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DROIT

Le droit est l'ensemble des règles générales et abstraites indiquant ce qui doit être fait dans un cas donné, édictées ou reconnues par un organe officiel, régissant l'organisation et le déroulement des relations sociales et dont le respect est en principe assuré par des moyens de contrainte organisés par l'État.


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Carnap

Carnap : la loi dans les sciences



EXPLICATION ET PRéDICTION



Carnap, Les Fondements philosophiques de la physique, Armand Colin, 1973, p. 14-l5 et 24-25.

Né en Allemagne, membre actif du cercle de Vienne dans les années 1930, Rudolf Carnap enseigne d'abord A  Vienne et A  Prague. 11 pan en 1936 aux Etats-Unis et enseigne A  Chicago et A  Los Angeles. Sa philosophie des sciences est marquée par le positivisme logique. Les Fondements sont un manuel d'épistémologie. La définition de base de la loi physique (un énoncé décrivant des régularités observées, p. 11-l2) prépare le lien qui existe entre loi, explication/prédiction et causalité. Expliquer un phénomène physique, c'est donner sa (ou ses) cause(s), et c'est toujours donner une raison générale ou universelle. La science ne peut débuter qu'une fois abandonnée la croyance métaphysique, ire animiste, en l'unicité de la cause d'un événement. La généalogie du concept de cause doit en effet beaucoup, selon Carnap, A  la notion d'agent individuel doté d'une intention. Ce concept semble air - surgi comme une projection de l'expérience humaine dans le monde de la nature - (p. 185). L'homme, éprouvant l'effort qu'il fait pour déplacer un objet, projette cette mASme action chez les choses qu'il observe en mouir d'autres. Si l'explication animiste fait aujourd'hui sourire, Carnap met en garde parce qu'on la retrouve sous des formes plus discrètes. On dit que la pierre brise la vitre, alors qu'en réalité ce qui explique le bris, c'est plutôt l'ensemble des conditions données (vitesse de la pierre, épaisseur de la vitre) et des lois les régissant (balistique, dureté des matériaux) : cet ensemble-lA  seulement constitue la cause ou plutôt la structure causale dans laquelle l'événement est pris. L'énoncé universel est plus fécond pour la connaissance que l'énoncé purement factuel. Il est scientifique s'il s'applique A  des cas que nous n'ans pas encore observés (conditionnelles contraires aux faits). Ce texte donne un critère discriminant les lois réelles des pseudo-lois. Les lois logiques n'expliquent en réalité rien sur notre monde dans sa contingence. La preuve en est qu'elles sont, contrairement aux lois de la physique, valables pour d'autres univers possibles. Expliquer un fait, c'est donc donner une loi, que celle-ci soit déterministe (A  validité - universelle -) ouprohabiliste.

Pour résumer, la science commence par l'observation directe de faits isolés. Rien d'autre ne peut AStre observé. Une régularité, assurément, ne peut pas AStre observée directement. C'est seulement en ant un grand nombre d'observations qu'on découvre des régularités. Ces régularités sont exprimées par des énoncés appelés - lois -.
A€ quoi bon ces lois ? A quoi servent-elles dans les sciences et dans la vie courante ? La réponse est double : on les utilise pour expliquer des faits déjA  connus, et pour prédire des faits qu'on ne connait pas encore.
Voyons d'abord comment on se sert des lois scientifiques A  des fins d'explication. Il est impossible de donner une explication ' de donner quelque chose qui mérite le titre honorable d'explication ' sans se référer A  une loi au moins. (Dans les cas les plus simples, il n'y a qu'une seule loi, mais les cas plus compliqués peuvent faire entrer en jeu toute une série de lois.) Il est important de souligner ce point, car souvent des philosophes ont soutenu qu'ils pouvaient expliquer d'une autre manière tel ou tel fait emprunté A  l'histoire, A  la nature ou A  la vie humaine. Leur procédé consiste en général A  mentionner spécifiquement un agent ou une force d'une espèce ou d'une autre, qu'ils rendent responsable de l'événement A  expliquer.
Dans la vie courante, c'est lA  un type d'explication que nous connaissons tous. Quelqu'un demande : - Comment se fait-il que ma montre, que j'avais laissée ici sur la le avant de quitter la pièce, n'y soit plus ? - Vous répondez : - J'ai vu Untel entrer et la prendre. - C'est tre explication de la disparition de la montre. Peut-AStre trouvera-t-on que ce n'est pas une explication suffisante. Pourquoi Untel a pris la montre ? Voulait-il la ler ou simplement l'emprunter ? Peut-AStre s'est-il imaginé que c'était la sienne. La première question : - Qu'est-il arrivé A  la montre ? -, a reA§u pour réponse l'énoncé d'un fait : Untel l'a prise. La deuxième question : - Pourquoi Untel l'a-t-il prise ? -, admettrait pour réponse un autre énoncé de fait : il l'a empruntée pour un moment. Il semble donc que nous n'ayons nullement besoin de lois. Nous ans demandé l'explication d'un fait, on nous a donné un autre fait. Nous demandons l'explication de cet autre fait, on nous en donne un troisième. Si nous continuons A  demander des explications, on nous fournira peut-AStre encore d'autres faits. Dès lors, pourquoi serait-il nécessaire de recourir A  une loi afin d'expliquer un fait de manière adéquate ?
La réponse est que les explications par des faits sont en réalité des explications par des lois, mais déguisées. En les examinant de plus près, nous constatons que ce sont des énoncés abrégés et incomplets qui reposent de faA§on implicite sur certaines lois si bien connues qu'on peut les passer sous silence. Dans l'exemple de la montre, la première réponse : - Untel l'a prise -, ne serait pas considérée comme une explication satisfaisante si nous ne tenions point pour acquise la loi universelle suivante : lorsque quelqu'un prend une montre sur une le, la montre ensuite ne se trouve plus sur la le. []
Les lois scientifiques fournissent non seulement des explications relatives aux faits observés, mais aussi un moyen de prédire des faits qui n'ont pas encore été observés.
5.Qa Au départ nous ans une loi universelle : pour tout objet x, s'il possède la propriété P, alors il possède également la propriété Q. Ensuite, nous ans un énoncé affirmant que l'objet a possède la propriété P. En troisième lieu, nous déduisons, grace A  une opération logique élémentaire, que l'objet a possède la propriété Q. Ce schéma est sous-jacent A  la prédiction comme A  l'explication ; la seule différence réside dans l'état de nos connaissances. Dans le cas de l'explication, le fait Qa est déjA  connu, et nous l'expliquons en montrant comment il peut se déduire des énoncés 1 et 2. Dans la prédiction, en revanche, Qa est un fait qui n'est pas encore connu. Nous ans une loi, et nous ans le fait Pa. De lA , nous tirons la conclusion que Qa doit, lui aussi, AStre un fait, bien que ce fait n'ait pas encore été observé. Par exemple je connais la loi de la dilatation thermique. Je sais aussi que je viens d'échauffer une barre de métal. Grace A  l'opération logique indiquée par le schéma, je déduis de lA  que, si je mesure la barre, je constaterai un allongement.
Dans la plupart des cas, le fait A  déduire est effectivement encore A  venir (par exemple lorsqu'un astronome prédit la date de la prochaine éclipse de soleil) ; c'est pourquoi j'emploie le terme de - prédiction - pour désigner cette deuxième utilisation des lois. Mais il ne s'agit pas nécessairement d'une prédiction au sens littéral du terme. Dans bien des cas, le fait A  déduire est contemporain du fait déjA  connu, comme dans l'exemple de la barre chauffée, où l'allongement se produit en mASme temps que réchauffement. Seule notre observation de l'allongement est postérieure A  notre observation de réchauffement.
Dans d'autres cas, le fait A  déduire peut appartenir au passé. Sur la base de certaines lois psychologiques et de certains faits élis grace A  des documents historiques, l'historien déduit certains faits historiques jusque-lA  inconnus. Un astronome pourra sair par déduction qu'A  telle date, dans le passé, une éclipse de lune a dû air lieu.





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