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ECONOMIE

L’économie, ou l’activité économique (du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : « administration d'un foyer », créé à partir de οἶκος / oîkos : « maison », dans le sens de patrimoine et νόμος / nómos : « loi, coutume ») est l'activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l'échange et la consommation de biens et de services. L'économie au sens moderne du terme commence à s'imposer à partir des mercantilistes et développe à partir d'Adam Smith un important corpus analytique qui est généralement scindé en deux grandes branches : la microéconomie ou étude des comportements individuels et la macroéconomie qui émerge dans l'entre-deux-guerres. De nos jours l'économie applique ce corpus à l'analyse et à la gestion de nombreuses organisations humaines (puissance publique, entreprises privées, coopératives etc.) et de certains domaines : international, finance, développement des pays, environnement, marché du travail, culture, agriculture, etc.


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Le catholicisme social

Le catholicisme social : la coexistence des idÉologies




Le catholicisme social inspire l'attitude doctrinale de nombreux économistes que ne satisfont ni le libéralisme ni le marxisme. L'expression mASme de catholicisme social mérite une explication préalable. Le protestantisme a été trop lié A  l'éclosion du capitalisme et A  la liberté de conscience individuelle pour qu'apparaisse un protestantisme social. D'autre part, ce catholicisme recherche la solution chrétienne des difficultés sociales, alors qu'il n'a que peu de liens ac la science économique. La plupart des grands économistes sont athées, sauf Malthus qui est hérétique. Rares sont les théologiens qui connaissent la théorie économique. Certains mandats épiscopaux témoignent mASme d'une curieuse ignorance des lois économiques élémentaires lorsqu'ils avancent que les heures supplémentaires créent du chômage ou que le chef d'entreprise ne doit pas rechercher le profit.


Å’uvre patristique jusqu'au milieu du xvin siècle, la doctrine sociale de l'Eglise découle depuis d'une série d'encycliques où la permanence de l'enseignement de l'Eglise s'affirme A  trars la dirsité de sa présentation. Le libéralisme et le socialisme y sont rejetés ac constance, sans qu'une doctrine intermédiaire cohérente réussisse A  se dégager.
Le Pape, en tant que docteur de l'Eglise, dispose de trois moyens d'expression dont les différences marquent une tendance A  la laïcisation. Les bulles et les brefs solennels et dogmatiques furent utilisés jusqu'A  la fin du xvnr siècle pour combattre les hérésies. Les encycliques, désignées par leurs deux premiers mots latins, sont des lettres circulaires unirselles qui font le tour du troupeau apostolique et d'une question, mais n'engagent pas l'infaillibilité pontificale. Enfin, les messages pontificaux, radiodiffusés, plus persuasifs, s'adressent A  tous et plus seulement aux croyants.
En un siècle, sept grandes encycliques ont exposé les positions essentielles du catholicisme social en matière économique ac fermeté dans les principes et souplesse dans les attitudes. Dans Rerum Novarum (1891), Léon XIII, prenant conscience des conséquences de l'industrialisation, traite de la condition ouvrière. 1891 correspond en effet A  la fin d'une baisse de longue durée des prix et A  une crise cyclique, notamment en Angleterre et en Allemagne. Le rejet du socialisme et du libéralisme, l'exigence d'un juste salaire, le recours au corporatisme, tels en sont les principales arAStes.
Quadragesimo Anno, publié en 1931 pour le quarantième annirsaire de Rerum Novorum par Pie XI, est l'encyclique de l'aménagement du régime capitaliste. Après avoir rappelé que l'interntion sociale de l'Etat et la formation de syndicats était en bonne part la conséquence heureuse de Rerum Novarum, après avoir réaffirmé le double rejet du libéralisme et du socialisme et la défense du corporatisme. Pie XI précise la notion du juste salaire et l'insère dans une vision structurelle du capitalisme étendu A  des sociétés auparavant agricoles et transformé par la concentration des entreprises et du pouvoir.
Mater et Magistra (1961) de Jean XXIII, un Pape agé, mais d'esprit œcuménique et très positif, est autant l'encyclique de la condition paysanne que Rerum Novarum avait été celle de la condition ouvrière. L'agriculture, secteur sous-déloppé de l'économie, doit bénéficier, par le régime fiscal, le système des prix et l'adaptation structurelle des exploitations, d'une politique plus juste. Au communisme, une seule phrase péremptoire est consacrée - entre le communisme et le christianisme, le Pape rappelle que l'opposition est radicale -, mais le libéralisme, condamné par Rerum Novarum et par Quadragesimo Anno, comme n'élissant pas le juste salaire, et le corporatisme, formule discréditée, constituent deux omissions significatis. Pour restructurer la société par des corps intermédiaires, Jean XXIII compte désormais sur le syndicalisme. Pourtant il rejette le socialisme mASme modéré, invoquant son matérialisme, son manque de liberté et son absence d'autorité. De plus l'enclyclique fait place A  des notions noulles comme la socialisation, définie comme - une multiplication progressi des relations dans la vie commune -, A  condition qu'elle soit animée par la recherche du bien commun et la participation A  la propriété et aux responsabilités, aussi bien dans l'entreprise, qu'A  tous les échelons régionaux, nationaux et mASme internationaux. Mais elle réaffirme le droit de propriété mASme sur les biens de production. Enfin, elle insiste sur le déloppement économique comme devoir, comme promotion de l'homme et comme prise de conscience des solidarités internationales, abordant un thème que Popularum Progressa reprend A  l'envi.
Cette encyclique Mater et Magistra reA§ut un accueil dirs. Certains y virent un document révolutionnaire pour l'attitude adoptée par le Pape sur la socialisation, la participation A  la propriété de l'entreprise et la condamnation de tout néo-colonialisme. Che Guevara en aurait mASme conseillé la lecture. D'autres au contraire la trouvèrent conservatrice en ce qu'elle défend le droit de propriété, refuse la contrainte, fût-ce pour hater le déloppement économique, et fait l'apologie de l'agriculture et de l'exploitation familiale.
Popularum Progressio (1967), au titre évocateur mASme pour de mauvais latinistes, la plus célèbre des encycliques de Paul VI est consacrée au déloppement solidaire des nations dans le cadre international. Une fois encore, l'Eglise marque sa prédilection pour une voie moyenne qui n'est ni le socialisme ificateur, ni le capitalisme libéral qui, seule innovation, est aussi dénoncé pour son fonctionnement injuste sur les marchés internationaux.
Paul VI est allé en Terre Sainte et en Inde. Le contact des populations misérables et affamées l'a incité A  effectuer des démarches plus engagées dans le temporel comme l'appel A  l'ONU, la participation A  la camne contre la faim de la FAO, la dotation A  la Banque interaméricaine de déloppement. De plus aucune encyclique n'avait été aussi émaillée d'allusions A  la technique économique. On y lit que le déloppement n'est pas la croissance et que celle-ci doit AStre harmonisée, passage clair pour le grand public, qui évoque cependant la solution technique d'un problème précis au point qu'on a pu dire qu'une telle encyclique aurait bien pu émaner des fonctionnaires des Nations-unies, car le Pape y dénonce les mécanismes de l'économie internationale et y prend parti sur les remèdes A  cette injustice, tels que les accords sur les matières premières, et les tentatis d'intégration régionale, etc. Ainsi la charité évangélique gagne une noulle dimension, celle des nations nanties enrs les nations prolétaires, réplique de l'impérialisme marxiste qui avait élargi la paupérisation A  l'échelle des nations.


Jean-Paul II, ancien unirsitaire de Lublin, qui possède une expérience de l'Est marxiste, de l'Ouest capitaliste et du Sud sous-dé-loppé, s'est exprimé sur l'économie dans trois encycliques : Laborens exercens 1981 - Sollicitudo reisocialis 1987 et Centesimus annus 1991. Il y présente quelques concepts originaux.
Dans Laborem exerces, on peut noter deux distinctions intéressantes :
entre travail objectif et travail subjectif : le travail objectif - suppose une domination spécifique de l'homme sur la terre - dans l'agriculture, l'industrie et les services, allusion aux trois secteurs de Colin Clark. Le travail subjectif tient A  ce que - le travail humain a une valeur éthique qui reste directement liée au fait que celui qui l'exécute est une personne -. Il fonde la valeur, non celle des choses, mais celle de l'homme lui-mASme, ce qui justifie par exemple le travail des handicapés ;
entre employeur direct et employeur indirect : tandis que l'employeur direct est celui qu'on qualifie habituellement de patron, l'employeur indirect, concept plus flou, correspond aux - nombreux facteurs différenciés qui exercent une influence déterminée sur la manière dont se forme le coût du travail et par voie de conséquence les rapports plus ou moins justes dans le domaine du travail humain -. Le juste salaire ne dépend donc pas seulement de l'employeur direct, mais aussi de l'Etat et du Code du travail.
Les innovations conceptuelles de Sollicitudo rei socialis sont plus discules. » Le surdéloppement
Jean-Paul II le définit comme - la disponibilité excessi de toutes sortes de biens matériels pour certaines couches de la société -. Il se manifeste par la civilisation de consommation qui comporte tant - de déchets et de rebut -. C'est une exaspération de l'avoir par opposition A  la qualité de l'AStre. Mais le parallèle ac le sous-déloppement évoqué par - les ténèbres et les carences - du sous-déloppement est un peu artificiel.


» Les structures de péché

DéjA  dans Reconciliatio et Paenitentia, Jean-Paul II avait introduit la notion de péchés sociaux définis comme - certaines situations ou certains comportements collectifs de groupes sociaux plus ou moins étendus ou mASme l'attitude de nations entières et de blocs de nations -. Ou encore - le fruit, l'accumulation et la concentration de nombreux péchés personnels -. Mais c'est un concept discule, car la société ne peut pas AStre coupable enrs Dieu. La mASme intuition s'exprime par la notion de structure de péché définie dans Sollicitudo Rei Socialis comme - des conditionnements et des obstacles qui sont bien au-delA  des actions d'un individu et de la brè période de sa vie -. Jean-Paul 11 en précise le lien ac le péché individuel. Ces structures de péché - ont pour origine le péché personnel et par conséquent sont toujours reliées A  des actes concrets des personnes qui le font naitre, les consolident et les rendent difficiles A  abolir -. Concrètement la recherche exclusi du profit et du pouvoir, - l'absolutisation des attitudes humaines ac toutes les conséquences qui en découlent créent des structures de péché -. - Le sous-déloppement, comme le surdéloppement sont des structures de péché qu'il faut dépasser par plus de solidarité.
La condamnation de l'économisme, répétée dans les deux premières encycliques, semble abandonnée dans la troisième, de mASme que le rejet du capitalisme, la méconnaissance de l'efficacité du mécanisme du marché, une analyse inconsistante du chômage et la condamnation de la concurrence internationale au nom de la solidarité. Certes l'éthique doit tempérer le fonctionnement du marché et du capitalisme. Pourtant le marché est pour la première fois reconnu par Centesimus annus comme : - l'instrument le plus approprié pour répartir les ressources et répondre efficacement aux besoins -. Mais son rôle doit AStre limité : il doit AStre - contrôlé par les forces sociales et par l'Etat - et trou une limite dans - les besoins collectifs et qualificatifs qui ne peunt AStre satisfaits par ses mécanismes -. Est donc rejeté le socialisme - qui a tristement fait la preu que le collectivisme non seulement ne supprime pas l'aliénation mais l'augmente -. Jean-Paul II accepte donc le capitalisme, mais pas n'importe lequel : oui A  l'économie d'entreprise, ou économie de marché, ou simplement économie libre. Non au capitalisme sauvage où la liberté n'est pas encadrée par un contexte juridique ferme, distinction qui évoque celle de Michel Albert dans Capitalisme conire-Capitalisme. Oui au capitalisme A  l'allemande, non au capitalisme A  l'américaine.
Dans l'encyclique Centesimus annus, publiée en mai 1991 pour célébrer le centenaire de la doctrine sociale de l'église, et plus précisément dans le chapitre 4 consacré A  l'économie, on trou A  côté de la conception humaniste et équilibrée de l'économie qui est dans la ligne traditionnelle, quelques apports originaux :


' une conception éthique des décisions, A  première vue purement économiques que sont la consommation et l'instissement. Jean-Paul II en appelle A  l'éducation du consommateur et A  la responsabilité de l'instisseur : - le choix d'instir en un lieu plutôt que dans un autre, dans un secteur de production plutôt que dans un autre, est toujours un choix moral et culturel - ;
' une conception évoluti des facteurs de production des phy-siocrates A  nos jours. Le facteur de production dominant a d'abord été la terre, dont le travail humain n'était qu'un simple accomnement, puis le capital technique et aujourd'hui le travail qualifié. Si autrefois le facteur décisif de la production était la terre et si plus tard c'était le capital, compris comme l'ensemble des machines et des instruments de production, aujourd'hui le facteur décisif est de plus en plus l'homme lui-mASme, c'est-A -dire sa capacité de connaissance qui apparait dans le savoir scientifique, sa capacité d'organisation solidaire et sa capacité de saisir et de satisfaire les besoins des autres -. lien ressort que la propriété des moyens de production est légitime - si elle permet un travail utile - et que le manque de connaissances marginalise l'homme, comme la propriété des moyens de production pouvait AStre le moyen de son exploitation.
Sur un plus pratique, le Conseil permanent de l'épiscopat franA§ais a publié en septembre 1982 une déclaration intitulée - pour de nouaux modes de vie - qui analyse la crise actuelle, un mode désilisé par la compétition internationale, la révolution technologique, le dérèglement du système monétaire international et propose des mesures pour lutter contre le chômage. Certaines suggestions sont discules, ainsi les évASques appellent de leurs vœux le partage du travail oubliant que le chômage correspond A  une insuffisante demande de travail par rapport A  l'offre et que la théorie économique prou qu'il vaut mieux accroitre la demande que de diminuer l'offre. Mais que de suggestions excellentes : la possibilité d'emplois A  temps partiel, le réexamen du système de répartition des charges sociales, le bon emploi des subntions de l'Etat et des collectivités publiques !
Quelles que soient la sagesse et la générosité de ce christianisme social, ce n'est pas une idéologie économique. Comme religion trans-cendantale, le catholicisme pose le principe de l'indépendance du spirituel et du temporel, A  la différence du judaïsme et de l'Islam. - Rendez A  César ce qui est A  César -. Il ne peut y avoir ni opposition ni identité d'inspiration entre le catholicisme social et telle ou telle idéologie économique, le libéralisme ou le socialisme marxiste. Il ne peut y avoir que des points de rencontre. Mais ceux-ci déconcertent.
Comme le libéralisme, le catholicisme social défend le droit de propriété, la liberté individuelle et l'ordre, notamment dans Pacem in terris (1963). ordre naturel et juridique A  la nuance près qu'il est plus évolutif et moins purement rationnel pour l'Eglise que pour Kant ou Eucken. On conA§oit donc que Daniel Villey ait essayer de concilier le néo-libéralisme et le catholicisme (65), malgré les attaques répétées de la papauté, de Mirari vos A  Popularum Progressio contre le libéralisme pour son inspiration agnostique, l'immoralité du règne de l'argent et l'injustice des mécanismes de marché. A quoi réplique Daniel Villey : néo-libéralisme et catholicisme social ne peunt s'opposer puisqu'ils se situent sur deux s différents. De plus, le fonctionnement du marché postule aussi certaines rtus : - l'économie libre fait les hommes libres, et les hommes libres sont moralement supérieurs -. Si le catholicisme social reste opposé au néo-libéralisme sur le théorique, il le rejoint sount sur le pratique de la politique économique.
A l'inrse, comme le marxisme, le catholicisme social est anti-capitaliste. L'Eglise n'était pas liée A  la philosophie d'Aristote, A  l'agriculture et A  la société médiévale, mais elle avait réussi, grace A  saint Thomas d'Aquin, une symbiose étonnante dont elle a longtemps gardé la nostalgie. Comme le marxisme, le catholicisme social reconnait au travail une valeur humaine et sociale. Comme lui, il exalte la vie communautaire et, retrouvant le personnalisme d'Emmanuel Mounier, il est anti-individualiste sur le social, bien que le salut reste affaire individuelle.
C'est pourquoi le christianisme social, si difficile A  situer entre les deux idéologies économiques opposées, a cherché une troisième voie qu'il a cru trour dans le corporatisme et dans le moument coopératif, l'un et l'autre réconciliant la liberté et l'autorité dans des formes communautaires. Mais le corporatisme s'est discrédité en Italie et le moument coopératif périt de son succès, quand ce n'est pas du souci de concurrencer les entreprises capitalistes. Le catholicisme social a jusqu'A  présent échoué dans cette recherche d'une doctrine intermédiaire. Faut-il en déduire qu'elle n'existe pas ? Aux chrétiens faillibles de la chercher. La doctrine sociale de l'Eglise ne la leur offre pas toute constituée. Il est alors compréhensible que l'engagement des chrétiens les oriente soit rs l'intégrisme, un thomisme nostalgique, soit rs le progressisme, un marxisme chrétien, l'un et l'autre condamnés.





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