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MANAGEMENT

Le management ou la gestion est au premier chef : l'ensemble des techniques d'organisation des ressources mises en œuvre dans le cadre de l'administration d'une entité, dont l'art de diriger des hommes, afin d'obtenir une performance satisfaisante. Dans un souci d'optimisation, le périmètre de référence s'est constamment élargi. La problématique du management s'efforce - dans un souci d'optimisation et d'harmonisation- d'intègrer l'impact de dimensions nouvelles sur les prises de décision de gestion.


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Les gagnants et les perdants de la mondialisation dans l'approche traditionnelle de la spécialisation

Les gagnants et les perdants de la mondialisation dans l'approche traditionnelle de la spécialisation : Ressources humaines




Les gagnants et les perdants de la mondialisation dans l'approche traditionnelle de la spécialisation
La théorie néoclassique du commerce international révèle que l'ouverture aux échanges conduit à une spécialisation intersectorielle des économies nationales sur la base de leurs dotations relatives en facteurs de production. Quels mécanismes régissent cette spécialisation ? Quand des pays aux dotations quasiment opposées, comme ceux du Nord et du Sud. s'ouvrent aux échanges, quelles en sont les conséquences internes ? À quels facteurs de production profite cette spécialisation ? Autrement dit, quels sont les perdants et les gagnants face à la mondialisation ?



1. Ouverture et spécialisation intersectorielle : les principes

Le modèle développé par Heckscher. Ohlin et Samuelson (modèle HOS) représente le cœur de la théorie néoclassique de l'antage atif. C'est dans ce cadre que, pour la première fois, une relation directe a été élie entre échange international et rémunérations des facteurs de production. Il s'agit du théorème de Stolper-Samuelson. Quels sont les mécanismes à la base de ce théorème et quelle est sa portée opératoire ?

L'évolution des spécialisations
Une nation qui s'inscrit dans la gue de mondialisation accepte par là même que les prix relatifs internationaux s'imposent au niveau domestique (si l'économie est de taille assez réduite pour ne pas influencer les prix mondiaux). Dans le modèle HOS, cette évolution des prix relatifs suite à l'ouverture guide les spécialisations.
Pour comprendre ce mécanisme, considérons une petite économie développée, ou disons du Nord, ouverte sur le reste du monde. Supposons qu'elle produit avec des rendements constants, à l'aide de deux facteurs de production (le trail qualifié, Lq, et le trail non qualifié, Lnql), deux biens Q et NQ (la production de Q est intensive en trail qualifié, tandis que celle de NQ l'est en trail non qualifié). Les prix des deux biens (Pq et Pnq)) sont fixés au niveau international et les salaires des trailleurs qualifiés et des trailleurs non qualifiés (Wq et Wnq respectivement) sont fixés en réaction. Le raisonnement en concurrence pure et parfaite implique que l'élissement des prix (des biens et des facteurs) annule les demandes excédentaires sur tous les marchés.
Supposons que cette économie ouverte et industrialisée soit relativement bien dotée en trail qualifié. Que se passe-t-il alors lorsque le prix du bien intensif en trail non qualifié baisse suite à la réduction des barrières à l'échange entre le Nord et le Sud et donc à l'insertion croissante des pays à bas salaires dans le commerce mondial ? Le graphique ci-après illustre ce qu'il advient de la spécialisation de cette économie.
Suite à la baisse du prix du bien intensif en trail non qualifié (NQ), il devient plus intéressant pour les firmes du Nord de produire du bien Q (dont le prix relatif a augmenté) plutôt que du bien NQ. L'économie donc se spécialiser dans la production de Q. Cette situation est résumée par le graphique 1. Initialement, le prix relatif du bien Q est donné par la pente (exprimée en leur absolue) de la droite 1. Celle-ci est tangente en A à la frontière des possibilités de production de l'économie. La baisse du prix du bien NQ conduit à un pivotement de cette droite de 1 à 2. Le nouvel équilibre est alors donné par B. L'évolution de l'équilibre entre A et B marque bien la spécialisation (partielle) du pays dans la production de Q. Mais cette spécialisation n'est possible que si la main-d'œuvre est parfaitement mobile entre les secteurs.

Des transferts d'emplois entre les secteurs, des inégalités entre les trailleurs
La spécialisation du pays n'a été possible que parce que des ressources productives ont pu être transférées du secteur produisant le bien NQ vers le secteur qui produit Q. Ces transferts de ressources, pour être compatibles avec le plein emploi des facteurs de production, induisent cependant des évolutions dans la rémunération de ces derniers.
En effet, en produisant moins de bien NQ les firmes libèrent une proportion plus importante de trail non qualifié que de trail qualifié, puisque la production de NQ est intensive en trail non qualifié. Or, l'augmentation de la production de Q requiert surtout du trail qualifié. Dès lors, un surplus de trail non qualifié et une pénurie de trail qualifié apparaissent dans le pays parallèlement au processus de spécialisation.
Ces déséquilibres sur le marché du trail induisent une évolution des rémunérations réelles des deux types de trailleurs. Une baisse de la rémunération réelle des trailleurs non qualifiés et une hausse de celle des trailleurs qualifiés sont la condition sine qua non rélissant le plein emploi. Ces évolutions incitent l'ensemble des firmes à embaucher plus de trailleurs non qualifiés et moins de trailleurs qualifiés devenus relativement plus chers.
La démonstration analytique du théorème de Stolper-Samuelson révèle que la baisse de la rémunération réelle des trailleurs non qualifiés est supérieure à la baisse du prix du bien NQ, tandis que la hausse de la rémunération réelle du trail qualifié est supérieure à la leur absolue de la baisse du prix du bien NQ. Il s'agit de l'effet d'amplification mis en évidence par Stolper et Samuelson. Notons que ce raisonnement peut être assez simplement illustré à l'aide du diagramme de Lerner-Pearce ([Deardorff et Stern, 1994) pour les démonstrations analytiques et graphiques de toutes les versions du théorème).
La portée opératoire de ce théorème semble néanmoins limitée. En particulier, s'il est possible de raisonner dans un cadre à deux pays sans être trop réducteur, dans la mesure où l'on peut raisonner sur des zones géographiques plus ou moins agrégées et homogènes, il est par contre abusif de ne considérer dans le raisonnement que deux biens ou deux facteurs de production.


La portée opératoire du théorème de Stolper-Samuelson

Pour conférer plus de réalisme à l'analyse et justifier la montée des inégalités salariales dans les pays du Nord suite à l'ouverture, il faut considérer plusieurs pays ou zones, plusieurs biens et plusieurs facteurs de production. Les nombreux traux suscités par le théorème de Stolper-Samuelson ont permis d'aboutir à une telle généralisation. En particulier, Ethier [1974] a dégagé la notion de biens « amis » et « ennemis ». Un bien est « ami » avec un facteur de production si une hausse de son prix, les prix des autres biens restant constants, conduit à une augmentation non ambiguë (absolue comme relative) de la rémunération de ce facteur. Inversement, il est son ennemi si cette même riation de prix implique une baisse non ambiguë de la rémunération du facteur considéré. Le sens des riations est guidé par les intensités relatives en facteurs de production. Ainsi, l'aéronautique représente un bien ami pour le trail qualifié et ennemi pour le trail non qualifié. Car une hausse des prix dans ce secteur conduit à une hausse de la rémunération du facteur relativement abondant dans ce secteur, à savoir le trail qualifié, et une baisse de la rémunération du facteur relativement rare, le trail non qualifié. Cette version du théorème, démontrée par Ethier, est dénommée friends and enemies version.
Dans ses versions les plus récentes, le théorème de Stolper-Samuelson est peu exigeant en hypothèses et apparait robuste. Il explique alors la montée des inégalités dans les pays développés par leurs spécialisations dans les secteurs intensifs en capital et trail qualifié (les deux facteurs de production étant considérés comme complémentaires) et l'abandon progressif des productions dites traditionnelles ou de main-d'œuvre (textile, chaussure, etc.) qui utilisent intensivement du trail non qualifié. Autant d'activités assurées maintenant par les pays à bas salaires qui profitent ainsi pleinement de leurs antages atifs en termes d'abondance de main-d'œuvre. Néanmoins, cette évolution, fondée sur une division internationale du trail claire, est surtout préoccupante dans la mesure où le profil des spécialisations n'est pas é. Le problème s'analyse de façon dynamique et non pas statique comme si le choc était donné une fois pour toutes et qu'il suffise à présent de le digérer.


En effet, le processus date déjà des années 1970, mais le rattrae des nations du Sud s'accélère. Ainsi, le développement des flux d'investissements directs du Nord vers le Sud accroit la dotation en capital physique de ces pays. De même, les transferts de technologies liés aux échanges ou aux investissements directs accroissent la dotation des ces pays en capital humain ou trail qualifié. Les mécanismes endogènes d'accumulation en facteurs de production jouent également. Par conséquent, les productions effectuées dans le Sud et plus précisément dans les zones émergentes (situées essentiellement en Asie du Sud-Est et en Amérique latine) concurrencent des secteurs du Nord à contenu en capital physique comme humain de plus en plus élevé. Cette dynamique des spécialisations internationales, ce rattrae du Sud sur le Nord induisent donc une pression constante sur l'emploi et les salaires dans les secteurs industriels des pays développés. Mais cette pression est d'autant plus forte que le secteur est intensif en trail non qualifié même si elle s'étend progressivement à l'ensemble des secteurs. Ce sont donc les trailleurs non qualifiés qui continuent en priorité à patir de l'ouverture aux échanges.
Dans le cadre du modèle HOS il est ainsi possible d'expliquer l'occurrence d'inégalités salariales dans les pays du Nord du fait de la dynamique des spécialisations. Néanmoins, dans cette formalisation, le plein emploi est toujours supposé. Les trailleurs non qualifiés trouvent en permanence à s'embaucher dans la mesure où leur salaire baisse. Toutefois, s'il existe des rigidités à la baisse sur les salaires (salaire minimum par exemple), l'effet immédiat serait un ajustement par les quantités et donc l'apparition de chômage pour les trailleurs non qualifiés. Les inégalités entre qualifiés et non-qualifiés ne s'exprimeraient plus alors via les salaires mais via l'emploi. Pour certains, c'est ce qui différencie les Etats-Unis de l'Europe face au même problème [Krugman. 1995]. Le mécanisme théorique en amont reste cependant identique. Quel est alors son pouvoir explicatif dans la montée des inégalités aux États-Unis comme en Europe ?


2. De la théorie aux faits


La théorie néoclassique du commerce international postule une relation directe entre l'évolution des prix relatifs des biens et la rémunération des facteurs de production. Elle postule également une hausse de la part du trail non qualifié dans l'ensemble des secteurs de l'économie. Peut-on effectivement constater de telles évolutions ? Quels sont les problèmes de statistiques qui se posent alors ?


La polémique sur les séries statistiques

Cette polémique est double. Elle porte à la fois sur l'évolution des salaires relatifs et sur l'évolution des prix des biens intenses en trail non qualifié. Dans les deux cas. la ligne de séparation entre trailleurs qualifiés et non qualifiés pose problème.
Un raisonnement naturel pour distinguer les deux catégories de trailleurs consiste à repérer le niveau d'éducation de l'ensemble des trailleurs et. éventuellement, leur niveau d'expérience. Mais, d'une part, ce trail de recherche d'informations est exigeant et difficile ; d'autre part, à partir de quel niveau d'éducation devient-on qualifié ?
Pour éviter ces difficultés, on utilise souvent une riable discriminante autre que le binôme éducation/expérience. En France, les statistiques de l'INSEE sur les catégories socioprofessionnelles permettent de regrouper assez fidèlement les deux catégories de trailleurs. En renche, les auteurs américains se fondent sur la dichotomie production workers versus non production workers. La première catégorie est censée représenter les cols bleus, c'est-à-dire les trailleurs non qualifiés, intervenant directement dans le processus de production. La seconde catégorie doit identifier les cols blancs et donc les qualifiés.
Mais cette dichotomie pose problème. On remarque par exemple la présence de vendeurs, serveurs, pasteurs, maçons, etc. dans la catégorie non production workers, c'est-à-dire que ces trailleurs sont considérés comme des trailleurs qualifiés. Les études basées sur cette distinction contiendraient un biais systématique et pourraient donc aboutir à des résultats erronés. Au mieux, cette séparation apparait comme une approximation de la distinction qualifiés/non-qualifiés. Or, c'est sur la base de cette dichotomie que l'on étudie l'évolution des salaires relatifs et l'intensité factorielle des secteurs.
Néanmoins, la polémique est surtout importante concernant les séries de prix. Lorsqu'on range les secteurs en fonction de leur intensité en trail non qualifié et que l'on étudie les riations de prix depuis le renforcement de l'ouverture commerciale, des résultats divergents apparaissent pour les Etats-Unis [Lawrence et Slaughter, 1993] comme pour l'Europe [Wood, 1998 ; Bazen et Cardebat, 2001].
Pourtant, avec la mondialisation et l'insertion des pays à bas salaires dans les échanges mondiaux, les prix relatifs des biens intensifs en trail non qualifié sont censés diminuer. S'ils ont augmenté, en aucun cas la mondialisation ne peut être responsable de la montée des inégalités par le biais de la spécialisation intersectorielle. Elle aurait dû au contraire resserrer l'échelle des salaires en pénalisant les trailleurs qualifiés.
Toutefois, les études sur l'ensemble des pays de l'OCDE alisent globalement l'hypothèse d'une baisse des prix relatifs des biens intensifs en trail non qualifié entre la fin des années 1970 et le début des années 1990 [OCDE, 1997 ; Freeman et Revenga, 1999].
Plusieurs raisons justifient l'incertitude des évolutions de prix. D'abord, ils sont soumis à de très nombreuses influences, indépendantes du commerce international, qui peuvent brouiller les analyses. Ensuite, un problème d'agrégation peut être à la base des difficultés d'identification d'une tendance claire dans les séries de prix. Le raisonnement sous-jacent est que les importations en provenance des pays à bas salaires concernent un nombre assez important de secteurs, mais seulement les biens les plus bas de gamme de ces secteurs. Un même secteur regroupe des produits hétérogènes en termes de qualité. Les évolutions de prix à l'intérieur même du secteur pourront alors être très contrastées mais se compenser au niveau agrégé.


S'il apparait problématique d'identifier des évolutions claires de prix relatifs, on peut douter a priori de la capacité du théorème de Stolper-Samuelson à justifier la montée des inégalités salariales au Nord.

Le pouvoir explicatif du théorème de Stolper-Samuelson
Les traux économétriques testant explicitement le théorème de Stolper-Samuelson exploitent la structure d'équilibre général de ce théorème. Ainsi, en partant de la condition de profit nul nécessaire dans le cadre néoclassique de concurrence pure et parfaite, les tests relient le prix des biens des différents secteurs aux rémunérations des facteurs de production présents dans l'économie.
À partir des riations des intensités factorielles et des prix des biens, on peut estimer les riations de rémunérations des facteurs de production compatibles avec la condition de profit nul. Notons que l'on peut également prendre en compte dans l'équation l'évolution de la productivité totale des facteurs qui justifie aussi des riations de prix. La aison entre ces estimations et la vérile évolution des rémunérations de chacun des facteurs de production permet de conclure quant à la leur prédictive du théorème de Stolper-Samuelson.
De tels tests ont surtout été pratiqués pour les Etats-Unis dans la mesure où les salaires y sont réputés bien plus flexibles qu'en Europe, notamment, et donc peuvent s'adapter aux riations de prix. Les résultats convergent cependant vers un rejet global de la pertinence du théorème. Son pouvoir explicatif est principalement pris en défaut lors de la décennie 1980. Quels que soient les tests effectués (prenant en compte ou non la productivité globale des facteurs de production), les définitions retenues pour distinguer les trailleurs qualifiés des non-qualifiés ou le niveau de désagrégation sectorielle, les rémunérations estimées indiquent une diminution des inégalités salariales [Baldwin et Cain, 1997 ; Leamer, 1996]. Or, cette décennie est marquée aux États-Unis non par cette diminution prédite par la théorie, mais par une hausse très sensible des inégalités, une nette dégradation de la situation relative des trailleurs non qualifiés. Dès lors, le théorème de Stolper-Samuelson ne peut justifier l'évolution des salaires relatifs américains sur cette période.
En renche, les salaires estimés sont conformes aux salaires observés aux États-Unis durant les années 1970 [Leamer, 1996]. On peut dire abruptement que le pouvoir explicatif du théorème de Stolper-Samuelson cesse au tournant des décennies 1970 et 1980.
La seule étude européenne existant à ce jour concerne l'Allemagne sur la période 1970-l992 [Lucke, 1996]. Là encore l'évolution constatée des salaires relatifs ne correspond absolument pas aux salaires estimés en appliquant la théorie.
La non-vérification empirique directe du théorème de Stolper-Samuelson remet-elle en cause la pertinence du modèle HOS et le rôle de la spécialisation intersectorielle dans la montée des inégalités au Nord ? Compte tenu des problèmes statistiques déjà signalés, cela n'est pas évident. D'autres angles d'attaque doivent alors être envisagés.

Des transferts d'emplois entre ou à l'intérieur des secteurs ?
Le jeu de la spécialisation induit une pénurie de trail qualifié et un excès de trail non qualifié. Le rééquilibrage du marché du trail se fait dans le cadre HOS par une baisse de la rémunération relative du trail non qualifié et donc un accroissement de la part des trailleurs non qualifiés dans l'ensemble des secteurs des économies du Nord.
Mais, au lieu d'augmenter, le ratio trailleurs non qualifiés/ trailleurs qualifiés a baissé depuis 1980 dans presque tous les pays industrialisés. Il baisse de 5 % à 15 % dans les principaux secteurs manufacturiers américains entre 1980 et 1990 [François et Nelson. 1998]. En France, la part de l'emploi non qualifié dans l'emploi total passe de 33 % en 1984 à 29 % en 2000 [Audric-Lerenard et Tanay, 2000]. Notons cependant que dans ces pays l'emploi non qualifié augmente depuis le milieu des années 1990 sous l'impulsion des créations d'emplois non qualifiés dans les services.
Malgré cette dernière nuance, cette tendance contredit les prédictions du modèle HOS. Néanmoins, avec l'apparition de chômage pour les trailleurs non qualifiés, il reste plausible. Une hausse de la part du trail qualifié dans l'économie peut se concevoir parallèlement au processus de spécialisation et à l'accroissement de l'importance relative des branches intenses en trail qualifié dans les économies du Nord. Dans un tel schéma, on doit alors assister à des transferts intersectoriels de main-d'œuvre qualifiée des secteurs en déclin vers les secteurs en expansion. Le trail non qualifié libéré par les secteurs en déclin ne trouve que partiellement à s'employer dans ceux en expansion, d'où l'apparition de chômage.
Le premier effet renvoie au commerce international et plus précisément aux mouvements de spécialisation qui impliquent des déplacements de main-d'œuvre entre les secteurs en déclin et ceux en expansion (effet between). Le second renvoie plutôt au progrès technique qui justifie des mouvements de main-d'œuvre intrasectoriels, dans la mesure où il favoriserait la demande de trail qualifié dans tous les secteurs (effet within) : c'est par exemple le cas avec la diffusion de l'informatique à l'ensemble des secteurs, qui réclame plus de compétence de la part des trailleurs.
Les résultats de ce type de traux montrent la prédominance de l'effet within (cf. leau 1). Les mouvements intrasectoriels de main-d'œuvre sont nettement à l'origine de l'accroissement de la part des trailleurs qualifiés dans la plupart des économies développées. Si la part du trail qualifié augmente dans les économies du Nord, c'est parce que dans chaque secteur la demande de trail est orientée vers ce facteur. Ces résultats vont à rencontre de ceux attendus selon le théorème de Stolper-Samuelson et renforcent l'hypothèse du progrès technique comme facteur explicatif des inégalités salariales, car le progrès technique agit de façon équilente dans tous les secteurs et réclame du trail qualifié.
Néanmoins, cette décomposition between/within est très largement critiquée. D"abord. parce qu'elle contredit l'évidente spécialisation des économies du Nord sur les industries intensives en trail qualifié. Ensuite, et surtout, pour des motifs statistiques. Même au niveau 4 de la classification industrielle standard (environ 450 industries), chaque secteur comprend un grand nombre de produits et de processus de production différents. Dès lors, la majorité des effets intersectoriels dus au commerce avec les pays à bas salaires sont compilisés comme des effets intrasectoriels. D'ailleurs, le leau 1 montre pour les Etats-Unis et le Royaume-Uni que, lorsque le niveau de désagrégation est plus faible (SIC niveau 4 et 3, respectivement, contre SIC niveau 2), l'effet within est plus important. Ce qui signifie que les mouvements de main-d'œuvre deviennent intersectoriels au fur et à mesure que l'on affine les nomenclatures sectorielles. Ce résultat est encore plus net dans le cas français où le passage du niveau NAP 100 au niveau NAP 40 accroit très sensiblement la part de l'effet within.
En outre, le commerce international n'est pas incompatible avec un fort effet within. En effet, les exportations permettent aux entreprises intensives en trail qualifié de se développer tandis que les importations réduisent l'activité des firmes employant relativement plus de trail non qualifié. Si ces effets se produisent au sein des mêmes secteurs, il est logique de constater un accroissement de la part des trailleurs qualifiés dans tous les secteurs.
Enfin, l'accroissement avéré de l'offre relative de trail qualifié au Nord justifie également que sa part augmente dans tous les secteurs. D'ailleurs, le fait que trois facteurs jouent de concert (progrès technique, commerce international et offre de trail) perturbe les vérifications empiriques de chacun d'entre eux.


Ainsi, la théorie néoclassique de la spécialisation est sans doute un outil d'analyse utile pour expliquer la liaison entre inégalités et mondialisation, mais des incertitudes pèsent néanmoins sur sa pertinence. C'est pourquoi nombre d'auteurs se sont tournés vers des approches complètement différentes, reposant sur des fondements relent bien plus du pragmatisme que de la théorie. Il s'agit des analyses dites du contenu factoriel des échanges.

3. Balance en emplois des échanges : une méthode controversée pour des résultats contrastés

Les calculs de balance emplois consistent à recenser les emplois contenus dans les exportations et les importations et à en faire la différence. L'idée, dans une optique assez mercanti-liste, est que les exportations permettent de gagner des emplois, tandis que les importations en font perdre. Le bilan en termes d'emplois de la spécialisation intersectorielle peut alors se mesurer ainsi : les emplois perdus d'un côté (secteurs concurrencés en déclin) sont-ils récupérés de l'autre (secteur en expansion, exportateurs) ?
Si le principe de base de la méthode est simple, de nombreuses riantes existent parallèlement à de nombreuses critiques. Les résultats sont alors bien souvent divergents et sujets à caution.

Principe de calcul : l'éventail du choix des hypothèses
Le calcul des emplois contenus dans la production d'un bien donné se fait en deux étapes suint la méthode de Leontieff. Pour les décrire, raisonnons sur un exemple.
Le secteur de la chaussure emploie environ 20 000 trailleurs (Ld) et réalise une production en leur de 1,5 milliard d'euros (Q). Le contenu en emplois directs de 1 000 € ut donc 0,013 (Ld/Q). C'est-à-dire qu'en une année il faut 0,013 trailleur pour produire I 000 € de chaussures. À ce nombre de trailleurs entrant directement dans la production de chaussures, il faut ajouter ceux qui ont fabriqué les matières intermédiaires utilisées dans la production de chaussures.
Si le secteur de la chaussure consomme 100 millions d'euros de cuir, il faut déterminer le nombre d'emplois contenus dans ces 100 millions d'euros de cuir. En effectuant ce trail pour toutes les consommations intermédiaires (caoutchouc des semelles, etc. ; notons que cette technique demande l'utilisation de leaux entrées-sorties décrint précisément les consommations intermédiaires dans chaque secteur), on connait alors le montant des emplois entrant indirectement dans la production de chaussures. La somme des emplois directs et indirects (Ld + L, = L) nécessaires à la fabrication des chaussures définit le contenu en emploi de ce secteur. Le rapport L/Q est un coefficient moyen indiquant le nombre total de trailleurs nécessaires à la fabrication d'un euro de chaussure.
Calculer le contenu en emploi de l'ensemble des exportations revient alors à suivre exactement cette démarche. En renche, pour les importations il conviendra plutôt de parler d'équilent-emploi. La logique du calcul consiste à se poser la question suinte : quel serait le montant d'emplois créés si l'on produisait sur le territoire national l'ensemble des biens importés ? La méthode de Leontieff consiste alors à considérer qu'un montant donné d'importations d'un bien donné remplace un montant identique de production nationale. Dès lors, l'équi-lent-emploi des substituts aux importations se déterminerait par rapport à la structure productive de l'économie nationale.
Ainsi, un euro d'importation a le même contenu en emploi qu'un euro d'exportation et qu'un euro de production nationale.
Cette hypothèse pose problème cependant. Certains auteurs se sont interrogés sur la pertinence de choisir des coefficients moyens (Li/Qi) basés sur la structure productive du pays et appliqués ensuite aussi bien aux exportations qu'aux importations.
D'une part, ce choix implique implicitement que les biens produits, exportés et importés sont parfaitement identiques : identité des structures productives et identité des productivités du trail entre le pays considéré et ses partenaires commerciaux. On considère donc que 1 € de chaussure chinoise contient le même nombre d'emplois que 1 € de chaussure française, par exemple. Or, cette hypothèse de substituabilité est peu réaliste. Ces biens sont différents, fabriqués avec des intensités capitalis-tiques différentes. C'est pourquoi certains auteurs appliquent des coefficients de contenu en emplois différents pour les exportations et les importations. Il s'agit alors de coefficients marginaux et non plus moyens. On estime que le contenu en emplois des importations en provenance des pays à bas salaires est supérieur à celui de la production nationale et donc des exportations. En théorie, il faudrait donc connaitre le contenu en emplois des productions étrangères, mais on peut penser que l'utilisation de coefficients moyens minimise forcément les destructions d'emplois dues aux échanges entre les pays industrialisés et les pays à bas salaires.
D'autre part, l'utilisation de coefficients moyens implique implicitement l'identité des productivités du trail entre les entreprises en déclin, frappées par la concurrence internationale, et les entreprises en expansion, exportatrices, d'un même secteur. En fait, dans un secteur donné, la libéralisation du commerce profiter aux firmes les plus productives tandis que les moins efficaces vont en patir. Les premières vont capter les nouvelles possibilités d'exportations, tandis que les dernières seront rapidement évincées. Or, les firmes les moins productives sont, par définition, celles qui utilisent le plus de facteur trail, notamment de trail non qualifié, et inversement pour les firmes les plus productives. Dès lors, un milliard d'euros d'importations détruira largement plus d'emplois que n'en créera un milliard d'euros d'exportations. Une expansion équilibrée des échanges ne sera alors plus neutre pour l'emploi. Pour tenir compte de cet élément, il convient là encore d'utiliser des coefficients marginaux différents pour les importations et les exportations.
Enfin, parmi les hypothèses de calcul retenues par les auteurs, il en est une autre qui peut grandement affecter les résultats : faut-il élir une substitution entre les biens importés et domestiques en leur ou en volume ? Lorsqu'on effectue une substitution en leur — 1 milliard d'euros d'importation se substitue à 1 milliard d'euros de production nationale —, on suppose implicitement que les prix unitaires des biens importés et domestiques sont identiques. Or, dans le cadre du commerce Nord-Sud, cette hypothèse n'est pas réaliste, les biens importés sont généralement moins chers. Par conséquent, un milliard d'euros d'importations se substitue à un volume de production nationale nettement supérieur à un milliard d'euros de production domestique.
Suint le choix des hypothèses, les résultats de ces études du contenu en emplois des échanges apparaissent par suite assez hétérogènes.







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