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ECONOMIE

L’économie, ou l’activité économique (du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : « administration d'un foyer », créé à partir de οἶκος / oîkos : « maison », dans le sens de patrimoine et νόμος / nómos : « loi, coutume ») est l'activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l'échange et la consommation de biens et de services. L'économie au sens moderne du terme commence à s'imposer à partir des mercantilistes et développe à partir d'Adam Smith un important corpus analytique qui est généralement scindé en deux grandes branches : la microéconomie ou étude des comportements individuels et la macroéconomie qui émerge dans l'entre-deux-guerres. De nos jours l'économie applique ce corpus à l'analyse et à la gestion de nombreuses organisations humaines (puissance publique, entreprises privées, coopératives etc.) et de certains domaines : international, finance, développement des pays, environnement, marché du travail, culture, agriculture, etc.


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Retour sur la vision néolibérale de la justice

Retour sur la vision néolibérale de la justice : la loi du gâteau : plus on le partage, plus il y en a



Les résultats analysés dans ce chapitre confortent et complètent notre première discussion sur la question de la justice [Loi nA° 7].


Rappelons qu'en cette matière le discours néolibéral ambiant repose sur deux fondements qu'il emploie alternativement ou de concert, bien qu'ils soient parfaitement contradictoires :
1) N'importe quelle distribution du bien-AStre entre les individus est compatible avec un système de marchés parfaitement concurrentiels (second théorème de l'économie du bien-AStre [Loi nA°4]); par conséquent, on doit développer un système de marchés libres sans se préoccuper des questions de justice qui sont réglées par des choix politiques indépendants des choix économiques.
2) Les inégalités économiques et sociales sont non seulement en partie naturelles et donc inélucles, mais aussi nécessaires pour soutenir l'incitation individuelle A  la productivité et maximiser ainsi la richesse collective-
A€ partir de lA , deux visions s'opposent. Les ultralibéraux adoptent le point de vue libertarien selon lequel la justice se résume A  la liberté individuelle de maximiser son bien-AStre en respectant les seuls droits de propriété légitimes des autres individus. Rien ne justifie une quelconque tentative de limiter les inégalités. Les libéraux modérés estiment qu'une société juste doit se préoccuper du sort des pauvres. Au mieux, ils partagent la position de John Rawls : les inégalités sont justifiées, A  condition que l'efficacité supérieure qu'elles engendrent permette d'améliorer le sort des plus défavorisés.
Il faut bien comprendre que les deux fondements rappelés ci-dessus sont mutuellement incompatibles. Le premier argument prétend que l'efficacité est en quelque sorte un préalable indépendant A  la justice. On peut maximiser le bien-AStre en laissant jouer la concurrence parfaite sur tous les marchés. Si la distribution de bien-AStre qui en résulte n'est pas conforme A  l'idée que la société se fait de la justice, on peut toujours redistribuer les revenus après coup pour atteindre la répartition idéale. Tout cela suppose donc clairement que la répartition est totalement neutre en termes d'efficacité, elle n'affecte en rien la productivité. Or, le second argument repose au contraire sur l'idée que la répartition détermine la productivité : les inégalités sont un stimulant nécessaire A  la maximisation de la richesse.
On peut donc fonder un discours sur l'un de ces deux arguments, mais pas sur les deux simultanément : ils sont logiquement contradictoires. Parfois, néanmoins, le discours politique néolibéral n'hésite pas A  les mASler dans une belle bouillie sophistique. On nous dit que le marché peut AStre le plus juste des systèmes, parce qu'il est plus efficace que tous les autres pour produire des richesses. C'est bien connu : on partage mieux l'abondance que la pénurie. Mais si vous soulignez alors qu'A  votre goût on ne partage pas assez la belle abondance de la société de marché, on vous met en garde contre les méfaits d'une réduction des inégalités qui découragerait les entrepreneurs A  qui l'on doit l'abondance. On voit le sophisme cruel : les inégalités sont l'ingrédient nécessaire A  la production des richesses qui permettraient de réduire les inégalités ! C'est vraiment pas de chance !
Mais, fort heureusement, tout ce que nous avons appris sur la relation A  long terme entre l'efficacité économique et la répartition contredit clairement les deux fondements du discours néolibéral. Nous avons montré en effet que l'efficacité économique n'est pas indépendante de la répartition mais en partie déterminée par elle (négation du premier argument libéral) et que les inégalités, loin d'AStre systématiquement nécessaires A  l'efficacité, peuvent la contrarier (négation du second argument).
On ne peut donc produire en toute indifférence aux problèmes de répartition et redistribuer ensuite. Pourquoi en effet une société qui, au nom de l'efficacité, lorise systématiquement la compétition et l'inégalité dans la phase de production des richesses trouverait-elle ensuite, comme par enchantement, légitime de redistribuer largement des richesses vers des personnes qui ne les ont pas engendrées ? Cette redistribution-lA , a posteriori, a toutes les chances d'exercer un effet dissuasif sur l'effort et l'investissement, parce que la plupart ne lui trouveront aucune légitimité. Ainsi, lA  où l'on constate qu'en effet la réduction des inégalités pénalise la croissance, cela nous montre seulement qu'il est insensé de vouloir rélir un peu de justice en redistribuant après coup des richesses créées dans une société foncièrement injuste en ce qu'elle n'offre pas au départ et A  chacun une égale capacité de contribuer A  la création de richesses.
On doit en conclure qu'il ut mieux changer la répartition primaire des revenus, au moment de leur formation dans le processus de production, et redistribuer des actifs (la terre et le capital humain, en particulier). Ce ne sont pas les résultats d'un système économique immuable qu'il convient de modifier, mais le système lui-mASme qu'il faut rendre plus équile.
L'autre enseignement majeur des études du développement est que le creusement des inégalités peut AStre économiquement moins efficace que la réduction des inégalités. Cela détruit le second fondement du discours libéral. Les critères de justice de Rawls sont censés AStre adoptés par des individus rationnels, notamment parce qu'ils admettent que l'inégalité améliore l'efficacité globale. Rawls imagine que la société se déplace le long d'une frontière des possibilités de satisfaction des plus pauvres, frontière dont la forme et le niveau sont déterminés par l'état des techniques mais indépendants du degré de justice du système. D suffit alors de choisir sur cette frontière le point où le niveau de bien-AStre des plus pauvres est le plus élevé. Mais cette démarche est disqualifiée si, comme semble le montrer la réalité, une plus grande justice peut déplacer vers le haut la frontière des possibilités, c'est-A -dire l'efficacité globale d'une société. Dès lors, en effet, le problème n'est plus de choisir le degré d'inégalité qui maximise le bien-AStre des plus pauvres, mais de trouver le chemin qui conduit A  toujours plus de justice dans les conditions initiales, en vue d'éradiquer la pauvreté et de rendre la société plus efficace. La justice devient alors A  la fois l'instrument et le signe de l'efficacité.
Tout cela conforte la conception de la justice d'Amartya Sen que nous avions soutenue dans notre loi nA°7. La justice ne consiste pas A  redistribuer des revenus durablement inégaux engendrés par une distribution inégale des actifs matériels et intellectuels. Elle consiste A  promouvoir l'égalité initiale des capacités de développement personnel, ce qui passe notamment par un effort particulier pour développer un égal accès A  l'éducation, aux soins, au logement, au trail. Cela implique aussi de limiter la possibilité de capitaliser indéfiniment les résultats acquis par ceux qui ont les capacités les plus grandes.





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