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ECONOMIE

L’économie, ou l’activité économique (du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : « administration d'un foyer », créé à partir de οἶκος / oîkos : « maison », dans le sens de patrimoine et νόμος / nómos : « loi, coutume ») est l'activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l'échange et la consommation de biens et de services. L'économie au sens moderne du terme commence à s'imposer à partir des mercantilistes et développe à partir d'Adam Smith un important corpus analytique qui est généralement scindé en deux grandes branches : la microéconomie ou étude des comportements individuels et la macroéconomie qui émerge dans l'entre-deux-guerres. De nos jours l'économie applique ce corpus à l'analyse et à la gestion de nombreuses organisations humaines (puissance publique, entreprises privées, coopératives etc.) et de certains domaines : international, finance, développement des pays, environnement, marché du travail, culture, agriculture, etc.


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La théorie du déséquilibre

La théorie du déséquilibre : la gÉnÉralisation de la thÉorie gÉnÉrale




Considérée comme - un des développements significatifs de l'analyse économique A  l'époque actuelle - (B. Ducros), la théorie du déséquilibre est issue d'une relecture de Keynes par l'économiste suédois Alex Leijonhufuvd {On keynesian économies and the économies of Keynes, 1968), et par R. Clower (The keynesian counter-revolution, a theorical appraisal, dans Hahn et Brechling, The theory ofinterest rate, 1965), bientôt rejoints par l'économiste hongrois Janos Kornaï, les FranA§ais E. Malinud et J.-P. Bcnassy et d'autres Anglo-saxons tels Barro, Grossman, Mullbaucr, Portes, etc.


Alors que chez A. Marshall l'ajustement résulte d'une riation de prix, chez Keynes il s'opère A  la fois par une riation de prix et une riation des quantités en raison des rigidités dues A  l'imperfection de la concurrence. Pour Leijonhufvud et Clower, l'ajustement se fait par les quantités, par le rationnement qui reflète l'imperfection de l'information plus que celle de la concurrence.
L'importance de l'information, qui n'est ni totale, ni gratuite, ni également partagée, est soulignée tant par Leijonhufuvd qui titre son ouvrage de théorie macro-économique paru en 1981, Information et coordination, que par Clower qui fonde sur la contrainte un processus de décision duale et distingue les offres et demandes virtuelles, qualifiées de notionnelles, des offres et demandes effectives qui en diffèrent de tout le poids des rationnements, il généralise le concept keynésien de demande effective aux ménages et aux entreprises et l'accomne par symétrie d'offres effectives. L'équilibre walrasien fait coïncider les offres et les demandes notionnellcs et les offres et les demandes effectives et cristallise toute l'information dans le prix. La théorie du déséquilibre fait de la monnaie non un énième bien mais un - non-bien - car - la monnaie achète les biens, les biens achètent la monnaie, mais les biens n'achètent pas les biens - (Clower). La monnaie véhicule une précieuse information en faisant communiquer les marchés, ce dont le troc est privé, mais il existe d'autres sources d'informations, sinon comment se détermineraient les - prices-makers - ?
A travers la monnaie un déséquilibre apparu sur un marché contamine les marchés contemporains et ultérieurs par le report. La proation des déséquilibres, version rajeunie du multiplicateur de Keynes pose le problème d'une éventuelle hiérarchie des marchés. Selon Don Patinkin (Money, interest, priées) précurseur de la théorie du déséquilibre, le marché des biens transmet le déséquilibre en reportant une demande non satisfaite vers un autre marché (par exemple, l'automobile A  défaut du logement pour les FranA§ais des années 50). R. Clower estime au contraire, dans un article de 1975, que le marché du trail connait le premier un excès d'offre, déA§oit les salariés et contamine le marché des biens. Le modèle général de Barro et Grossman exprime l'interdépendance des déséquilibres et évite de trancher. Kornaï, pour sa part, insiste dans ses deux livres (Anti-equilibrium, 1971, et Economies of shortage, 1980) sur la persistance et le renforcement spontané des déséquilibres dans le temps.
Peu A  peu s'est dégagée une typologie des déséquilibres : Barro et Grossman, J.-P. Benassy et E. Malinud distinguent quatre régimes :
' l'excès d'offre effective (marché acheteur) sur les deux marchés des biens et du trail, correspondant au chômage keynésien ;
' l'excès de demande effective (marché vendeur) sur les deux marchés ou inflation refoulée ;
' l'excès d'offre sur le marché du trail et l'excès de demande sur le marché des biens, contraignant doublement les ménages, soit le chômage classique, encore qualifié de stagflation par J.-P. Benassy, l'identité des situations étant seulement masquée par la nouveauté terminologique ;
' l'excès de demande sur le marché du trail et l'excès d'offre sur le marché des biens, soit une double contrainte pour les entreprises, cas anti-classique, rejeté par E. Malinud car - en plein-emploi, la production est pratiquement fixée A  court terme par l'offre de trail puisque la demande de trail est rationnée, les firmes ne peuvent envisager une production supérieure A  la production vendue. Donc elles ne peuvent AStre considérées comme rationnées dans leur offre de produits - (The theory of unem-ployment reconsidered, 1977, p. 30-31).
Pourtant ce quatrième cas ne parait pas irréaliste en économie internationale où la production n'est pas fixée par l'offre du trail nationale, grace A  la délocalisation de la production, où les firmes peuvent envisager une production supérieure A  celle vendue sur le marché intérieur grace aux exportations, et où elles peuvent AStre considérées comme rationnées dans leur offre de produits A  l'exportation par l'endettement et le manque de devises des pays étrangers.
Le chômage des années 80 est-il classique ou keynésien ? E. Malinud ance une réponse nuancée : c'est - un chômage keynésien contaminé de chômage classique - (Réexamen de la théorie de chômage, p. 161), keynésien parce qu'une offre excédentaire préut sur le marché des biens, mais contaminé de chômage classique parce qu'il y a une offre insuffisante de certains types de trail (informaticiens, par exemple) et offre excédentaire d'autres (tels les ouvriers spécialisés).
Pour Leijonhufvud, qui préfère parler d'homéostasie et d'au-torégulation que d'équilibre et de silité, le problème crucial de la coordination du système économique l'amène A  centrer la politique économique sur la notion de - corridor -. Le système a tout lieu de réagir différemment A  de grands écarts plutôt qu'A  des écarts modérés par rapport au sentier (time path) de bonne coordination. A une certaine distance de part et d'autre du sentier ' appelé corridor pour AStre bref ' les mécanismes homéostatiques du système fonctionnent bien et les tendances compensatrices de déviations se renforcent. Au-delA  de cette distance, ces tendances s'affaiblissent et le système devient de plus en plus sujet au rationnement de la demande effective (Information and coordination, chap. 6, p. 109-l10). La largeur du corridor dépend du montant des stocks, notamment des encaisses de liquidité, et de l'éventuelle révision des anticipations. Elle est donc riable et fonction des effets d'apprentissage.
Cette notion de corridor, proche des - conditions aux limites - de Tinbergen ou des seuils de P.-L. Reynaud permet d'opposer des politiques d'endiguement et d'autres de contamination. La croissance déséquilibrée que prônait Hirschmann dès le début des années 60 pour les PVD A  partir de ce que F. Perroux appelle des pôles de développement est un exemple de franchissement du corridor.
La théorie de déséquilibre, si séduisante, n'est pourtant pas exempte de critiques. On peut lui reprocher d'AStre peu dynamique et de se ramener A  un équilibre avec rationnement, d'AStre muette sur la cause du déséquilibre et les modalités du rationnement (proportionnel, aléatoire, etc.), de ne pas assez préciser la largeur du corridor et d'AStre encore limitée dans ses applications de politique économique.
Mais Leijonhufvud et Clower ont opéré une petite révolution : celle de mettre fin au - pouvoir exorbitant du concept d'équilibre qui ne peut vraiment plus AStre considéré comme la description rai-sonnée et logique de ce qui se passe en fait - (F. Perroux), celle aussi d'une mise en perspective de Keynes, maillon dans une évolution qui de l'équilibre walrasien au déséquilibre tolérable.





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