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DROIT

Le droit est l'ensemble des règles générales et abstraites indiquant ce qui doit être fait dans un cas donné, édictées ou reconnues par un organe officiel, régissant l'organisation et le déroulement des relations sociales et dont le respect est en principe assuré par des moyens de contrainte organisés par l'État.


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Van fraassen

Van fraassen : la loi dans les sciences



LE CRITÀRE D'UNIVERSALITé



Van Fraassen Lois et symétrie, trad. C. Cheval ley, Vrin, 1994, p. 99-l01.

Bas C. Van Fraassen, épistémo-logue contemporain enseignant actuellement aux états-Unis, temet en cause le bien-fondé de la notion de loi dans les sciences. Il critique au long de cet ouvtage, écrit en 1989, les présupposés de celle-ci dans les théories épistémologiques les plus récentes. La notion de loi possède une étonnante résistance dans l'histoire des sciences : l'empirisme logique l'a réinstie (Carnap, Hempel, Nagel), malgré un refus affiché de toute métaphysique. Le recours A  la loi serait nécessaire A  l'activité scientifique depuis l'apparition de la science classique. Dessectiunes se réfère, pour valider l'extension de ses propositions cinétiques, A  une contrainte globale exercée sur les choses naturelles par Dieu qui maintient constantes les quantités de moument. Or, mASme - laïcisée -, la science continua A  se référer A  la notion d'origine théologico-métaphysique de loi de la nature. Comment ne pas supposer, pour fonder la vérité des énoncés scientifiques, que le monde est objectiment régi par des lois auxquelles correspondent les énoncés de la physique ? Si ce présupposé est trop lourd ontologiquement, on peut, comme Peirce, se placer au niau des croyances et dire que, la réalité légale du monde fût-elle la plus improbable, nous avons besoin de croire A  celle-ci pour pratiquer l'activité scientifique (Lois et symétrie, p. 89 sq.). Ce retranchement est critiqué aussi par Van Fraassen, qui cherche A  proposer un autre type de rationalité que celui qui est véhiculé par la philosophie des lois de la nature (en promouvant notamment la rationalité pasca-lienne du pari). La notion de loi ne repose sur aucun fondement sle. Elle est ambiguA« et recèle des significations trop différentes. Elle est inutile, voire gASnante, car elle enferme l'épis-témologie dans des questions que ne se posent pas les scientifiques : - au lieu de parler des lois en termes d'unirsalité et de nécessité - (comme le font les philosophes) - les scientifiques en parlent en termes de symétrie, de transformations et d'invariance - (ibid., p. 67). Le positivisme logique a voulu décrire les théories scientifiques en termes de logique, comme des systèmes axiomatiques, dont l'important est la structure formelle, les règles de correspondance entre les principes théoriques et les régularités phénoménales représentant une partie secondaire de la science. Pour Van Fraassen, un tel modèle est stérile. L'unirsalité A  laquelle les positivistes ulent associer de toute force la loi n'est pas probante.
Dans le chapitre présent, l'auteur regroupe les différents entAStes A  la majorité desquels doit répondre une définition de la loi scientifique. Parmi ceux-ci urent le rapport A  la nécessité, la propriété qu'a une loi de pet-mettre d'inférer des propositions vraies, l'intentionnalité, la capacité d'explication, de prédiction et de confirmation, et, en premier lieu, l'unirsalité de la proposition qui l'exprime. Mais tous ces critères sont faillibles, soit qu'ils renvoient l'un A  l'autre, soit que leur sens soit impossible A  fixer. Van Fraassen résume le problème en montrant que deux exigences sont impossibles A  respectet ensemble et enferment la loi dans une impasse : si l'on ut que la loi ait la propriété de conférer la nécessité A  certaines propositions (l'infirma), on ne sait comment identifier dans la nature ce qui constitue un fait nomologique. Inrsement, si l'on décide de régler d'abord le problème de cette identification de la nécessité, et qu'A  cet effet l'on considère dans le réel la nécessité comme un fait primitif, alors on réduit la propriété d'inférence de la loi A  n'AStre qu'une simple tautologie, on diminue sa portée tout en avanA§ant une lourde présupposition. C'est le dilemme inférence-identification auquel Van Fraassen affirme que toute définition de la loi est inéluclement soumise (ibid., p. 114-l15). Le problème soulevé ici par le critère d'unirsalité est de savoir si l'on peut décrite une loi du point de vue des propriétés logiques et sémantiques de l'énoncé qui la ptésente. Ainsi, Carnap cherchait A  ramener la nécessité causale A  une propriété logique des énoncés, A  décrire la propriété d'AStre causalement vrai comme une relation entre propositions dans un système dont les lois fondamentales de la na-tute seraient les prémisses. L'unirsalité serait une propriété logique des propositions censée faire reconnaitte leurs énoncés comme nomologiques. Mais la forme unirselle d'une proposition ne suffit pas A  en faire une loi. A€ ce problème classique l'auteur ut donner une solution radicale : abandonne! la voie formelle de traitement du problème.

Malheureusement cette notion d'unirsalité, prise comme signe de la légalité, a récemment connu des avatars et ce pour de nombreuses raisons. Pour commencer, montrons que l'unirsalité ne suffit pas pour transformer une vérité en une loi de la nature. Aucune rivière passée, présente ou future n'est une rivière de Coca-Cola, ni une rivière de lait. Je crois que cela est vrai ; je crois aussi que cet énoncé porte sur le monde dans sa totalité et A  trars son histoire. Mais nous n'éprouvons aucun penchant A  considérer cet énoncé comme une loi. Naturellement nous pouvons chicaner sur les termes de - rivière -, de - Coca-Cola - ou de - lait -. Il est possible que ces termes soient des particularismes terriens. Mais si nous n'éprouvons aucun penchant A  considérer ce fait général comme une loi, c'est parce que nous y voyons une vérité simplement conjoncturelle ou accidentelle. Nous aurons donc la mASme intuition, quels que soient les termes employés. Ce point apparait de manière particulièrement frappante si l'on pense A  certains exemples parallèles qui utilisent exactement les mASmes catégories de termes et qui exhibent exactement la mASme forme logique, tout en évoquant des réactions différentes lorsque nous réfléchissons A  ce qui pourrait AStre une loi. Reichenbach et Hempel ont commenté sous des formes variées l'exemple suivant :
1. Toutes les sphères solides d'uranium enrichi (U 235) ont un diamètre inférieur A  un mile.
2. Toutes les sphères solides d'or (Au) ont un diamètre inférieur A  un mile.
Je suppose que ces deux énoncés sont vrais. Je suis disposé A  admettre l'idée que le premier relè peut-AStre d'une loi, parce que la masse critique de l'uranium interdit l'existence d'une telle sphère. Le second est un fait accidentel ou conjoncturel ' la terre, ni aucune ète sans doute, ne possède une telle quantité d'or, mais la science que j'accepte n'exclut pas la possibilité qu'il y ait des sphères d'or de ce genre. Mais laissons de côté les raisons qui nous font accepter ces énoncés ' le point important est celui-ci : le fait que 1 puisse AStre une loi, fût-ce une petite loi, tandis que 2 ne saurait en aucun cas AStre une loi, ne peut pas AStre dû A  une différence de l'ordre de l'unirsalité.
L'autre conséquence qui apparait maintenant tout A  fait clairement est que les lois ne peunt pas AStre simplement identifiées aux énoncés vrais d'une certaine classe caractérisée en termes de syntaxe ou de sémantique. Aucune caractéristique syntaxique ou sémantique générale ne différencie les deux exemples parallèles. Nous ferions donc fausse route dès le début si nous pensions, A  la suite d'auteurs tels que Goodman, Hempel et Davidson, que les lois sont les énoncés - nomologiques - vrais.
Nous pouvons nous mettre d'accord sur les intuitions qui ont été évoquées plus haut avant mASme tout examen précis de l'unirsalité. Mais par ailleurs nous entrevoyons déjA  des raisons de penser que cet examen ne serait pas aisé A  faire. En fait, il est extrASmement difficile de rendre la notion d'unirsalité précise sans en faire quelque chose de trivial. La simple forme linguistique -Tous les sont - ne constitue pas un guide sûr, parce qu'elle ne reste pas invariante par transformation logique. Par exemple, - Pierre est honnASte - est équivalent, en logique ordinaire, A  l'énoncé unirsel - Tout individu identique A  Pierre est honnASte -. Il s'avère étonnamment difficile de définir la généralité d'un contenu. Ces difficultés ont émergé de manière tout A  fait dramatique en sémantique et en philosophie des sciences et l'on trou actuellement, dans la littérature sur le sujet, des opinions dirgentes quant A  la question de savoir s'il est vraiment nécessaire que les lois soient unirselles pour AStre des lois. Michael Tooley a proposé des contre-exemples possibles. David Armstrong maintient l'unirsalité comme un réquisit, mais il confesse lui-mASme qu'il est disposé A  envisager d'amender ce point. Chez David Lewis, l'unirsalité n'est pas maintenue comme un réquisir. []
MASme s'il est encore présent dans le débat sur les lois, le critère de l'unirsalité ne possède donc plus une prééminence absolue.





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