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ECONOMIE

L’économie, ou l’activité économique (du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : « administration d'un foyer », créé à partir de οἶκος / oîkos : « maison », dans le sens de patrimoine et νόμος / nómos : « loi, coutume ») est l'activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l'échange et la consommation de biens et de services. L'économie au sens moderne du terme commence à s'imposer à partir des mercantilistes et développe à partir d'Adam Smith un important corpus analytique qui est généralement scindé en deux grandes branches : la microéconomie ou étude des comportements individuels et la macroéconomie qui émerge dans l'entre-deux-guerres. De nos jours l'économie applique ce corpus à l'analyse et à la gestion de nombreuses organisations humaines (puissance publique, entreprises privées, coopératives etc.) et de certains domaines : international, finance, développement des pays, environnement, marché du travail, culture, agriculture, etc.


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Micro-économie et macro-économie

Micro-économie et macro-économie : Economie Générale



Micro-économie et macro-économie
Tout ce qui est fondamental est micro-économique, tout ce qui est important est macroéconomique.




S.C. Kolm.


L'opposition entre micro-économie et macro-économie est denue traditionnelle, du moins en France, dans l'enseignement, la recherche et l'administration économique, et fait l'objet d'une présentation tant rituelle que sommaire en tASte des manuels. Elle peut AStre éclairée par l'opposition épistémologique plus générale entre le holisme et l'individualisme méthodologique, ce dernier préconisant de fonder, en dernière analyse, toute explication des phénomènes globaux sur les actions et les interactions d'acteurs individuels. Le clivage entre micro-économie et macro-économie repose en effet sur le critère dominant du degré d'agrégation des biens et des agents, mais plusieurs autres viennent s'y superposer, en particulier leur vocation théorique ou empirique. Une meilleure articulation entre les deux disciplines est actuellement engagée suivant dirs axes de recherche, et leurs dirgences tendent A  s'estomper, en particulier en ce qui concerne leurs contenus explicatifs et normatifs.


Représentation générale du système socio-économique.


Selon la vision usuelle de tout système socio-économique, le tissu social peut AStre décomposé en acteurs individuels formant des centres de décision autonomes, acteurs en interactions mutuelles et plongés dans un double environnement physique et institutionnel. Chaque acteur adopte un comportement qui peut lui-mASme AStre décomposé en actions parallèles ou séquentielles, séparément identifiables et déterminées A  partir de ses observations et de ses anticipations sur son environnement propre. L'environnement physique a une dynamique déterministe propre et impose aux acteurs des contraintes qui infléchissent leur comportement, l'effet en retour des actions sur cet envi-ronnement étant sount négligé en première instance. L'environnement ins'iiutionnel suit également des règles de fonctionnement déterministe i et, tout en étant influencé par les actions des acteurs, infléchit leur comportement A  trars des variables institutionnelles (- signaux -).
Tout état ou phénomène socio-économique résulte alors de la conjonction de quatre facteurs : les comportements individuels des acteurs, la distribution des acteurs et leurs relations structurelles, les contraintes physiques et les contraintes institutionnelles. Ainsi, les cycles économiques peunt AStre attribués A  des défauts d'anticipation des acteurs (cycle du porc), A  une structure non linéaire de leurs interactions (cycle des affaires), A  des innovations technologiques (cycle long de Kondratief), enfin A  des mécanismes institutionnels (cycle politico-économique). Les contraintes - physiques - jouent un rôle particulier dans la mesure où elles traduisent une influence purement externe au système, mais elles peunt revAStir une nature tant matérielle que géo-climatique, biologique (Wilson) que psychologique (Freud). Un autre facteur externe est parfois invoqué, le - poids du passé -, qui se manifeste sous forme d'un trend inélucle, mais cet effet d'inertie peut AStre affecté aux quatre autres facteurs dans une perspecti dynamique.
Le problème posé est de rendre compte des propriétés - macroscopiques - d'un système global A  partir des propriétés - microscopiques - d'entités individuelles, de caractéristiques de leur structure et de contraintes d'ensemble. La situation est semblable A  celle de la physique où les propriétés globales résultent des propriétés des entités de base, de leur distribution (statistique des fluides), de leurs relations (mécanique rationnelle) et d'- effets de bord - (physique des solides). Mais, en physique, le modélisateur se situe sount spontanément au niau macroscopique (ac l'exception nole de l'astronomie) et y obser certaines grandeurs (pression ou température d'un gaz) pour en inférer des mécanismes sous-jacents (théorie cinétique des gaz). En économie, le modélisateur se situe d'emblée au niau microscopique et obser des variables individuelles des acteurs (échanges de biens) pour en inférer des phénomènes d'ensemble, mASme s'il obser aussi des variables institutionnelles (prix) ou globales (masse monétaire).


Individualisme et holisme méthodologiques.


Pour l'- individualisme méthodologique -, toute propriété globale d'un système peut AStre expliquée par les seules actions et interactions des acteurs individuels ; pour le - holisme méthodologique - (ou - globalisme méthodologique -), il existe des propriétés globales non réductibles aux actions et aux relations individuelles, du fait, par exemple, de contraintes institutionnelles exogènes. L'individualisme méthodologique est théorique lorsqu'il proclame la nécessité d'une explication finale en termes individuels, et pratique lorsqu'il fournit une telle explication ; mais il est entendu que, du fait de la difficulté A  trour des explications individualistes satisfaisantes, des explications holistiques peunt fort bien AStre admises A  titre provisoire, comme en macro-économie (halfway exations). II est positif lorsqu'il vise A  expliquer des phénomènes sociaux A  partir Bes comportements individuels (recherche des mécanismes de l'inflation) et normatif lorsqu'il vise A  juger des états sociaux A  partir des valeurs individuelles (recherche d'un optimum parétien).
L'individualisme méthodologique est sount considéré comme allant de pair ac l'approche téléonomique du comportement individuel, opposée A  l'approche causale, de règle dans les sciences naturelles. L'approche téléonomique procède A  une analyse plutôt - interne - de l'individu et postule qu'il choisit son action A  partir de déterminants propres (contraintes, représentations, préférences), selon un processus de décision explicité, sount optimisateur (voir II, 2). L'approche causale procède A  une analyse plutôt - externe - de l'individu et considère qu'il choisit son action A  partir de signaux informatifs et d'influences matérielles pronant directement de son environnement. Bien entendu, l'approche téléonomique est également causale si l'on considère que les déterminants jouent le rôle de causes particulières, A  côté des autres facteurs d'environnement ; toute forme téléonomique peut en plus AStre généralement traduite sous forme causale, alors que l'opération inrse est plus délicate.
En fait, l'adoption du holisme ou de l'individualisme méthodologique est une hypothèse largement indépendante de l'adoption d'une approche téléonomique ou causale. Ainsi, l'individualisme méthodologique est associé A  une approche purement causale du comportement dans les modèles économiques de concurrence parfaite où seule importe la réaction des agents face aux prix supposés exogènes ; mais il consiste le plus sount A  rendre compte des régularités sociales en montrant l'influence d'une variable globale sur les déterminants des acteurs, ceux-ci définissant leurs actions, les actions se conjuguant finalement pour définir une autre variable globale (Boudon, 1986). Symétriquement, le holisme méthodologique est associé A  une approche téléonomique dans le - fonctionnalisme - qui explique l'organisation interne d'un système quelconque A  partir de ses finalités globales ; mais ce type d'analyse est quasi inexistant en théorie économique (positi), mASme s'il affleure parfois dans des analyses - vulgaires - de propriétés globales du système socio-économique.
Holisme et individualisme méthodologiques sont considérés comme des postulats, sinon posés a priori, du moins non tesles directement et mASme indirectement, et jugés en fonction de la richesse et de la pertinence des explications qu'ils permettent. Le holisme admet d'ailleurs une forme plus extrASme qui va jusqu'A  nier l'existence d'entités individuelles pour ne retenir qu'une explication en termes de relations entre variables globales. L'individualisme admet lui aussi une forme extrASme qui consiste A  expliquer les propriétés globales A  partir des seules actions individuelles, les interactions individuelles étant elles-mASmes le résultat d'actions d'individus totalement isolés au départ. Cependant, les deux options méthodologiques ne sont pas dans une position symétrique, puisque l'individualisme est, par définition, plus ambitieux que le holisme et le contient A  la limite, ce qui amène A  le privilégier en en considérant des variantes plus ou moins fortes.

Variétés d'individualisme méthodologique.

Pour l'- autonomisme -, tout phénomène socio-économique résulte d'actions parfaitement autonomes des individus, dotés de libre arbitre et de déterminants propres ; pour le - contextualisme -, les phénomènes résultent en revanche d'actions individuelles fortement conditionnées par les structures et les institutions sociales. Le premier peut glisser rs le -libéralisme éthique-, qui affirme l'existence d'une liberté individuelle qui échappe en partie A  la formalisation, ou préconiser un - libéralisme politique -, qui exige le respect de cette liberté comme fondement d'une gestion efficace et juste de la société (en opposition au collectivisme). Le second se rapproche du holisme quand il privilégie, dans l'interaction entre les comportements individuels et le fonctionnement institutionnel, la liaison qui va du global A  l'individuel ; mais il est compatible aussi bien ac une approche téléonomique du comportement, les préférences et les croyances subissant alors une forte détermination sociale, qu'ac une approche causale, les actions individuelles dépendant de facteurs essentiellement sociaux.


Pour P- intentionnalisme -, tout phénomène socio-économique résulte des seules intentions individuelles, qui anticipent les effets des actions qu'elles déterminent ; pour l'- interactionnisme -, les phénomènes résultent des actions individuelles conscientes et non conscientes, par le jeu des interactions complexes entre acteurs. Le premier postule que les individus agissent toujours en toute connaissance de cause, les effets sociaux étant parfaitement prévus et mASme voulus, si l'on admet que les effets favorables ont été intentionnellement recherchés alors que les effets défavorables n'ont simplement pas pu AStre empASchés. Le second insiste sur les effets de composition ou d'agrégation, amplificateurs ou silisateurs, qui engendrent des phénomènes -émergents- ou -perrs- non intentionnels (Boudon, 1977); ces effets sont imprévisibles du fait d'une vision limitée des agents sur la boucle liant les individus au social, ou d'une opacité fondamentale du système (Hayek, 1973).
Au contraire des sociologues, sount attirés par le holisme méthodologique (Durkheim, structuralistes, culturalistes), la quasi totalité des économistes, de Walras A  Keynes en passant par Marx (selon ses écrits), ont prôné ou appliqué un individualisme méthodologique (le terme étant introduit par Schumpeter), au moins sous la forme faible du - contextualisme - et de l'- interactionnisme -. Si le conditionnement social des déterminants individuels du comportement est mis en avant par les marxistes et les radicaux, les effets non intentionnels ont été décrits par les économistes les plus orthodoxes (fable des abeilles de Mandeville, main invisible de Smith). Cependant, les économistes ne partagent pas, tant s'en faut, un individualisme méthodologique plus fort et plus précis, qui préconise de rendre compte de tout état économique dans le cadre de la théorie néoclassique au sens large (Fitoussi, 1984). Celui-ci postule, en effet, que -les explications de phénomènes macro-économiques ne seront complètes que lorsque de telles explications seront compatibles ac la théorie micro-économique des choix et pourront AStre formulées dans le langage de la théorie de l'équilibre général - (Drazen, 1980).
L'individualisme méthodologique se manifeste le plus clairement dans la - théorie des jeux - qui, par son analyse des rapports entre agents optimisateurs, sert de cadre général A  la théorie néoclassique, tout en étant acceptée par certains courants hétérodoxes. Elle reste proche de l'autonomisme dans la mesure où les acteurs y sont supposés déjA  constitués ac leurs déterminants propres ; mais exclusiment intentionnaliste A  ses débuts, elle devient plus interactionniste ac la prise en compte progressi de représentation imparfaites des acteurs. L'individualisme méthodologique se teinte de holisme dans l'influence exercée par l'- approche systémique - sur les économistes, A  trars l'idée de régulation (pilotage d'un système complexe rs un but déterminé), puis d'auto-organisation (émergence progressi d'une structure organisationnelle). Résolument du côté du contextualisme et de l'interactionnisme, elle insiste sur le réseau de relations entre acteurs individuels non réductibles A  leurs actions, mais surtout sur la boucle rétroacti entre le niau des acteurs et celui du social, réflexion qui porte en particulier sur ces entités globales que sont les organisations et les institutions.


Statut des organisations et des institutions.


Les acteurs individuels visés par l'individualisme méthologique peunt AStre des individus, mais sont le plus sount des organisations telles que les familles ou les entreprises, les syndicats ou les partis politiques, les classes sociales ou les associations sans oublier l'état. Si l'on appelle micro-économique le niau des individus et macro-économique celui d'une économie nationale, ces organisations forment des centres de décision qui se situent le plus sount A  un niau rnéso-économique intermédiaire. Bien entendu, s'il existe toute une hiérarchie de tels niaux intermédiaires (ateliers, entreprises, sectiunels), on peut aussi considérer un niau infra-micro-économique (egos multiples de l'individu) ou supra-macro-économique (groupes de pays). Cette structure d'emboitement est, de plus, très enchevAStrée, si l'on remarque qu'un individu peut appartenir A  plusieurs organisations, ou encore qu'une entreprise ou une classe sociale peut AStre multinationale.
Leur pertinence étant peu contestée, ces organisations sont mASme traitées par l'économie néoclassique comme des entités homogènes ayant leurs propres préférences et représentations ; lorsqu'elles sont formées d'acteurs individuels ables, celles-ci seront alors sount affectées A  un - acteur représentatif-. Leurs caractéristiques sont définies, dans la mesure du possible, A  partir de celles du niau inférieur (sans effet en retour), problème d'agrégation qualifié, A  l'instar du problème - micro-macro - lorsqu'on passe du niau méso des organisations au niau macro-économique, de problème - micro-micro - (Leibenstein, 1979) lorsqu'on passe du niau micro des individus au niau méso-économique (voir II, 8). Par exemple, la théorie de la - domination oligarchique - affirme que toute modification sociale résulte de l'action intentionnelle d'un groupe dominant ; déloppée par le marxisme A  partir de la domination des capitalistes, elle fonctionne comme un - intentionnalisme - au niau d'organisations intermédiaires, c'est-A -dire comme une - théorie de la conspiration - de groupes (Popper).
Les institutions sont, en ce qui les concerne, des règles du jeu social, implicites ou explicites, souples ou strictes, sles ou éphémères, qu'il s'agisse de lois juridiques ou de normes morales, de traditions culturelles ou de conntions sociales, de rapports sociaux ou de systèmes idéologiques. Elles sont sount hiérarchisées, que l'on songe aux règles régissant le travail salarié (conntions collectis''tolérances d'ateliers), peunt s'incarner dans des organisations (institutions financières, état) et agir A  trars des supports spécifiques (monnaie, langage). L'économie orthodoxe s'est praticulièrement penchée sur les institutions formelles conditionnant l'allocation des ressources (marché, ification, - organisation -. don/vol) et sur les règles de décision collecti (vote). Mais un courant - institutionnaliste - dissident, illustré en France par la - théorie de la régulation -, a mis l'accent sur le rôle d'institutions concrètes régulatrices des conflits (formes de concurrence, rapports salariaux, modes d'accumulation), étudiées dans leur contexte sociopolitique et leur dimension dynamique.
Si leur pouvoir explicatif est toujours peu contesté, elles sont cependant perA§ues comme déterministes et infléchissent profondément le comportement des individus, le plus sount A  trars leurs déterminants (voir II, 5). Elles sont considérées par le holisme comme exogènes aux acteurs et par l'individualisme méthodologique comme résultant des actions individuelles, dans leur genèse mASme (formation des marchés) et non seulement leur fonctionnement (fixation des prix). Dans une perspecti intentionnaliste, elles sont analysées comme voulues, ifiées et apparaissent alors comme des contrats ; si les institutions sont sélectionnées dans le cadre d'institutions plus élevées, leur choix enclenche incidemment une régression A  l'infini. Dans une perspecti interactionniste, elles sont présentées comme spontanées, émergentes par exemple d'un processus de sélection naturelle (Hayek, 1973) et déterminant alors un - individualisme institutionnel - (Pop-per, 1979) ; bien entendu, elles peunt naitre et subsister pour des raisons ou selon des processus différents, et avoir des propriétés d'optimalité collecti plus ou moins marquées.

Critères principaux de distinction entre micro- et macro-économie.

Jusqu'au xixe siècle, les économistes ne font pas de distinction explicite entre micro-économie et macro-économie et, mASme si elle est en germe chez les physiocrates qui décrint des circuits entre catégories d'agents, elle est coutournée par l'habitude de raisonner sur des agents représentatifs. Le clivage devient plus apparent ac l'opposition, A  la fois de niau et de contenu explicatif, entre Marx, qui focalise son attention sur les mécanismes de production et de distribution au niau des classes sociales, et les marginalistes, qui mettent l'accent sur les processus d'échange par les prix entre agents individualisés. L'opposition ne prend vérilement forme qu'ac Keynes qui associe la notion de macro-économie A  une construction théorique originale A  un niau agrégé, A  laquelle est associée une volonté d'interntion de l'état par les politiques publiques et un effort empirique A  trars les calculs d'agrégats amorcés par le NBER.


La situation était cependant loin d'AStre décantée avant la dernière guerre puisque Frisch parle de macro-économie pour désigner l'analyse du système économique ac - toutes les marchandises, tous les producteurs et tous les consommateurs, chacun étant pris dans son individualité -. Sans doute voulait-il insister sur la nécessité de raisonner sur les mécanismes de régulation économique d'ensemble et non sur l'analyse - micro-économique - de tel agent particulier ou de tel marché spécifique. Si l'assimilation de la micro-économie A  l'étude du comportement d'une entreprise ou A  l'analyse d'un équilibre partiel peut encore se rencontrer, un consensus s'est néanmoins dégagé pour considérer que les deux disciplines traitent chacune de l'économie au niau global, en laissant d'ailleurs ourt le problème de l'espace géographique considéré. La aison de la micro-économie et de la macro-économie peut alors AStre menée en se donnant un prototype de chacune, A  savoir respectiment le modèle d'équilibre général walrasien et un modèle macro-économétrique (METRIC, par exemple).
Le principal critère de distinction, de nature sémantique, porte sur le degré d'agrégation des catégories de base : - la théorie qui va nous intéresser [] est dite micro-économique parce qu'elle entend respecter dans ses formulations abstraites l'individualité de chaque bien et de chaque agent []. Par opposition, le reste de la théorie est le plus sount macro-économique, raisonnant directement sur des agrégats de biens et d'agents- (Malinvaud, 1969). C'est dire que la microéconomie considère des biens fortement différenciés dont les prix relatifs conditionnent les comportements d'agents élémentaires, alors que la macro-économie raisonne - en moyenne -, sur quatre ou cinq biens (bien de consommation, bien d'équipement, travail, monnaie, titres) échangés par quelques agents institutionnels (entreprises, ménages. état, institutions financières). Le degré d'agrégation reste cependant toujours relatif, et l'on procède A  des opérations de décomposition ou de regroupement des biens et des agents sans jamais aller aux extrASmes (bien et agent unique, biens physiques tous distincts et individus tous isolés).
Un critère sémantique secondaire, que l'on rencontre encore, cherche A  opposer les deux disciplines par les schémas explicatifs dirgents qu'ils proposent de l'économie, les postulats néoclassiques pour la théorie micro-économique, les principes keynésiens pour les modèles macro-économétriques. Certes, la première, qui décrit des comportements (virtuels) d'agents optimisateurs et l'équilibre {ex ante) résultant de la coordination de leurs actions, s'est d'abord focalisée sur les marchés concurrentiels, alors que la seconde, qui s'appuie sur des fonctions de comportement (observées) des agents et l'équilibre {ex post) résultant de leurs dirses interactions, a insisté sur dirses ridigités (prix) et contraintes (débouchés). Mais la micro-économie déloppe actuellement d'autres équilibres que l'équilibre concurrentiel (équilibres A  prix fixes, équilibre concurrence imparfaite), et la macro-économie s'est appuyée A  dirses reprises sur des schémas walrasiens (modèles monétaristes A  moyen terme, modèles de croissance A  long terme).


Critères secondaires de distinction.


Un critère, cette fois de nature syntaxique, oppose les niaux de spécification respectifs des deux disciplines, la micro-économie déloppant un petit nombre de schémas théoriques bien contrastés, la macro-économie proposant une dirsité de modèles plus concrets et adaples. L'une s'appuie sur des concepts théoriques qui n'ont pas forcément de contrepartie observable directe (utilités, capacités) et adopte des relations aux spécifications les plus générales possibles ; l'autre mobilise des concepts directement opératoires (issus de la Compilité Nationale) et estime des relations précisément spécifiées, faisant internir des paramètres numériques. En fait, la microéconomie opère elle-mASme une élimination des variables non observables par résolution de ses modèles (programme d'optimisation) et doit spécifier ses relations pour démontrer des résultats primordiaux (voir II, 5) ; en sens inrse, la macro-économie introduit des variables seulement partiellement observables (anticipations) ou mASme des variables non observables (variables - désirées -), et tend A  adopter des spécifications a priori moins restrictis, qui seront sélectionnées par l'économétrie.
Un deuxième critère syntaxique porte sur le type de formalisme privilégié par chaque discipline, la micro-économie utilisant des outils topologiques de plus en plus puissants, alors que la macro-économie s'en tient A  des systèmes d'équations classiques. La première privilégie de ce fait une formulation généralement statique (sauf pour les processus de tatonnement qui reflètent une pseudo-dynamique) et déterministe (sauf pour les choix individuels en incertitude ou les stratégies mixtes en théorie des jeux) ; la seconde se place d'emblée dans un cadre dynamique (enchainement de périodes définies) et aléatoire (pour s'adapter aux données). Cependant, les modèles micro-économiques sont de plus en plus dynamiques (afin de différencier les phénomènes de court et long termes), mais restent réservés sur les explications aléatoires (explication endogène et déterministe des cycles plutôt que par des chocs exogènes aléatoires).
Un critère plus fondamental, de nature pragmatique, dont les deux critères précédents ne sont que des corollaires, concerne la fonction explicati assignée aux deux disciplines, théorique pour la microéconomie et empirique pour la macro-économie. Les modèles microéconomiques, qui se ulent unirsels et ahistoriques. déduisent formellement d'hypothèses conntionnelles sur les comportements et les interactions des agents des conclusions quant aux propriétés des équilibres ainsi définis ; les modèles macro-économiques, qui sont jiûment localisés et datés, traduisent des structures économiques invariantes dégagées par voie statistique et simulent l'influence sur des variables endogènes de variables exogènes posées a priori ou calculées par ailleurs. Un rapprochement s'opère A  trars les - modèles micromacro-économiques - qui simulent de faA§on fine les comportements ajustés sur données désagrégées, ou les -maquettes- qui résument une classe de modèles macro-économiques en restaurant leur interprétation théorique (voir II, 5).
Enfin, un critère pragmatique, complémentaire du précédent, porte sur la fonction normati associée aux deux disciplines, fondement du calcul économique privé ou public pour la micro-économie, guide de la politique économique pour la macro-économie. L'approche micro-économique consiste, en se plaA§ant du point de vue de Sirius, A  er des états économiques alternatifs (obtenus par le modèle descriptif) au sens d'une norme collecti unirsaliste (critère de Pareto, fonction d'utilité collecti) et A  en déduire des règles optimales de choix pour certaines décisions (instissements, tarification) ; l'approche macro-économique revient, en se plaA§ant du point de vue de l'état, A  simuler (A  l'aide d'un modèle macro-économique construit - autour - de l'état) les effets de politiques publiques, en particulier sur les grands équilibres, et A  les er par le biais d'une fonction de préférence étatique. Des articulations possibles consistent, d'une part A  calculer et A  évaluer les effets macro-économiques de mesures spécifiques, d'autre part A  définir au niau des agents élémentaires l'impact de politiques économiques globales.



Modes d'articulation conceptuels entre micro- et macro-économie.

En résumé, micro-économie et macro-économie peunt AStre distinguées suivant un critère principal, le niau d'agrégation retenu, et trois critères auxiliaires relatifs aux différences d'inspiration théorique, de fonction explicati et de fonction normati. Selon que l'on s'appuie sur l'un ou l'autre des deux premiers critères, on considère parfois que les modèles micro-économiques et macro-économiques sont complémentaires (chacun est pertinent pour rendre compte des phénomènes A  son niau) ou contradictoires (chacun déloppe un type d'explication original dont un seul est acceple). Le sentiment majoritaire est cependant que les modèles sont définis sur un mASme champ et sont compatibles (ou du moins peunt AStre rendus tels A  un certain niau de généralité), ac parfois une volonté d'assimilation pure et simple, de la macro-économie par la micro-économie (la macro-économie n'est qu'une micro-économie agrégée) plus que de la micro-économie par la macro-économie (la micro-économie n'est qu'un déloppement du - régime concurrentiel - de la macro-économie).
Le problème de l'agrégation (voir II, 8) concerne la possibilité de passer des comportements dirsifiés d'agents élémentaires au comportement synthétique d'un agent intégré. Formellement, il consiste A  fusionner des structures mathématiques partielles en une structure globale ac un minimum de biais, qu'il s'agisse des variables (quantités, prix), mais surtout des relations de comportement (fonctions de demande) et des déterminants individuels (contraintes, préférences). L'agrégation parfaite ne s'avère possible que sous des conditions très restrictis tant pour les relations (comportements des agents suffisamment proches ou environnements variant de faA§on homothétique) que pour les déterminants (hypothèses concurrentielles pour les fonctions de production). De faA§on plus opérationnelle, la recherche d'une agrégation approchée oblige A  s'interroger sur la meilleure stratégie économétrique, ajuster une relation sur données agrégées ou agréger des relations ajustées sur données désagrégées.
L'articulation des théories micro-économiques et macro-économiques consiste A  construire des équilibres ac agents optimisateurs dont les spécifications soient assez générales pour rendre compte des unes et des autres. L'exemple type en est la synthèse néo-classique (Benassy, 1976 ; Grandmont, 1976 ; Malinvaud, 1977), qui permet de faire apparaitre, dans un modèle simple A  trois biens, trois régimes de fonctionnement (keynésien, classique, d'inflation contrôlée) correspondant chacun A  une zone de variation des variables exogènes (prix, demande publique). Pour dépasser l'aspect de court terme de ce modèle et intégrer des phénomènes dynamiques (définition de l'instissement, évolution des prix), d'autres théories sont mobilisées (modèles de concurrence imparfaite, modèles A  générations emboitées d'agents), ac cependant des problèmes de cohérence entre comportement A  court et long terme des agents. Un effort important est actuellement déloppé pour rendre ces modèles effectiment calculables (algorithmes de calcul des prix d'équilibre concurrentiels) ou mASme empiriquement tesles (économétrie du déséquilibre).

Modes d'articulation opératoires.

Les fondements micro-économiques de la macro-économie s'inspirent des deux thèmes précédents pour rendre compte de spécifications courantes de relations macro-économétriques par des schémas micro-économiques sous-jacents. S'il est ainsi possible de faire dérir une fonction d'instissement (dépendant des productions et des profits passés) de comportements optimisateurs d'entreprises (partiellement soumises A  des contraintes de demande ou de financement), une telle interprétation est plus délicate pour la demande de monnaie ou pour la relation de Phillips (voir III, 3). De mASme, - le processus d'ajustement des prix A  long terme n'est pas, en général, décrit de faA§on satisfaisante comme résultant d'un comportement d'optimisation, le seul paradigme qui emporte la conviction théorique dans notre profession - (Tobin,. 1981). De plus, une mASme relation macro-économique est parfois redevable de plusieurs lectures micro-économiques, mais cette indétermination peut AStre partiellement levée en considérant simultanément plusieurs relations, dans un cadre d'équilibre général et non partiel.
La décentralisation des préoccupations macro-économiques (ou redistributis) vise A  faire internaliser par les agents économiques, en particulier par le biais d'un calcul économique adapté, les objectifs de la puissance publique, qui joue le rôle de ificateur central (voir II, 7 et III, 7). Ainsi, face A  un système économique non concurrentiel (ridigité des prix, contraintes de débouchés) qui fait apparaitre des déséquilibres macro-économiques majeurs (emploi, balance commerciale, inflation), l'état dispose d'une gamme de moyens pour les résorber. Dans une perspecti d'- optimisation de second rang -, il peut ainsi imposer aux agents d'utiliser, dans leurs calculs, des prix fictifs des biens, calculés A  partir des prix fictifs des facteurs primaires (salaire fictif, valeur ficti de la devise), et reflétant mieux que les prix du marché la valeur sociale de ces biens (voir II, 5). Plus généralement se pose A  la puissance publique le problème d'une bonne articulation entre ses instruments de politique économique globale (politique monétaire, budgétaire, de taux de change) et locale (règles de calcul économique, aides ou taxes, impôts et subntions, actions sur les prix).
L'articulation des outils micro- et macro-économiques concerne la possibilité de mobiliser simultanément, pour apprécier des projets ou des interntions publiques spécifiques, des représentations et des critères de choix des deux disciplines (voir III, 7). Au niau de la prévision, on peut calculer successiment les effets directs du projet en termes d'inputs et d'ouputs par une fonction de production, les effets méso-économiques sur le système productif global A  l'aide d'un TES généralisé (distinguant facteurs nationaux et importés) et les effets macro-économiques au moyen d'un modèle macro-économétrique.
Au niau de l'évaluation, on peut pondérer les effets directs par des prix fictifs ou appliquer aux effets méso- ou macro-économiques une fonction de préférence de l'état admettant les agrégats macro-économiques comme arguments. Outre des incompatibilités entre méthodes alternatis possibles se posent des problèmes méthodologiques quant au degré d'agrégation élevé et A  l'horizon limité des instruments macro-économiques, face au caractère spécifique et A  la longue durée des projets (Gaudemet-Walliser, 1983).
E. Malinvaud (1969) affirmait naguère que, - de mASme que la physique n'a pas encore réalisé l'intégration des théories de l'électroma-gnétisme et de la gravitation, de mASme notre science n'a pas encore réalisé l'intégration de la théorie micro-économique ac les théories macro-économiques-. En fait, cette intégration a depuis fortement progressé en ce qui concerne l'articulation des schémas théoriques proprement dits (thème 2) et le problème des fondements micro-économiques de descriptions ou de prescriptions macro-économiques (thèmes 3 et 4), cependant que le problème de l'agrégation (thème 1) reste, quant A  lui, largement incontournable. La macro-économie se dotant d'un soubassement théorique solide et la micro-économie faisant quelques pas rs l'empirie, ces deux disciplines s'interpénétrent de plus en plus, mASme si les profils professionnels des micro-économistes et des macro-économistes restent assez différents et si, pour leur notations, les uns continuent d'utiliser des minuscules et les autres des majuscules.





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