStre que la valeur des biens vendus aux consommateurs pendant cette période, ce qui nous ramène A  la question de savoir ce qu'il faut entendre par acheteur pour la consommation. Toute définition raisonnable de la ligne qui sépare 1 'acheteur pour la consommation de l'acheteur pour l'investissement nous rendra les mASmes services pourvu qu'elle soit appliquée d'une faA§on cohérente. On a souvent discuté le type de problème que ceci peut poser, celui par exemple de savoir s'il est légitime de considérer l'achat d'une automobile comme un achat pour la consommation et l'achat d'une maison comme un achat pour l'investissement. Nous n'avons aucune contribution importante A  apporter A  ce débat. Le critère doit évidemment correspondre au point où nous avons tracé la ligne de séparation entre le consommateur et l'entrepreneur. Ainsi quand en définissant A, nous avons dit que cette quantité était la valeur de ce qu'un entrepreneur achetait A  un autre entrepreneur, nous avons implicitement résolu le problème. Il s'ensuit que la dépense pour la consommation peut AStre définie sans ambiguïté SUM(A ' A1), où SUM A représente le total des ventes faites pendant la période et SUM A1 le total des ventes faites par un entrepreneur A  un autre entrepreneur. Dans les es qui suivent il sera généralement commode d'omettre SUM et de désigner par A les ventes globales de toute espèce, par A, les ventes globales que les entrepreneurs se font entre eux et par U les coûts d'usage globaux des entrepreneurs.
Le revenu et la consommation se trouvant maintenant définis, la définition de l'épargne, qui est l'excès du revenu sur la consommation, se déduit naturellement de leurs définitions. Puisque le revenu est égal A  A ' U et la consommation A  A ' A1, il s'ensuit que l'épargne est égale A  A, ' U. De mASme l'épargne nette, qui est l'excès du revenu net sur la consommation, est égale A  A1 ' U' V.
Notre définition du revenu conduit immédiatement A  celle de l'investissement courant. Cette quantité ne peut AStre en effet que l'addition A  la valeur de l'équipement résultant de l'activité productrice de la période. Il est clair qu'elle est égale A  ce qui vient d'AStre défini sous le nom d'épargne. Car elle représente la partie du revenu de la période qui n'a pas été absorbée par la consommation. Comme nous l'avons vu précédemment, le résultat des opérations productives d'une période quelconque est que les entrepreneurs, compte tenu des achats Al qu'ils se font mutuellement, arrivent A  la fin de la période en ayant vendu des produits finis d'une valeur A et en conservant un équipement en capital auquel la production et la vente de A ont causé une détérioration mesurée par U (ou une amélioration mesurée par ' U lorsque U est négatif). Durant la mASme période des produits finis ayant une valeur A ' A1 ont été absorbés pour la consommation. L'excès de A ' U sur A ' A1, c'est-A -dire A, ' U, est donc l'addition A  l'équipement en capital qui résulte des activités productrices de la période ; il constitue par conséquent l' investissement de la période. De mASme A1 ' U ' V, c'est-A -dire l'addition nette A  la valeur de l'équipement, une fois déduite la dépréciation normale qui ne résulte ni de sa participation A  la production ni des changements imprévisibles de valeur impules au compte capital, est l'investissement net de la période.
Ainsi, bien que le montant de l'épargne résulte du comportement collectif des consommateurs individuels et le montant de l'investissement du comportement collectif des entrepreneurs individuels, ces deux montants sont nécessairement égaux puisque chacun d'eux est égal A  l'excès du revenu sur la consommation. Et cette conclusion n'est aucunement subordonnée A  quelque subtilité ou particularité de la définition du revenu donnée plus haut Si on admet que le revenu est égal A  la valeur de la production courante, que l'investissement courant est égal A  la partie de la production courante qui n'est pas consommée et que l'épargne est égale A  l'excès du revenu sur la consommation, toutes choses conformes A  la fois au bon sens et A  l'usage traditionnel de la grande majorité des économistes, l'égalité de l'épargne et de l'investissement en découle nécessairement. En résumé :
Revenu = valeur de la production = consommation + investissement épargne = revenu ' consommation Donc, épargne = investissement
Ainsi tout système de définitions qui satisfait aux conditions précédentes conduit A  la mASme conclusion. Il faudrait contester l'exactitude de l'une ou l'autre d'entre elles pour avoir le droit d'ésectiuner la conclusion.
L'équivalence de la quantité d'épargne et de la quantité d'investissement découle du caractère bilatéral des transactions entre le producteur d'une part et le consommateur ou l'acheteur d'équipement d'autre part. Le revenu est créé par l'excès sur le coût d'usage de la valeur que le producteur obtient pour la production qu'il a vendue ; mais la totalité de cette production doit évidemment avoir été vendue soit A  un consommateur soit A  un autre entrepreneur ; et d'autre part l'investissement courant de chaque entrepreneur est égal A  l'excès sur son propre coût d'usage de l'équipement qu'il a acheté A  d'autres entrepreneurs. Par suite, dans la communauté entière, l'excès du revenu sur la consommation que nous appelons épargne ne peut différer de l'addition A  l'équipement que nous appelons investissement. Et il en va de mASme de l'épargne nette et de l'investissement net L'épargne n'est en réalité qu'un reliquat. Les décisions de consommer et les décisions d'investir déterminent conjointement les revenus. Dès lors que les décisions d'investir se réalisent, il est obligatoire qu'en se réalisant elles restreignent la consommation ou accroissent le revenu. Ainsi l'acte d'investissement considéré en soi ne peut pas ne pas déterminer dans ce reliquat ou cette marge que nous appelons épargne un accroissement d'un montant égal.
Il peut arriver, A  la vérité, que les individus soient si obstinés dans leurs décisions relatives aux sommes qu'ils voudraient chacun respectivement épargner et investir qu'il n'y ait pas de prix d'équilibre où les transactions puissent se conclure. Dans ce cas nos propositions cesseraient d'AStre valables, puisque la production n'aurait plus de valeur de marché définie, et les prix ne trouveraient pas de position d'équilibre entre zéro et l'infini. Toutefois l'expérience prouve qu'en fait il n'en est pas ainsi et qu'il existe des habitudes ou des réactions psychologiques permettant d'atteindre un équilibre où le désir d'acheter est égal au désir de vendre. Qu'il puisse exister une chose telle que la valeur de marché de la production, c'est A la fois une condition nécessaire pour que le revenu nominal ait une valeur définie et une condition suffisante pour que le total des sommes que les épargnants décident individuellement d'épargner soit égal au total des sommes que les auteurs d'investissement décident individuellement d'investir.
Peut-AStre arrive-t-on A  des idées plus claires en cette matière lorsqu'on raisonne en considérant les décisions de consommer (ou de s'abstenir de consommer) plutôt que celles d'épargner. Une décision de consommer ou de ne pas consommer relève vérilement du pouvoir de l'individu, et il en va de mASme d'une décision d'investir ou de ne pas investir. Les montants du revenu global et de l'épargne globale sont les résultats du libre choix des individus de consommer ou ne pas consommer et de leur libre choix d'investir ou de ne pas investir ; mais aucun de ces deux montants globaux ne saurait prendre une valeur autonome, résultant d'un groupe séparé de décisions prises indépendamment de celles qui concernent la consommation et l'investissement. Conformément A  ce principe nous substituerons dans la suite de cet ouage le concept de propension A  consommer A  celui de propension ou disposition A  épargner.



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