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ECONOMIE

L’économie, ou l’activité économique (du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : « administration d'un foyer », créé à partir de οἶκος / oîkos : « maison », dans le sens de patrimoine et νόμος / nómos : « loi, coutume ») est l'activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l'échange et la consommation de biens et de services. L'économie au sens moderne du terme commence à s'imposer à partir des mercantilistes et développe à partir d'Adam Smith un important corpus analytique qui est généralement scindé en deux grandes branches : la microéconomie ou étude des comportements individuels et la macroéconomie qui émerge dans l'entre-deux-guerres. De nos jours l'économie applique ce corpus à l'analyse et à la gestion de nombreuses organisations humaines (puissance publique, entreprises privées, coopératives etc.) et de certains domaines : international, finance, développement des pays, environnement, marché du travail, culture, agriculture, etc.


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L'insuffisance des modèles de croissance

L'insuffisance des modèles de croissance : la gÉnÉralisation de la thÉorie gÉnÉrale




L'insuffisance des modèles de croissance
Les insuffisances autant que les apports de la Théorie générale ont incité les post-keynésiens A  construire une macro-dynamique qui remplace la notion de retour automatique A  l'équilibre par celle d'une succession de déséquilibres tolérables. Comme ce sont les structures qui empASchent ces déséquilibres de devenir intolérables, les post-keynésiens ont construit une algèbre des agrégats, issue de l'égalité entre l'épargne et l'investissement, dont les paramètres et les solutions doivent s'interpréter en termes de structure. Malgré l'amélioration successive que nous allons retracer, ces modèles de croissance donnent l'impression décente de laisser échapper la vérile nature de la croissance économique en eant une réalité mounte.


C'est Roy Forbes Harrod qui dès 1939 a formulé le premier de ces modèles de croissance ( 10). Né en 1900, Harrod a poursuivi ses études, puis enseigné A  Oxford, ce qui ne l'a pas empASché de connaitre dès 1930 Keynes. le maitre de Cambridge, et de lui consacrer la meilleure biographie qui existe sur cet auteur dont il est, avec Mrs Joan Robinson, l'un des principaux continuateurs originaux, se situant A  droite, puisqu'il a été le conseiller économique du Gouvernement conserteur pendant les années cinquante, tandis que Mrs Joan Robinson, plus A  gauche, illustre la tendance marxiste.
Le modèle de Harrod veut expliquer comment la croissance se réalise A  travers les fluctuations en combinant le multiplicateur d'investissement et le principe d'accélération qu'il préfère appeler - la relation -, sous-entendu entre le taux de riation de la demande et celui de l'offre, car il s'agit d'une vitesse, alors que l'accélérateur signifie une riation des vitesses (11). L'originalité du modèle de Harrod tient A  ce qu'il distingue trois taux de croissance, le taux garanti, qui assure l'équilibre économique entre l'épargne et l'investissement A  travers la croissance et correspond en dynamique A  l'équilibre monétaire des Suédois, le taux effectif, celui qui se réalise effectivement, et le taux naturel qui est le taux maximum de croissance rendu possible par l'accroissement de la population, l'accumulation du capital, le progrès technique et le choix entre le trail et le loisir, en supposant réalisé le plein-emploi. En appelant g, le taux garanti, s le taux d'épargne et c le coefficient de capital. Harrod élit son équation fondamentale gc = s, autrement dit le taux de croissance garanti est égal au taux d'épargne divisé par le coefficient de capital qui est aussi un taux d'investissement, donc égal au rapport entre le taux d'épargne et le taux d'investissement. La aison des trois taux explique A  la fois la croissance et son insilité : de l'écart entre le taux garanti et le taux effectif nait la fluctuation, tandis que l'écart entre le taux garanti et le taux naturel provoque la croissance.
Ce premier modèle de croissance a suscité maintes critiques. On a dit que la formule célèbre de Harrod, simple identité de définition, n'était pas démontrée, que le concept de taux garanti n'était pas clair, que ce modèle ne débouchait sur aucune politique économique faute d'étape intermédiaire entre la théorie et les faits, que les concepts d'épargne et d'investissement utilisés n'étaient pas plus élaborés que ceux de Keynes, qu'en supposant le taux d'intérASt et le coefficient de capital sles et en les considérant comme exogènes, ce modèle, étranger A  l'irréversibilité du temps, ne pouit AStre historique Le modèle de Harrod n'en demeure pas moins l'irremplaA§able point de départ de la théorie de la croissance et, comme tel, a suscité deux riantes américaines, celle de Domar et celle de Fellner.
Le modèle de Domar (12) si proche algébriquement que joignant les deux noms on se réfère maintenant au modèle de Har-rod-Domar, est né de l'insatisfaction ressentie par Domar, élève et ami d1 Al vin Hansen, A  la lecture de Fiscal Policy and business cycles : il lui semblait étrange que l'effet d'un investissement additionnel constant sur le revenu national soit un revenu constant et non croissant. Considérant l'économie A  la fois du côté de l'offre comme les classiques et du côté de la demande, privilégiée par Keynes, il remarque qu'on trouve l'investissement des deux côtés, mais pas sous la mASme forme. Du côté de la demande c'est l'accroissement de l'investissement et l'effet de multiplication du revenu, du côté de l'offre c'est le montant de l'investissement comme accroissement de la capacité de production liée A  l'accélérateur. Le problème se ramène A  chercher quel taux d'investissement permet que l'accroissement du revenu, qui dépend de l'accroissement de l'investissement soit égal A  l'accroissement de la capacité de production qui dépend du montant de l'investissement et non de son accroissement.
L'originalité du modèle de Domar consiste A  remplacer le taux de croissance garanti par un taux de croissance d'équilibre, ce qui est préférable, mais en introduisant un concept de productivité moyenne sociale potentielle, qui n'est guère plus clair, bien qu'il ressemble A  l'investissement - ex ante - des Suédois. D'autre part, appartenant A  une génération d'économistes moins préoccupée par le cycle, Domar abandonne l'explication des fluctuations au profit de la seule croissance. L'apport réel de Domar est double ; d'une part, en insistant sur le stock de capital qui reflète la mémoire historique d'une économie globale, il se réfère A  un temps plus historique que celui de Harrod bien qu'exempt de progrès technique ; d'autre part, la politique économique qu'il préconise découle plus logiquement de son analyse de la croissance que chez Harrod ; ainsi de son étude des relations entre l'investissement et l'amortissement il tire argument en faveur de l'investissement accéléré et d'une politique fiscale favorable A  la croissance.


L'éclairage du modèle de Fellner (13), A  peine différent dans son expression algébrique, est tout autre : il est au service d'une intuition juste : la croissance ne peut AStre régulière que grace au progrès technique et aux modifications structurelles. William Fellner, né A  Budapest en 1905, mais venu aux Etats-Unis en 1939 où il a succédé A  Irving Fischer A  Yale, est avec Kaldor et Balogh l'un des grands économistes modernes d'origine hongroise. Son modèle est en grande partie qualitatif. L'équation proprement dite, reléguée dans deux notes de bas de e, prouve assez le rôle secondaire de l'algèbre. En effet, s'il cherche A  dynamiser l'égalité entre l'épargne et l'investissement, il conA§oit ces deux agrégats comme de simples ordres de grandeur ; de plus, la régularité de la croissance qu'exprime leur égalité est due en fait au progrès technique et aux institutions politiques et économiques qui mettent en échec la loi des rendements décroissants.
L'optimisme de Fellner, A  l'inverse de la conception stagnation-niste de Keynes et de Hansen, qui a influencé Harrod et Domar, est une autre caractéristique de ce modèle. Selon lui. une croissance régulière suppose que le progrès technique soit ajusté, que les innotions mises en œuvre ne soient pas n'importe lesquelles, mais, grace A  une sorte de mécanisme d'induction, justement celles qui remédient aux raretés de facteurs. Or historiquement, la quantité d'innotions a toujours été suffisante pour mettre en échec la loi des rendements décroissants et le progrès technique a toujours été ajusté aux raretés dans l'offre des facteurs. Le cycle peut donc AStre éliminé sans altérer la croissance et les structures transformées pour permettre la régularité de cette croissance, comme en témoigne l'exemple des - Trente Glorieuses -
Enfin, dans une ste synthèse, Fellner essaie de regrouper, d'une part, la théorie de la production et celle de la répartition en soulignant que la constance de l'accélérateur suppose celle de la répartition des revenus, donc un taux de profit constant. Il relie, d'autre part, l'économie réelle et l'économie monétaire puisqu'il fait de la silité du niveau général des prix un corollaire de l'équilibre dynamique. Enfin, il concilie la théorie marginaliste et la théorie keynésienne en expliquant l'équilibre dynamique A  la fois par l'égalité entre l'épargne et l'investissement et par l'action d'un progrès technique ajustant l'emploi des facteurs A  leur productivité marginale. Le seul reproche qu'on puisse lui faire est d'affadir le progrès technique, qui est le sel de la croissance, en expliquant un phénomène aussi complexe par le seul état du marché des facteurs.
Par rapport A  Fellner, Hicks et Goodwin ont réussi A  mieux incorporer le progrès technique dans les modèles de croissance en opérant une distinction entre l'investissement autonome et l'investissement induit.
Le point de départ de Hicks (14) est que l'oscillateur de Samuel-son (15) et le modèle de Harrod ont l'un et l'autre prouvé l'insilité du système sans pouvoir expliquer pourquoi il n'explosait pas. Cette explication, Hicks la trouve dans l'existence de deux parapets : la pénurie de ressources constitue une limite supérieure, le plafond de plein-emploi, qui correspond au taux naturel de Harrod, et le fonctionnement asymétrique de l'accélérateur constitue une limite inférieure, le cher d'équilibre inférieur qui se déduit (sans s'y confondre) du trend de l'investissement autonome, dont le rôle ressemble A  celui que Fellner fait jouer au progrès technique. La croissance est donc régularisée parce que le taux effectif ne peut diguer au-delA  des deux parapets : elle est d'autant plus régulière qu'est étroit l'interlle qui dépend de l'importance relative de l'investissement induit par rapport A  l'investissement autonome, bref d'autant plus régulière que l'investissement autonome est important. Sous cette notion nouvelle, Hicks regroupe l'investissement public, les innotions et l'investissement de longue période résultant des changements de goût dont le caractère autonome n'a pas manque d'AStre contesté. Son complément, l'investissement induit, dépend de l'accélérateur qui admet diverses leurs. Ainsi Hicks tient-il compte de la flexibilité historique de l'accélérateur sans l'expliquer en théorie. Outre cette notion d'investissement autonome, Hicks dynamise son modèle en introduisant des décalages, entre l'investissement et le revenu, entre le revenu et la consommation, entre les riations de salaires et l'emploi, entre les riations de l'offre et celles de la demande, etc. Malgré tout, le modèle de Hicks souffre de deux insuffisances : la notion d'investissement autonome masque le progrès technique, un peu comme l'arbre la forASt. Quant au rôle de la monnaie dans la croissance, Hicks s'en désintéresse.
La ressemblance entre le modèle de Hicks et celui de Goodwin ' ou plutôt ceux de Goodwin car il en construit autant que le besoin s'en fait sentir ' est frappante. Ces modèles non linéaires sont fondés sur les oscillations de relaxation, phénomènes étudiés dès 1933 par l'ingénieur franA§ais Le Corbeiller dont les difficultés mathématiques ont empASché la diffusion ant les années cinquante. Mais Richard Goodwin, économètre anglais, élève de Schumpeter qui manifeste, comme Ragnar Frisch, une forte propension aux mathématiques compliquées et aux contributions éparses (16), donne de la flexibilité de l'accélérateur une analyse théorique qui fait défaut chez Hicks.


Pour lui, les interrelations entre la croissance et le cycle sont telles que leur dissociation, justifiée si la croissance était linéaire, fausse la réalité. Seul un modèle de croissance non linéaire permet de comprendre que le progrès économique donne lieu A  des A -coups en période d'expansion, idée qu'il emprunte A  Schumpeter. Il batit donc sur mesure une série de modèles, allant du plus simple au plus compliqué, qui sont des oscillateurs fondés sur le multiplicateur et un accélérateur flexible. A la différence de Harrod et de Hicks, il ne prend pas pour riable le revenu mais le capital désiré. En ce sens, il pourrait sembler moins keynésien qu'eux, mais le rôle qu'il fait jouer A  la demande effective montre qu'il suit Keynes, sinon A  la lettre, du moins en esprit. 11 suppose alors que le capital désiré dépend du revenu, A  travers l'accélérateur, et du progrès technique, distinction qu'on peut rapprocher de celle qu'introduit Hicks entre l'investissement autonome et l'investissement induit. L'écart entre le capital désiré et le capital réalisé, tantôt positif, tantôt négatif, joue le rôle d'un servo-méca-nisme qui fournit une explication endogène du cycle, tandis que la croissance régulière du capital désiré, sous l'effet du progrès technique et de l'élétion de la fonction de consommation, explique la croissance. Ainsi Goodwin, raisonnant sur un accélérateur flexible, puisqu'il dépend du progrès technique, et dynamique en ce qu'il suppose des décalages, a essayé de faire faire A  l'accélérateur les mASmes progrès que ceux qu'a réalisés le multiplicateur depuis la conception instantanée qu'en ait Keynes. Supérieur dans le traitement de l'accélérateur, le modèle de Goodwin tient moins compte, dans l'ensemble, des décalages que celui de Hicks, et il utilise des mathématiques différentes, le calcul différentiel au lieu des équations aux différences finies.
Pourtant tous ces modèles présentent le défaut fondamental de considérer comme riables exogènes la population et le progrès technique. Un progrès ultérieur de l'analyse économique post-keynésienne deit les incorporer au modèle général de la croissance.
Il y a deux manières de rendre la population et le progrès technique endogènes : les incorporer comme deux expressions d'un mASme dynamisme en cherchant la relation complexe qui les lie, attitude adoptée par les Anglais Nicolas Kaldor et Mrs Joan Robinson, ou les considérer comme deux facteurs distincts de la croissance, ce qu'ont fait les Américains A  partir de la fonction de Cobb-Douglas.
Nicolas Kaldor (1908-l986), expert des Nations Unies, professeur A  Cambridge et conseiller économique du Gouvernement trailliste, est surtout célèbre par sa proposition de réforme fiscale (17) remplaA§ant l'impôt sur le revenu A  progressivité rapide par un impôt sur la dépense, quel qu'en soit le moyen de financement : revenus, gains en capital ou héritage. Un tel impôt présenterait, selon lui. l'antage d'AStre équile, car parfaitement ajusté au pouvoir de dépense du contribuable, et anti-inflationniste, puisqu'il exonérerait l'épargne tant qu'elle ne serait pas dépensée et remplacerait d'autres impôts qui, eux, sont répercutés sur les prix. On a toutefois reproché A  l'impôt sur la dépense d'AStre difficile A  administrer et de socialiser le capital dans les mains des épargnants plutôt que d'empAScher l'accumulation des fortunes privées. Pourtant les idées de Kaldor ont reA§u un début d'application en Angleterre avec la création d'un impôt sur les bénéfices spéculatifs et les gains en capital.
L'originalité du modèle de croissance (18) de Kaldor tient A  une fonction de progrès technique dans laquelle il condense deux facteurs souvent distingués, l'accumulation du capital et le progrès technique, représentés par une courbe plus ou moins élevée selon l'abondance du flux d'idées neuves, qui détermine un équilibre tel que le pourcentage de croissance du capital soit égal A  celui de la croissance de la production et A  la leur du coefficient de capital. Ce dernier ne dépend donc pas, dans le modèle de Kaldor, de la nature des inventions, mais de la relation entre le flux d'idées neuves et le taux d'accumulation du capital. Ainsi Kaldor offre-t-il une réponse au problème soulevé par la constance approximative du coefficient de capital ainsi que celle de la part des profits et des salaires dans les économies capitalistes, depuis plus d'un demi-siècle. Difficulté qu'Hicks, Harrod ou Mrs Joan Robinson ont résolue en imaginant la neutralité du progrès technique (autant d'inventions - labor saving - que d'inventions - capital saving - ' quelle coïncidence !) ' et Kalecki, en supposant l'accroissement du pouvoir de monopole contrebalancé par la baisse du prix des matières premières.


A la suite de Kaldor, d'autres modèles de croissance d'inspiration keynésienne construits pendant les années cinquante (Boul-ding (19), Mrs Joan Robinson (20), Weintaub (21), Bombach (22), Schneider (23), etc.) se sont orientés vers l'analyse des riables de la répartition.
L'un des plus brillants sinon des plus fidèles disciples de Keynes, Joan Robinson, première femme qui ait marqué la théorie économique, a publié en un demi-siècle, une œuvre considérable regroupée en cinq volumes, ant sa mort en 1983.
Nourrie dans le sérail de Cambridge où elle arrive en 1922, elle côtoie A. Marshall. Keynes et Straffa et, stimulée plus qu'étouffée par eux, apporte une contribution scientifique originale, malgré (ou grace) A  l'idéologie de gauche qui anime cette aristocrate.
Joan Robinson, d'abord élève d'Alfred Marshall dont les Principes étaient alors - la bible - de l'économie, lui emprunte sa distinction entre le court et le long terme, mais autant les contradictions dont il vivifie son analyse de l'équilibre partiel lui paraissant justifiées, autant sa vision de l'équilibre comme aboutissement d'un processus dynamique dans le long terme, ne la coninc pas. Pour elle, l'équilibre n'est qu'une référence. L'analyse keynésienne vient combler son insatisfaction. Elle discute des idées forces de la Théorie générale ant mASme que le livre ne soit publié et en voudra A  Hicks de réduire son apport A  la courbe IS/LM, alors qu'elle le situe dans l'analyse de l'incertitude en courte période. Mais, dès 1949, elle regrette que Keynes n'ait pas élaboré de théorie de la longue période ni répondu aux problèmes majeurs de l'économie : quelles sont les forces qui gouvernent l'importance du surplus social, le taux d'accumulation et le progrès technique ? Quelles sont celles qui provoquent A  travers le processus d'accumulation capitaliste des crises de chômage périodiques ?
Ces problèmes, Ricardo se les était déjA  posés et Joan Robinson les découvre ainsi que Marx, A  travers Straffa, lorsqu'il publie son introduction aux œuvres de Ricardo en 1951, et grace A  Michel Kalecki. Elle constate alors que - le concept de taux de profit du capital est essentiellement le mASme chez Ricardo, Marx. Marshall et Keynes - (vol. IV, p. 247). Joan Robinson, qui se qualifie elle-mASme de - keynésienne de gauche - devient marxiste en ce qu'elle est favorable A  la socialisation de l'investissement et au contrôle public du revenu issu de la propriété, car les moyens de production incorporent une technologie qui résulte d'un effort collectif et ne doit pas donner lieu A  un monopole prive. Mais les marxistes ne lui pardonnent pas de considérer la théorie de la leur-trail comme - un détour inutile et confus - (Gram et Walsh, Journal of Economie Liierature, juin 1983, p. 545).
Son œuvre originale a consisté A  généraliser la Théorie générale d'abord en étendant l'analyse keynésienne A  la longue période dans son œuvre la plus célèbre - L'accumulation du capital - (1956). Elle y montre que le capital ne peut AStre mesuré indépendamment du taux de profit, ce qui provoqua une longue controverse sur la mesure du capital. Ensuite elle généralise la Théorie générale en l'appliquant, l'une des premières, A  l'économie internationale, dénonA§ant les mesures de représailles (politique beggar my neighbour) qui se sont multipliées pendant les années 30 mais qui ont pu ' en partie grace A  elle ' AStre évitées depuis la Deuxième Guerre mondiale.
Joan Robinson, trop marxiste pour les uns, pas assez pour les autres, n'utilise pas les mathématiques et déteste la théorie wal-rasienne de l'équilibre général. C'est une moraliste, opposée au libéralisme car il nie ce qui est pour elle le grand problème moral, le conflit entre l'intérASt individuel et l'intérASt social. Son idéologie socialiste ne l'a pas empASchée de construire une œuvre scientifique considérable, mais sûrement d'avoir un prix Nobel.
Finalement, ce ne sont pas les modèles de croissance de type keynésien fondés sur la demande et l'investissement mais ceux qui, A  partir de l'offre et des coûts, prennent appui sur les relations input-output de Léontief (24) et la fonction de Cobb-Douglas (25) qui ont le mieux cerné le rôle du progrès technique dans la croissance. S'il ne peut AStre incorporé au trail seul (Denison) (26) ni au capital seul (Solow) (27), il apparait comme un résidu mystérieux qu'une fonction plus complexe SMAC (du nom de ses auteurs : Solow, Minhas, Arrow (28) et Chenery) (29) essaie d'isoler en supposant une élasticité de substitution riable et aussi ' ce qui est bizarre A  propos du progrès technique ' des rendements constants.






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