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MANAGEMENT

Le management ou la gestion est au premier chef : l'ensemble des techniques d'organisation des ressources mises en œuvre dans le cadre de l'administration d'une entité, dont l'art de diriger des hommes, afin d'obtenir une performance satisfaisante. Dans un souci d'optimisation, le périmètre de référence s'est constamment élargi. La problématique du management s'efforce - dans un souci d'optimisation et d'harmonisation- d'intègrer l'impact de dimensions nouvelles sur les prises de décision de gestion.


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Le principe de la demande effective

Le principe de la demande effective : Ressources humaines




Nous avons besoin dès le début de certains termes dont la définition précise sera donnée plus tard. Dans un état donné de la technique, des ressources et des coûts, l'emploi d'un certain volume de travail par un entrepreneur lui impose deux sortes de dépenses : en premier lieu, les sommes qu'il alloue aux facteurs de production* (autres que les entrepreneurs) en échange de leurs services, sommes que nous appellerons le coût de facteur de l'emploi en question : et en second lieu, les sommes qu'il paye aux autres entrepreneurs pour les choses qu'il est obligé de leur acheter jointes au sacrifice qu'il fait en utilisant son équipement au lieu de le laisser inactif, ensemble que nous appellerons le coût d'usage de l'emploi en question (1). La différence entre la valeur de la production résultant de l'emploi et la somme de son coût de facteur et de son coût d'usage est le profit ou encore, comme nous l'appellerons, le renu de l'entrepreneur. Le coût de facteur n'est évidemment que le renu des facteurs de production*, considéré du point de vue de l'entrepreneur. Ainsi le coût de facteur et le profit de l'entrepreneur forment-ils conjointement ce que nous définirons le renu total résultant de l'emploi fourni par l'entrepreneur. Le profit ainsi défini de l'entrepreneur est, comme il se doit, la quantité qu'il cherche A  rendre maximum quand il fixe le volume d'emploi A  offrir. Lorsqu'on se place au point de vue de l'entrepreneur, il est parfois commode d'appeler - produit - d'un certain volume d'emploi le renu global qui en résulte (/. e. le coût de facteur plus le profit). Quant au prix de l'offre globale (2) de la production résultant d'un certain volume d'emploi, il est le - produit - attendu qui est juste suffisant pour qu'aux yeux des entrepreneurs il vaille la peine d'offrir ce volume d'emploi (1).


Il s'ensuit que, dans un état donné de la technique, des ressources* et du coût de facteur* par unité d'emploi, le volume de l'emploi, aussi bien dans les entreprises et industries individuelles que dans l'ensemble de l'industrie, est gourné par le montant du - produit - que les entrepreneurs espèrent tirer du volume de production qui lui correspond (2). Car les entrepreneurs s'efforcent de fixer le volume de l'emploi au chiffre qu'ils estiment propre A  rendre maximum l'excès du - produit - sur le coût de facteur.
Soit Z le prix de l'offre globale du volume de production qui correspond A  l'emploi de N personnes ; la relation entre Z et N, que nous appellerons la Fonction ou Courbe de V Offre Globale (3), étant représentée par Z = q> (N). De mASme, soit D le - produit - que les entrepreneurs espèrent tirer de l'emploi de N personnes ; la relation entre D et N, que nous appellerons la Fonction ou Courbe de la Demande Globale, étant représentée par D = / (N).
Ceci étant, si pour un certain volume de l'emploi N le - produit - attendu est supérieur au prix de l'offre globale, c'est-A -dire si D est supérieur A  Z, il y aura un mobile qui incitera les entrepreneurs A  accroitre l'emploi et, s'il le faut, A  éler les coûts en se disputant les uns aux autres les facteurs de production*, jusqu'A  ce que l'emploi ait atteint le volume qui rélit l'égalité entre Z et D. Ainsi le volume de l'emploi est déterminé par le point d'intersection de la courbe de la demande globale et de la courbe de l'offre globale ; carc'est A  ce point que la prévision de profit des entrepreneurs est maximum. Nous appellerons demande effecti le montant du - produit - attendu D au point de la courbe de la demande globale où elle est coupée par celle de l'offre globale. Ceci constitue l'essentiel de la Théorie Générale de l'Emploi que nous nous proposons d'exposer. Les chapitres suivants seront donc consacrés en grande partie A  l'examen des dirs facteurs qui influent sur ces deux courbes.
Quant A  la doctrine classique qu'on a coutume d'exprimer catégoriquement par la formule que - l'Offre crée sa propre demande - et qui continue A  supporter toute la théorie économique orthodoxe, elle implique une hypothèse spéciale au sujet de la relation qui existe entre ces deux courbes. La proposition que - l'Offre crée sa propre Demande - signifie évidemment que le prix de l'offre globale cp (N) et le - produit - f (N) sont égaux pour toutes les valeurs de N, c'est-A -dire pour tous les volumes de la production et de l'emploi, et que, lorsqu'il se produit un accroissement du prix de l'offre globale Z (= (p (N)) correspondant A  un accroissement de l'emploi N, le - produit - D (= / (N)) croit nécessairement du mASme montant que le prix de l'offre globale Z. En d'autres termes, la théorie classique suppose que le prix de la demande globale (ou - produit -) s'ajuste toujours au prix de l'offre globale, de manière que, quel que soit le volume de l'emploi N, le - produit - D prenne une valeur égale au prix de l'offre globale Z qui correspond A  N. Ceci revient A  dire que la demande effecti, au lieu d'avoir une seule valeur d'équilibre, comporte une série indéfinie de valeurs toutes également admissibles ; et que le volume de l'emploi est indéterminé, sauf dans la mesure où la désu-ùlité* marginale du travail lui fixe une limite supérieure.
S'il en était ainsi, la concurrence entre les entrepreneurs amènerait toujours une extension de l'emploi, jusqu'A  ce que l'offre globale cessat d'AStre élastique, c'est-A -dire jusqu'au point où un noul accroissement de la demande effecti ne s'accomnerait plus d'un accroissement de la production, n est évident qu'une telle situation ne diffère en rien de la situation de plein emploi. Dans le chapitre précédent nous avons donné du plein emploi une définition fondée sur le comportement de la main-d'œuvre. Le second critère, d'ailleurs équivalent, auquel nous aboutissons maintenant, c'est que le plein emploi est atteint lorsque l'emploi global cesse de réagir élastique-ment aux accroissements de la demande effecti* des produits qui en résultent. Ainsi la loi de J.B. Say qui ut que, pour tout volume de la production considérée dans son ensemble, le prix de la demande globale soit égal au prix de l'offre globale, équivaut A  la proposition d'après laquelle il n'existe pas d'obstacle A  l'instauration du plein emploi. Cependant si telle n'est pas la loi vérile qui lie la fonction de la demande globale et la fonction de l'offre globale, il reste A  écrire un chapitre de la théorie économique dont l'importance est décisi et en l'absence duquel toute discussion au sujet du volume de l'emploi global est vaine.

Il sera peut-AStre utile A  cet endroit de donner un bref résumé de la théorie de l'emploi qui sera élaborée au cours des chapitres suivants, mASme si ce résumé ne parait pas encore pleinement intelligible. Les termes utilisés seront en temps voulu définis ac plus de soin. Dans ce résumé nous supposons que le salaire nominal et les autres coûts de facteurs* restent constants par unité de travail employé. Cette simplification, dont nous nous affranchirons plus tard, est introduite A  seule fin de faciliter l'exposé. Que le salaire nominal et les autres coûts de facteurs soient ou non sujets A  variation, cela ne change rien A  la substance du raisonnement.


Les grandes lignes de notre théorie peunt AStre décrites comme suit Lorsque l'emploi* croit, le renu réel global augmente. Or l'état d'esprit de la communauté est tel que, lorsque le renu réel global croit, la consommation globale augmente, mais non du mASme montant que le renu. Par suite les employeurs réaliseraient une perte, si l'emploi supplémentaire était consacré en totalité A  produire des biens de consommation immédiate. Pour qu'un certain volume d'emploi soit justifié il faut donc qu'il existe un montant d'instissement courant* suffisant pour absorber l'excès de la production totale sur le volume que la communauté désire consommer lorsque l'emploi se trou A  ce niau. Car, faute d'un tel montant d'instissement, les recettes des entrepreneurs seraient inférieures au chiffre nécessaire pour les décider A  offrir ce volume d'emploi. Il s'ensuit que, pour une valeur donnée de ce que nous appellerons la propension de la communauté A  consommer*, c'est le montant de l'instissement courant qui détermine le niau d'équilibre de l'emploi, i. e. le niau où rien n'incite plus les entrepreneurs pris dans leur ensemble A  délopper ni A  contracter l'emploi. Le montant de l'instissement courant dépend lui-mASme de ce que nous appellerons l'incitation A  instir* et nous rrons que l'incitation A  instir* dépend de la relation entre la courbe de l'efficacité marginale du capital* et la gamme des taux d'intérASt afférents aux prASts d'échéances et de sécurités dirses.
Ainsi, la propension A  consommer et le montant de l'instissement nouau étant donnés, il n'y aura qu'un seul volume de l'emploi compatible ac l'équilibre ; tout autre volume conduirait A  une inégalité entre le prix de l'offre globale et le prix de la demande globale de la production considérée dans son ensemble. Ce volume ne peut AStre plus grand que le plein emploi ; en d'autres termes le salaire réel ne peut AStre moindre que la désutilité* marginale du travail. Mais en général il n'y a pas de raison de penser qu'il doi AStre égal au plein emploi. C'est seulement dans un cas spécial que la demande effecti se trou associée au plein emploi ; et pour que ce cas se réalise il faut qu ' il y ait entre la propension A  consommer* et 1 ' incitation A  instir* une relation particulière. Cette relation particulière, qui correspond aux hypothèses de la théorie classique, est, en un certain sens, une relation optimum. Mais elle ne peut exister que si, pour des raisons fortuites ou voulues, l'instissement courant assure un montant de demande exactement égal A  l'excès du prix de l'offre globale de la production résultant du plein emploi sur le montant que la communauté désire dépenser pour la consommation lorsqu 'elle est employée A  plein.
Cette théorie peut AStre résumée dans les propositions suivantes : 1A° Dans un état donné de la technique, des ressources* et des


coûts, le renu (tant nominal que réel) dépend du volume de

l'emploi N.
2A° La relation entre le renu d'une communauté et la somme, désignée par Dl, qu'on peut s'attendre A  la voir dépenser pour la consommation, dépend d'une de ses caractéristiques psychologiques que nous appellerons sa propension A  consommer*. En d'autres termes, tant que la propension A  consommer ne varie pas, la consommation dépend du montant du renu global, c'est-A -dire du volume de l'emploi N.
3A° La quantité de main-d'œuvre N que les entrepreneurs décident d'employer dépend de la somme (D) de deux quantités : D, le montant qu'on s'attend A  voirla communauté dépenser pour la consommation et D2 le montant qu'on s'attend A  la voir consacrer A  l'instissement nouau. D est ce que nous avons appelé précédemment la demande effecti.
4A° Puisque D1 + D2 = D = *(N)- ou * est la fonction de l'offre globale, et puisque, nous l'avons vu ci-dessus au deuxièmement, D1 est une fonction de N, représentée par % (N), qui dépend de la propension A  consommer, il s'ensuit que * (N) ' % (N) = D2.
5A° Par suite le volume d'équilibre de l'emploi dépend : a) de la fonction de l'offre globale (p b) de la propension A  consommer %, et c) du montant de l'instissement D2. C'est lA  l'essentiel de la Théorie Générale de l'Emploi.
6A° A tout volume de l'emploi N correspond une certaine productivité marginale du travail dans les entreprises produisant les biens de consommation ouvrière ; et c'est elle qui détermine le salaire réel. Ainsi le cinquièmement se trou soumis A  la condition que N ne peut dépasser le chiffre pour lequel le salaire réel tombe au niau de la désutilité* marginale du travail. Ceci signifie que les variations de D ne sont pas toutes compatibles ac notre hypothèse temporaire que les salaires nominaux sont constants. L'exposé complet de notre théorie exigera donc que nous nous libérions de cette hypothèse.


7A° Selon la théorie classique d'après laquelle pour toute valeur de N la demande globale D est égale A  l'offre globale * (N), le volume de l'emploi est en équilibre indifférent pour toute valeur inférieure A  sa valeur maximum ; on peut donc supposer que le jeu de la concurrence entre les entrepreneurs porte le volume de l'emploi A  cette valeur maximum. C'est seulement A  ce point qu'il peut y avoir selon la théorie classique un équilibre sle.
8A° Lorsque l'emploi augmente, la dépense de consommation D, augmente aussi, mais non du mASme montant que la demande effecti D ; car, lorsque le renu croit, la consommation croit aussi, mais dans une mesure moindre. La clé de notre problème pratique réside dans cette loi psychologique. Car il en découle que, plus le volume de l'emploi est grand, plus il y a de marge entre le prix de l'offre globale (Z) de la production qui lui correspond et la somme (D,) que les entrepreneurs peunt espérer voir rentrer du fait de la dépense des consommateurs. Par suite, lorsque la propension A  consommer ne change pas, l'emploi ne peut croitre que si la dépense d'instissement D2 croit elle aussi, de manière A  combler l'écart grandissant entre l'offre globale Z et la dépense de consommation D,. Si on exclut les hypothèses spéciales de la théorie classique où, lorsque l'emploi augmente, il existe une certaine force qui oblige toujours D2 A  croitre suffisamment pour combler l'écart grandissant entre Z et D,, le système économique peut donc se trour en équilibre sle pour un volume de N inférieur au plein emploi et plus précisément pour le volume de N qui correspond A  l'intersection de la courbe de la demande globale et de la courbe de l'offre globale.
Ce n'est donc pas la désutilité* marginale du travail, exprimée en salaires réels, qui détermine le volume de l'emploi, sauf dans la mesure où l'offre de main-d'œuvre disposée A  travailler en échange d'un certain salaire réel fixe un maximum que l'emploi ne saurait dépasser. Ce sont la propension A  consommer et le montant de l'instissement nouau qui déterminent conjointement le volume de l'emploi et c'est le volume de l'emploi qui détermine de faA§on unique le niau des salaires réels ' et non l'inrse. Si la propension A  consommer et le montant de l'instissement nouau engendrent une demande effecti insuffisante, le volume effectif de l'emploi sera inférieur A  l'offre de travail qui existe en puissance au salaire réel en vigueur et le salaire réel d'équilibre sera supérieur A  la désutilité marginale du volume d'équilibre de l'emploi.
Cette analyse nous explique le paradoxe de la pauvreté au sein de l'abondance. Le seul fait qu'il existe une insuffisance de la demande effecti* peut arrASter et arrASte sount l'augmentation de l'emploi avant qu'il ait atteint son maximum. L'insuffisance de la demande effecti met un frein au progrès de la production alors que la productivité marginale du travail est encore supérieure A  sa désutilité.
En outre, plus la communauté est riche, plus la marge tend A  s'élargir entre sa production potentielle et sa production réelle ; et plus par conséquent les défauts du système économique sont apparents et choquants. Car une communauté pauvre a tendance A  consommer la part de beaucoup la plus importante de sa production et un très faible montant d'instissement suffit A  y assurer le plein emploi. Une communauté riche, au contraire, est obligée de découvrir des occasions d'instissement beaucoup plus nombreuses, pour pouvoir concilier la propension A  épargner de ses membres les plus riches ac l'emploi de ses membres les plus pauvres. Si dans une communauté qui est riche en puissance l'incitation A  instir est faible, l'insuffisance de la demande effecti* l'obligera A  réduire sa production jusqu'A  ce que, en dépit de sa richesse potentielle, elle soit denue assez pauvre pour que l'excès de sa production sur sa consommation tombe au niau qui correspond A  sa faible incitation A  instir*.
Pis encore ; non seulement dans une communauté riche la propension marginale A  consommer (1) est plus faible, mais, du fait que le capital déjA  accumulé est plus considérable, les occasions d'instissement supplémentaire sont moins attrayantes, sauf si le taux de l'intérASt fléchit A  une cadence assez rapide. Ceci nous amène A  la théorie du taux de l'intérASt et aux raisons pour lesquelles il ne baisse pas de lui-mASme au niau adéquat, sujet qui occupera le Livre IV.
Ainsi dans nos connaissances actuelles l'analyse de la propension A  consommer, la définition de l'efficacité marginale du capital et la théorie du taux de l'intérASt sont les trois lacunes principales qu'il importe de combler. Quand ce sera fait, il apparaitra que la vraie place de la Théorie des Prix est en annexe de notre théorie générale. Nous constaterons cependant que, dans notre théorie du taux de l'intérASt, la monnaie joue un rôle essentiel ; et nous nous efforcerons de démASler les caractéristiques particulières qui la distinguent des autres choses.



Dans l'économie ricardienne, qui est A  la base de tout ce qui a été enseigné depuis plus d'un siècle, l'idée qu'on a le droit de négliger la fonction de la demande globale est fondamentale. A vrai dire, la thèse de Ricardo que la demande effecti* ne peut AStre insuffisante avait été viment combattue par Malthus, mais sans succès. Car faute d'expliquer (si ce n'est par les faits d'observation courante) comment et pourquoi la demande effecti pouvait AStre insuffisante, Malthus n'est pas parnu A  fournir une thèse capable de remplacer celle qu 'il attaquait ; et Ricardo conquit l'Angleterre aussi complètement que la Sainte Inquisition avait conquis l'Esne. Non seulement sa théorie fut acceptée par la Cité, les hommes d'état et l'Unirsité, mais toute controrse s'arrASta ; l'autre conception tomba dans l'oubli le plus complet et cessa mASme d'AStre discutée. La grande énigme de la demande effecti, A  laquelle Malthus s'était attaqué, disparut de la littérature économique. On ne la trou mASme pas mentionnée une seule fois dans toute l'œuvre de Marshall, d'Edgeworth et du Professeur Pigou, qui ont donné A  la théorie classique sa forme la plus accomplie. Elle n'a pu survivre qu'A  la dérobée, sous le manteau et dans la pénombre de Karl Marx, de Silvio Gesell et du Major Douglas.
Une victoire aussi décisi que celle de Ricardo a quelque chose de singulier et de mystérieux. Elle ne peut s'expliquer que par un ensemble de sympathies entre sa doctrine et le milieu où elle a été lancée. Le fait qu'elle aboutissait A  des conclusions tout A  fait différentes de celles qu'attendait le public profane ajoutait, semble-t-il, A  son prestige intellectuel. Que son enseignement, appliqué aux faits, fût austère et sount désagréable lui conférait de la grandeur morale. Qu'elle fût apte A  supporter une superstructure logique, vaste et cohérente, lui donnait de l'éclat. Qu'elle présentat beaucoup d'injustices sociales et de cruautés apparentes comme des incidents inéviles dans la marche du progrès, et les efforts destinés A  modifier cet état de choses comme de nature A  faire en définiti plus de mal que de bien, la recommandait A  l'autorité. Qu'elle fournit certaines justifications aux libres activités du capitalisme individuel, lui valait l'appui des forces sociales dominantes groupées derrière l'autorité.
Jusqu'A  une date récente la doctrine elle-mASme n'a jamais été contestée parles économistes orthodoxes, mais son inaptitude remarquable A  servir A  la prédiction scientifique a fini par diminuer grandement le prestige de ses adeptes. Car depuis Malthus les économistes professionnels paraissent avoir été insensibles au désaccord entre les conclusions de leur théorie et les faits d'observation. Le public au contraire n'a pas manqué de reler ce désaccord et c'est ce qui explique sa répugnance croissante A  accorder aux économistes le tribut de respect qu'il alloue aux autres catégories de savants dont les conclusions théoriques sont confirmées par l'expérience, chaque fois qu'elles sont appliquées aux faits.
Quant au fameux optimisme de la théorie économique traditionnelle, optimisme en raison duquel on a fini par considérer les économistes comme des Candide, qui, ayant abandonné le monde pour cultir leur jardin, enseignent que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles pourvu qu'on le laisse aller tout seul, il a pour origine, selon nous, la méconnaissance de l'obstacle qui peut AStre opposé A  la prospérité par l'insuffisance de la demande effecti. Dans une société qui fonctionnerait conformément aux postulats classiques, il y aurait évidemment une tendance naturelle A  un emploi optimum des ressources productis. Il se peut que la théorie classique décri la manière dont nous aimerions que notre économie se comportat. Mais supposer qu'elle se comporte réellement ainsi, c'est supposer toutes les difficultés résolues.





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